samedi 22 septembre 2018 05:19:31

Marché informel : Un problème épineux

Le secteur informel, constitue ces dernières années, l’une des préoccupations majeures des pouvoirs publics.

PUBLIE LE : 25-09-2017 | 0:00
D.R

Le secteur informel, constitue ces dernières années, l’une  des préoccupations majeures des pouvoirs publics. Son accroissement pose le problème de la capacité de l’Etat à disposer des recettes fiscales nécessaires pour répondre aux énormes défis de développement, surtout dans le contexte actuel, marqué par la crise financière. Malgré les différentes stratégies mises en place pour éradiquer définitivement ce phénonème, mais selon les chiffres annoncés par des hauts responsables sa taille demeure toujours conséquente. Aujourd’hui, il convient de dire, qu’il est temps de mettre en place d’autres nouvelles mesures qui s’attaqueront directement aux vraies causes plutôt  qu’aux conséquences de ce phénomène. Pour permettre de faire émerger des solutions opérationnelles pour le traitement de ce fléau, une étude a été lancée récemment par le ministère du commerce en partenariat avec le Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (CREAD) avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Globalement ce dit secteur regroupe différentes activités économiques en dehors du cadre légal et qui échappent en conséquence à l’administration fiscale. A ce propos, dans  une contribution  adressé à notre rédaction l’expert international, M. Abderrahmane Mebtoul a indiqué qu’on peut démontrer scientifiquement que l’extension de la  sphère informelle est le produit  des dysfonctionnements des appareils de l’Etat et de la bureaucratie centrale et locale. Elle contrôle 70% des segments de produits de première nécessité. Cette sphère utilise des billets de banques au lieu de la monnaie scripturale (chèques) ou électronique faute de confiance,  existant des situations soit de monopole ou d’oligopoles au niveau de cette sphère avec des liens entre certaines sphères et la logique rentière. L’expert n’a pas manqué d’insister sur la nécessité d’analyser le fondement de la sphère informelle en Algérie qui a un impact sur la régulation économique et sociale globale : «Il y a un lien inversement proportionnel entre l’avancée des réformes structurelles qui elles seules peuvent intégrer la sphère informelle et l’évolution du cours des hydrocarbures, réformes ralenties paradoxalement lorsque le cours est en hausse alors que cela devrait être le contraire si l’on veut préparer l’ère hors hydrocarbures», a-t-il précisé, avant d’ajouter ensuite que «la dominance de la sphère informelle  dont l’essence revoie au mode de gouvernance et à l’incohérence de la politique socio-économique explique que des mesures bureaucratiques ont eu d’effets pour son intégration».  Il y a lieu de noter le ministère du commerce avait confié en 2014/2015 selon l’APS au PNUD une étude sur la sphère informelle qui représenterait 45% de la superficie économique. Dans le même contexte, les conclusions de l’étude réalisée par l’Office national des statistiques (ONS) indiquent que l’économie informelle employait 1,6 million de personnes en 2001, contre 3,9 millions en 2012. Ces effectifs sont constitués de 45,6 % de la main-d’œuvre totale non agricole, dont 45,3 % dans le commerce et les services, 37 % dans la filière bâtiment et travaux publics et 17 % dans les activités manufacturières.
 Makhlouf Ait Ziane
 

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