mardi 19 septembre 2017 14:26:30

Abdelhalim Kebièche à la galerie Racim jusqu’au 30 septembre : Couleurs tourmentées et beauté inquiétante

C'est à un événement majeur que nous convie, ce mois-ci, l'établissement Arts et Culture d'Alger, à travers une fort belle exposition des œuvres de l'artiste plasticien, Abdelhalim Kebièche, intitulée, à juste titre, «Les couleurs tourmentées».

PUBLIE LE : 13-09-2017 | 0:00
D.R

C'est à un événement majeur que nous convie, ce mois-ci, l'établissement Arts et Culture d'Alger, à travers une fort belle exposition
 des œuvres de l'artiste plasticien, Abdelhalim Kebièche, intitulée, à juste titre, «Les couleurs tourmentées».

Abdelhalim Kebièche a ainsi planché —un mot convient ici parfaitement— sur la thématique de la couleur irradiante, de la touche fine et foisonnante, de la ligne impulsée, de la trace imprégnée. Tableaux aux multiples desseins  puisque cette exposition se veut illustrative à la fois de l'ensemble des œuvres exposées et du cursus historique de l'artiste. Les démarches ainsi s'épaulent d'un volet de l'exposition à l'autre et donnent de nouveaux éclairages à la réflexion, même si les tous derniers travaux du plasticien ont été appréhendés dans le contexte d'une nouvelle part d'inspiration, gage de cette pensée en perpétuelle évolution, qui à chaque étape est remise en cause et qu’Abdelhakim Kebièche semble tenir pour principale ligne de conduite. Part de l'inspiration et donc question de regard, question au regardeur de l'art, de l'œuvre d'art. Or cette part précieuse de l'inspiration qui rassure tant les esprits modernistes semble faire pièce à «l'obscurantisme de la mode et du subjectivisme moralisateur». Avec une grande détermination —et une position radicale—, l'artiste semble ainsi avoir voulu rendre en quelque sorte la part à l'inspiration et revenir sur un discours exclusivement axé sur l'œuvre. Ici, on l'aura compris, si la position du jeune plasticien semble à l'origine radicale, elle l'est forcément moins dans la réalité. Chaque «dossier», tel celui des fleurs ou des vieux personnages, pour ne citer que ceux-là, donne lieu, en effet, à des contributions inattendues, imprévues, voire imprévisibles ; soit des pistes de recherches successives —ils se complètent d'ailleurs les uns les autres. Ainsi, la toute dernière «livraison» de Abdelhalim Kebièche concerne en premier lieu les couleurs ou plutôt «l'émancipation des couleurs» qui, à première vue, semble plus proche du «concept» que du faire qui semble, en effet, car le fil conducteur du «dossier» —ou de l'exposition qui en est le contrepoint ou le parallèle— sera plutôt de définir les statuts de la trace, du tracé, voire même du champ que d'aborder l'œuvre de façon... linéaire. Pas d'ébauche ou d'esquisse préparatoire, seulement, en guise de préambule, le souci de baliser les notions de signe et de marque, de peinture et de graphisme. Les approches des «dossiers» jouent les touches successives ou juxtaposées, cernant le sujet non de façon concentrique mais par apports multiples.

Vers de nouvelles normes de la tridimensionnalité plastique

Ainsi, notre regard à propos du schèma et du rythme dans l'œuvre de Abdelhalim Kebièche nous amène enfin à écrire, dans la foulée de ce qui a déjà été dit, que les traits tracés par l'artiste, fort manifestes, ne sont, en effet, pas disposés comme une esquisse préalable, comme un cadre destiné à être rempli par les couleurs ; ils constituent plutôt, par leur organisation, une sorte d'arborescence dynamique, de matrice, d'où jaillissent non plus des formes toutes faites, mais des formations disposées en écho, par leur superpositions, et leurs décalages, selon des lignes de force qui le plus souvent se recroisent. Le tout non sans préciser que tout cela n'apparait cependant que dans la stricte mesure où les couleurs, très chatoyantes pour ne pas dire très vives, paraissent le plus souvent en désaccord manifeste avec le sur quoi l'acte de voir avec retrait pourrait encore se refermer sur une réalité. En définitive, les œuvres exposées se définissent peut-être plus en termes de remontée du support. La couleur
telle que sollicitée par l'artiste couvre et recouvre ; quant à l'esquisse initiale, elle «découvre» pour sa part, même si elle n'est que trait ou tracé hâtif. Les limites souvent confondues entre les deux paramètres, quelquefois jusqu'à se fondre l'une dans l'autre. Tout se jouera entre le plan et le profond, le pictural et l'esquissé se définissant l'un par rapport à l'autre. Mais il n'y a pas que la remontée du support, au propre comme au figuré.
De fait, l'émergence plutôt discrète de l'art conceptuel ou de nouvelles normes de la tridimensionnalité plastique dans notre pays a accentué l'importance de l'esquisse, non préparatoire mais corollaire. Mais ceci n'explique pas tout. Sans prétendre à l'analyse historique ou conceptuelle, la part de l'inspiration d’Abdelhakim Kebièche contribue en tout cas à tracer les premières pistes de cette tridimensionnalité plastique.
Kamel Bouslama       

 

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