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Amnesty International Algérie : «L’intervention en Libye est en violation flagrante avec le droit international»

Le Pr Bencheikh a estimé que les récentes réformes politiques annoncées par le Président de la République ne peuvent que constituer une «bonne chose» pour l’avancement et la promotion des libertés individuelles et fondamentales des Algériens.

PUBLIE LE : 24-04-2011 | 17:52
D.R

Le Pr Bencheikh a estimé que les récentes réformes politiques annoncées par le Président de la République ne peuvent que constituer une «bonne chose» pour l’avancement et la promotion des libertés individuelles et fondamentales des Algériens.

«Conformément à la Charte des Nations unies, aucun Etat n’a le droit d’intervenir militairement contre un autre Etat, si ce n’est pas de la légitime défense», c’est en ces termes que l’ancien président de la section Amnesty international - Algérie a qualifié l’intervention des forces de la coalition en Libye.
En effet, de par sa fonction de  professeur en droit international, Madjid Bencheikh, qui se trouve être également le premier président de l’Organisation non gouvernementale (ONG), a estimé que la résolution adoptée le 18 mars dernier par le Conseil de sécurité des Nations unies, autorisant une intervention militaire étrangère en Libye, est une violation flagrante du droit international.
M. Bencheikh qui a animé une conférence de presse sur le thème de «la souveraineté des Etats et l'universalité des droits de l'homme», en présence des membres du bureau de la section algérienne de l’organisation, dont l’actuel président Habib Kheddache, a fait un long rappel des textes et lois régissant les droit de l’homme, dans le monde. Des droits consacrés sous l’égide des Nations unies dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, et qui pourtant, sont régis aujourd’hui, par la politique du «deux poids, deux mesures».  «On s’offusque aujourd’hui de ce qui se passe en Libye, comme violation des droits de l’homme alors que ces mêmes Etats omettent délibérément ce qui se passe en Palestine, quand c’est Israël qui attaque et tue des civils», a-t-il dit.
 Aussi, pour le juriste, tout recours à une intervention terrestre serait contraire au droit international. «Il n'y a aucune règle de droit international qui permette à un Etat, même en cas de violation des droits de l'homme, d'intervenir sur la base de sa propre décision ou au nom du droit à l'ingérence».          
Selon lui, le seul cadre qui peut autoriser une intervention étrangère dans un  quelconque pays, ce sont les résolutions du Conseil de sécurité, conformément à la Charte des Nations unies.   Evoquant la question des réformes politiques initiées récemment par le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, le conférencier a estimé que celles-ci ne peuvent que constituer une «bonne chose» pour l’avancement et la promotion des libertés individuelles et fondamentales des Algériens, souhaitant par là que ces réformes puissent déboucher  sur  une «réelle séparation des pouvoirs» et où la justice jouirait d'une  «véritable indépendance».          
 Il a également appelé à lever tous les obstacles pour permettre l'organisation  d'élections libres et transparentes, à même de consacrer une vie politique plurielle et plus épanouissantes pour l’émergence du véritable société civile capable de prendre son destin en main. «A mon avis, cela doit inévitablement conduire à l'assainissement de la vie politique dans le pays et permettre une meilleure ouverture du gouvernement sur la société, sans laquelle rien ne pourra se décider», expliquera-t-il.          
 Evoquant la question de la  révision de la Constitution, le Pr Bencheikh suggère plutôt une réforme de «toutes les méthodes de gouvernance», estimant que le «véritable changement doit émaner de toutes les forces de la société».         
 Allant plus loin, le défenseur des droits de l’homme a estimé que la souveraineté des Etats «doit être exercée pour la protection des droits des populations», précisant que les peuples «doivent  jouir de tous leurs droits reconnus par la charte des droits de l'homme et exercer  toutes leurs libertés individuelles et collectives».
Amel Zemouri


Qui est Amnesty International ?

Enregistrée comme Onternationale à caractère non gouvernemental (ONG), Amnesty International entretient des sections dans plus de 50 pays et se voit reconnaître le caractère d'organisme à voix consultative auprès de l'ONU — auprès, notamment, de son Conseil économique et social —, de l'UNESCO, du Conseil de l'Europe et de l'Organisation des États américains. Elle défend les droits de l'homme, sous l'appellation de droits humains, et le respect de la Déclaration universelle des droits de l'homme.
 Cette organisation milite notamment pour la libération des prisonniers d'opinion, l'abolition de la peine de mort et de la torture et l'arrêt des crimes politiques.
Elle jouit également d'un statut d'observateur auprès de l'Union africaine. Amnesty International tire la presque totalité des fonds dont elle dispose des collectes réalisées par ses membres. Elle regroupe plus de trois millions d'adhérents et de donateurs dans plus de 150 pays et territoires.
L’organisation entreprend chaque année de nombreuses missions, ses envoyés sont présents comme observateurs lors de procès dont l'issue est présumée critique.
Ils établissent des rapports sur ces procès et recueillent sur place des informations concernant les personnes emprisonnées pour leurs opinions. De telles missions sont habituellement composées de juristes faisant figure d'experts distingués, de diplomates ayant quitté leurs fonctions ou de spécialistes reconnus.Amnesty International publie chaque année, un rapport rendant compte de la situation des droits de l'homme et de leurs violations dans l'ensemble des pays du monde.
 A. Z.
 

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