mardi 26 septembre 2017 17:24:07

Ain-Temouchent, Beni-Saf : entre passé et présent

Beni-Saf est une daïra au passé tumultueux , tout comme elle recèle de richesses qui auraient pu faire d’elle l’une des régions les plus prospères du pays.

PUBLIE LE : 09-09-2017 | 0:00
D.R

Beni-Saf est une daïra au passé tumultueux ,  tout comme elle recèle de richesses qui auraient pu faire d’elle l’une des régions les plus prospères du pays.

Ses gisements de minerai furent découverts en 1850 par des pêcheurs européens venus profiter des eaux poissonneuses de la région. Ils arrachaient le minerai au pic de la falaise, le transportaient vers une  plage, dite plage des mouches, à l’aide  de barcasses (petits bâteaux) qui l’acheminaient vers des voiliers transporteurs en haute mer.
Vers 1855, une compagnie anglaise s’intéressa au minerai, obtint une concession auprès du colonisateur, racheta les mines déjà existantes, établit une voie ferrée et utilisa  la baie de Camerata , l’actuel  Sidi Djelloul pour  l’embarquement.
Le colonisateur français reprit la concession pour  les besoins de son économie, alors principalement axée sur l’exportation du minerai de fer et du vin vers la France.
Pour  rappel, le minerai de Beni-Saf a contribué à hauteur de 80 % pour la construction de la Tour Eiffel à Paris.
En 1881, il fut reconverti principalement en port de pêche dont la surface initiale du plan d’eau occupait quelque 14 hectares.
La pêche reste la principale ressource de la région. Beni-Saf est devenu le premier port de pêche d'Algérie avec une flottille de 166 embarcations.
Ce port, conçu initialement pour le transport de minerais et de marchandises, est reconverti en port réservé exclusivement à la pêche et ce, du fait de l'ensablement constant de son bassin.

Si Syphax m’était conté

Pour l’histoire, elle n’en est pas moins riche. La statue de Syphax en dit long. Ce roi berbère de la Numidie occidentale avait pour capitale Siga, l’actuelle Oulhaça.
Il entra en guerre contre Gaya, alors roi de la Numidie orientale et contre son frère Massinissa, allié à son ennemi.
Il fut courtisé par Hasdrubal, général carthaginois et Scipion l’Africain, général romain qui souhaitaient son alliance et celà durant la deuxième guerre punique.
Après  son refus, il fut combattu et vaincu par les Romains en 203 avant Jésus-Christ. Il fut fait prisonnier et emmené à Rome où il mourut.
Son frère, Massinissa, réussit un peu plus tard à réunifier la Numidie pour dissuader les Romains.                                                           

L’aquarium de Béni-Saf :
A quand la réouverture ?

La station expérimentale des ressources marines et d’eau  douce a été réalisée en 1956 du temps de l’ère coloniale. Entrée en fonction en 1958, elle connut un arrêt en 2007.
Depuis, elle a vécu un nomadisme unique. Du secteur de l’agriculture elle fut rattachée à l’I.S.M (Institut des Sciences de la mer), puis au secteur de l’environnement, pour rejoindre à nouveau le secteur de l’agriculture, où elle fut rattachée au secteur de la pêche au lendemain de la scission de ces deux derniers  pour se retrouver à nouveau  au sein de ces deux départements, réunis  à nouveau  lors de leur récente fusion.
La dégradation de cette station, communément appelée aquarium, qui allait crescendo fit que la tutelle décida de sa restauration en 2013.
En 2015, une entreprise fut enfin retenue suite à un appel d’offres. Les travaux de réalisation sont terminés à hauteur de 90%.
Néanmoins, des  problèmes qui n’ont pasleur  raison d’être subsistent. Il s’agit de la validation d’un avenant au contrat qui est purement à caractère technique et sans incidence financière, mais qui obligea l’entreprise réalisatrice à cesser les travaux et cela, depuis  le mois de novembre 2016. Le constat est fait, la solution traîne, victime d’une bureaucratie avérée. Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, en  visite de travail au sein de la wilaya en date du 23 août dernier, tenu au fait de la situation, ordonna que le dossier soit déposé sur son bureau dès son retour.
«  Un avenant technique ne doit en aucune manière  constituer une entrave pour la réouverture de la station », nous confie M. Ghribi, le chef de la station, tout en soulignant qu’il a malgré tout été bien compris et soutenu par ses responsables hiérarchiques qui  reconnaissent le bien-fondé de sa préoccupation et de son souci à rouvrir le centre.
Les différentes espèces de poissons sont fort heureusement bien conservées au sein de l’école de pêche. On y compte une multitude d’espèces tels  les petits requins dits « petites recettes », des crustacés, des cigales, des mollusques comme la  pieuvre, le calamar, la sépia ainsi que des tortues d’eau de mer et d’eau douce ; des carpes chinoises, à savoir la carpe royale, la carpe argentée, la carpe herbivore ainsi que des carnassiers tels le sandre, le black basse, le gardon et le poisson chat.                                                 
C’est là un véritable réservoir tant pour les élèves dans leurs études qu’une curiosité pour les visiteurs, surtout en période estivale. On y note également quatre laboratoires de recherche.
Le chef de la station compte, à l’ouverture, doubler le nombre de bassins, à l’effet d’y exposer une plus grande variété de poissons au niveau de cette structure de recherche, dont les requins.
En outre, le centre aura pour tâches de veiller à la préservation des espèces aquatiques, en maintenant l’équilibre écosystémique, et de sensibiliser sur l’exploitation des ressources halieutiques et la protection du littoral. Il reste à espérer que cette station reprenne vie très vite, car elle constitue un plus non négligeable pour cette région à grande vocation touristique.
A. C. 

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Mémoire d’une bataille contre les «rôms»
La tombe des 7 frères et leur mère

Un mausolée dans une agglomération proche de la commune de Sidi Bel Miloud anciennement appelée Tessala, du nom d’une montagne voisine, est érigé à la mémoire des sept frères martyrs et de leur mère, lalla N’fissa, la blonde aux cheveaux d’or, fille de Mohamed Banou el Asfar (comprenez le blond) venu d’Europe et converti à l’Islam.
Il maria sa fille à Sidi Abdeldjalil qui eut avec elle sept garçons puis quatre autres. Vers la fin du 13e siècle, début du 14e siècle, les Espagnols entrèrent à Oran et Témouchent. Les autochtones les combattirent ; les 7 frères et leur mère moururent dans la bataille en martyrs.
Plus tard, les descendants des 4 autres frères ont chacun pour sa part pris une direction différente, l’un à Figuig au Maroc, le deuxième dans la région de Relizane, le troisième a eu un descendant, le célèbre cadi de Tlemcen, Choaib, tandis que le quatrième se rendit à Oujda. Parmi cette fratterie de descendants de Sidi Abdeldjalil, les arrières-petits-fils de Nédroma  construisirent, cinq siècles plus tard, un mausolée en l’honneur des sept frères et leur mère lalla N’fissa.               
Chaque année, une "waâda" est célébrée en leur honneur ponctuée d’un festin à toute l’assistance, dont les pauvres.
Notons, par ailleurs, que l’un des descendants, sidi Abderrahmane el Figuigui, dont le mausolée est à Laghouat, avait épousé Zrouga Ben Jellab, une princesse de la dynastie des Ben Djellab (daïra de Touggourt) qui aura duré 4 siècles.

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