mardi 19 septembre 2017 14:19:15

Film documentaire sur le rôle du CICR entre 1955 et 1962 : L’humanitaire au cœur de la lutte de libération

À l’occasion du 40e anniversaire des protocoles additionnels I et II des conventions de Genève et du 57e anniversaire de l’adhésion de l’Algérie aux dites conventions, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Algérie a organisé, mardi soir, à la salle Ibn Khaldoun à Alger, la projection en avant-première du documentaire «L’humanitaire au cœur de la guerre d’Algérie ».

PUBLIE LE : 14-09-2017 | 0:00
D.R

À l’occasion du 40e anniversaire des protocoles additionnels I et II des conventions de Genève et du 57e anniversaire de l’adhésion de l’Algérie aux dites conventions, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Algérie a organisé, mardi soir, à la salle Ibn Khaldoun à Alger, la projection en avant-première du documentaire «L’humanitaire au cœur de la guerre d’Algérie ».

Un rappel du travail humanitaire effectué entre 1955 et 1962, ainsi qu’ un hommage à ceux qui ont mené une action humanitaire pendant ces années de conflit. En présence de plusieurs ambassadeurs de pays européens en Algérie  et un nombreux public, le film réalisé par Said Oulmi met en avant le travail humanitaire effectué par les membres du CICR à travers plusieurs missions afin d’assurer le respect du droit de l’homme, droits des civils et de la dignité des prisonniers de guerre. « Ce film, qui a nécessité un travail de plus de trois années rend  hommage aux acteurs humanitaires de cette époque qui ont œuvré pour atténuer les souffrances des victimes», explique Catherine Gendre, chef de la délégation du CICR en Algérie et qui a tenue à rendre un vibrant hommage à deux témoins du film, décédés peu après le tournage. Il s’agit de Reda Malek, politicien et diplomate ayant négocié une solution diplomatique lors des accords d’Evian, ainsi que Pierre Gaillard, délégué du CICR à l’époque et qui a effectué plusieurs missions en Algérie en laissant une phrase culte : «  J’ai vu le peuple algérien souffrir, mais avec dignité ». Ce documentaire a été réalisé sur la base des archives du CICR, rendus publiques après 50 ans de conservation. Une collecte également des témoignages de délégués et membres du CICR, mais aussi de certains hommes politiques et historiens qui ont apporté certains éclairages sur des questions juridiques à l’exemple de Mohamed Bedjaoui et de François Bugnion. Le film relate les circonstances et le but des missions effectuées par le CICR, entre janvier 1955 et 1962 en Algérie. En effet, les émissaires du CICR ont visité 586 lieux d’internements et ont rencontrés les détenus, cependant sans témoin. Ils ont tenu à appliquer les engagements de respect de la dignité humaine avec l’état-major de l’ALN et le GPRA ainsi qu’avec les forces de l’occupation française. Ces derniers ont même rendu visite aux Algériens détenus en France et les témoignages du film affirment qu’après les doléances des prisonniers aux délégués du CICR, les conditions d’internement se sont améliorées en ayant droit au courrier, aux journaux et des visites. Le CICR s’est engagé aussi à rendre visite aux prisonniers de l’armée française capturés par les soldats de l’ALN. Deux précieux témoignages confirment le respect des droits de l’homme lorsque les troupes de l’ALN ont capturé quatre soldats français à sakiat Sidi Youcef en 1958. Un militaire français témoigne du respect à la dignité humaine ainsi que le témoignage de Abdelkrim Hamrouchi,  officier de l’ALN ayant reçu la délégation du CICR. Le film montre également l’assistance des populations déplacées en Algérie et réfugiées au Maroc et en Tunisie. Disqualification de la France en 1960 et coup de tonnerre sur le plan international, le gouvernement provisoire de la République Algérienne (GPRA) adhère aux conventions de Genève en 1960, ce qui demeure une première dans l'histoire. Said Oulmi a réalisé plusieurs films sur l'histoire de l'Algérie à l'exemple de "Les témoins de la mémoire", une série dédiée aux Algériens déportés en Nouvelle Calédonie, ou encore
«Au temps des camps».
Kader Bentounès

 

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