samedi 20 janvier 2018 23:24:39

Méditerranée : L’enjeu de la révolution digitale

Révolution digitale, quelles incidences pour la Méditerranée ? C’est la problématique à laquelle s’est penché l’Institut de prospective économique du monde méditerranéen.

PUBLIE LE : 31-08-2017 | 0:00
D.R

Révolution digitale, quelles incidences pour la Méditerranée ? C’est la problématique à laquelle s’est penché l’Institut de prospective économique du monde méditerranéen.
D’abord, des chiffres. 70% des Africains sont équipés de téléphones mobiles au point de révolutionner commerce (m-commerce) et banque (m-banking). Jamais depuis l’histoire moderne le rattrapage des pays en développement n’a autant permis de sauter les étapes. Sur son site, l’Ipemed explique que la révolution digitale va très au-delà de l’essor du secteur des TIC. De nombreux économistes défendent l’idée d’un nouveau paradigme, fondé sur le numérique et le collaboratif. «Les entreprises développent une production intégrée de services et de produits, une offre à façon répondant à une demande fonctionnelle et non plus à une demande de propriété», note la même source. Un autre aspect de ce nouveau paradigme est la place centrale de la créativité. On passe d’une économie de l’efficacité productive, caractérisée par la force et l’habilité, à une économie de l’intensité créative, caractérisée par l’innovation et la capacité à travailler avec et pour des tiers. D’autre part, le site de l’Ipemed rebondit que le fossé Nord-Sud traverse la Méditerranée numérique. En effet, le paradoxe des pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée (Psem) en matière de TIC, c’est que ce secteur pèse plus lourd dans le PIB (10% en Tunisie par exemple) que dans les pays développés.
Comme l’ensemble des pays en développement et l’Afrique en particulier. Pour autant, le fossé Nord-Sud traverse bien la Méditerranée numérique. Dans l’accès à internet,  le site explique que les Psem sont loin du Nord, le Maghreb et notamment l’Algérie apparaissant particulièrement en retard. En 2016, le nombre d’utilisateurs d’Internet par rapport à la population était de 86% en France, 80% à Malte, 33% en Egypte, 21% en Libye et 20% en Algérie.
Ce fossé Nord-Sud est évidemment un handicap pour le développement, car selon la Banque mondiale, l’introduction à l’internet haut débit augmente le PIB d’un pays de l’ordre de 1,4%. De l’analyse faite par l’Ipemed, ressort que la révolution digitale contribue aussi aux nouveaux rapports Nord-Sud «parce qu’elle a lieu simultanément au Nord et au Sud même si c’est évidemment avec une intensité très différente».
On précise également que la révolution digitale est évidemment «globale», mais elle «présente des opportunités de coopération régionale inédites entre l’Europe, la Méditerranée et l’Afrique». Elle demande et multiplie les échanges d’expériences que ce soit en matière de villes intelligentes, de promotion des biens collectifs ou de production de contenus numériques. Dans une économie dont les ressources sont de plus en plus produites et coproduites, la «proximité géographique, histoire et culturelle fait du voisinage un avantage stratégique», ajoute la même source. Si l’avenir digital comporte de grands risques, les chances de succès de la Méditerranée «reposent sur la prise de conscience que le théâtre des opérations est d’ores et déjà digital, que les outils numériques renouvèlent la coopération Nord-Sud».       
    Fouad Irnatene

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