mardi 21 novembre 2017 18:29:16

AIN-TEMOUCHENT : La Wilaya aux trois vocations

Ain Témouchent est devenue wilaya en 1984. Elle compte huit daïras et vingt-huit communes. Sa population totale avoisine quatre cent mille âmes avec une densité de cent soixante habitants au kilomètre carré.

PUBLIE LE : 31-08-2017 | 0:00
D.R

Ain Témouchent est devenue wilaya en 1984. Elle compte huit daïras et vingt-huit communes. Sa population totale avoisine quatre cent mille âmes avec une densité de cent soixante habitants au kilomètre carré.

Depuis sa création à nos jours, dix walis s’y sont succédé. La région est à vocation à la fois agricole, halieutique et touristique. Elle dispose d’appréciables superficies de terres arables. Sa surface agricole totale est de 203.582 ha dont près de 89% de surface agricole utile (SAU). Cette dernière est répartie en trois unités d’aménagement : 56% dans les plaines intérieures, 14% sur les plateaux côtiers et 30%  au niveau des zones de montagnes. L’occupation du sol est de l’ordre de 75% pour les céréales, 6,5% pour les légumes secs, 5,75% pour les vignes et 3% pour l’arboriculture. Le secteur public agricole dispose de la part du lion avec 132.745 hectares soit 65% des terres agricoles réparties en 1.815  EAC  (Exploitations agricoles collectives) et 985 Exploitations agricoles individuelles (EAI) et quatre fermes pilotes. Le secteur privé, quant à lui, compte 4.827 propriétés privées sur une surface de 53.595 hectares, soit 26%. Il y a lieu de rappeler que le vignoble, qui occupait 60.000  hectares au lendemain de l’indépendance du pays, a été réduit en 1970. La culture des céréales s’est alors substituée pour une grande part au vignoble. Il y a lieu de souligner en outre une baisse des terres emblavées du fait d’une baisse de la pluviométrie. En 20 ans, elle a chuté de 460 à 300 mm/an. A cela s’ajoutent le non-respect et la non-maîtrise des techniques culturales par les fellahs. Une politique agricole bien pensée redonnerait aux terres leurs  grandes productions d’antan. Il serait ainsi judicieux de concevoir des retenues collinaires pour la mobilisation des eaux superficielles qui constitueraient un appoint à la pluviométrie. S’agissant du volet pêche, il existe un potentiel halieutique considérable estimé à plus de 45.000 tonnes/an, exploité par plus de 3.500 âmes. Des problèmes sont cependant évoqués par les gens de la profession, entre autres, la faible disponibilité de la pièce de rechange et la vétusté des équipements, aux dires de certains armateurs que nous avons approchés au niveau des deux ports de pêche, celui de Béni-Saf et de Bouzedjar. Ceci a pour conséquences, nous confient-ils, de « nous limiter à pêcher dans une zone restreinte que nous sommes en train de surexploiter ».


Station thermale de Hammam Bouhdjar
Une perle à sauver

Située à quelque 25 km du chef-lieu de wilaya, elle couvre une surface de 19 hectares, ce qui la classe parmi les plus grandes stations du pays. Au microclimat, que tempère la proximité du littoral, s’ajoute un site verdoyant, faisant d’elle un lieu fort attrayant pour les touristes.

Les sources que recèle la station émergent des griffons à une température de 72 degrés avec une forte teneur en CO2, permettant de traiter les affections rhumatismales, dermatologiques, neurologiques et gynécologiques. Elles sont en outre fortement indiquées pour le traitement des séquelles de traumatismes articulaires, les affections O.R.L et l’appareil respiratoire. Le tout ponctué par la pratique de techniques de la  crénothérapie.
S’agissant des caractères dominants des eaux, une étude chimique a révélé une forte teneur  en bicarbonate de chaux et en chlorure de sodium, des bicarbonates de soude, du magnésie du fer et du calcium.
D’autres indications thérapeutiques non moins importantes constituent la vertu de cette station, telle l’hypertension et l’hépatisme.
Le directeur de la station thermale Khalef Mohamed, que nous avons rencontré, est nouvellement installé dans ses fonctions ; soit vers la fin du mois de juillet de l’année en cours.
L’entrée à l’allée large est bordée de verdure mais c’est l’arbre qui cache la forêt. La première et non moins  importante anomalie réside dans la facturation de l’eau par l’ADE (agence des eaux). Le compteur d’eau se trouve à l’extérieur de la station à une distance de 2,5 km à vol d’oiseau, soit à près  de 6 km (sic!). Ceci a eu pour conséquence des actes de vandalisme abimant la tuyauterie d’où des «détournements» de l’eau «vers d’autres directions par des intrus» nous apprend-on. Des personnes interrogées nous confient que l’eau détournée sert à l’irrigation, sans accepter de rentrer dans les détails.
Le directeur s’est plaint devant une telle situation exigeant que le compteur soit installé au sein de l’établissement, mais rien n’y fit. « Mes incessants rappels écrits à l’ADE de Bouhdjar sont restés lettres  mortes. Je viens de saisir un huissier à l’effet de dresser un constat concernant les fuites et l’éloignement du compteur d’eau. La facture du mois de juillet est de 113 millions de centimes, celle de juin 128 million de centimes, » nous confie-t-il. «C’est à croire que l’ADE est en train  de faire payer une facture dont les consommateurs se trouvent à l’extérieur de la station thermale, sinon comment expliquer un tel mutisme», scande ce nouveau directeur, poursuivant : «Même si je donne 2 bouteilles d’eau minérale à chaque client par jour cela reviendrait moins cher. J’ai une capacité de 160 lits et à chaque client si je donne 2 bouteilles à 20 DA, au bout d’un mois, cela nous reviendrait à 72.000 DA pour un taux d’occupation de 100% ». Mais, dit-il « nous réalisons un taux annuel de plus ou moins 50% en matière de touristes, ce qui se chiffrerait  à  moitié. Autrement dit, on fait payer à la station un chiffre astronomique pour une consommation irréelle, infondée et surtout non prouvée».
Outré par une telle situation, il déclare : «La station thermale de Hammam Bouhdjar est un pôle économique capital par excellence pour la commune. Imaginons un instant le pire des scénarios. La fermeture de la station thermale, qui ne pourrait plus s’acquitter de ses factures, aurait de fâcheuses incidences, comme la mise au chômage de plusieurs employés, beaucoup de commerces fermeront et toutes les activités secondaires seront touchées… Si j’étais maire, je prendrai soin de ce don d’Allah », conclut-il, très désabusé.
 En tout état de cause, l’Agence des eaux de Hammam Bouhdjar devrait s’expliquer sur cet état fait, car d’aucuns parmi les employés n’arrivent à comprendre une telle situation. Le chef de centre de l’ADE observe pour l’heure un grand mutisme malgré les lettres de relance du directeur de la station thermale. Une telle situation ne semble pas décourager ce chef de station pour autant. Témoins, les réparations rapides de la buanderie qui était dans un état déplorable et des chaises de la salle de restauration. Des travaux d’aménagement au niveau de la balnéothérapie sont effectués pour y transférer les chambres de soins et procéder à des travaux d’aménagement au niveau du bloc de soins, l’étanchéité au niveau des bungalows dont l’état laisse à désirer fait partie également des urgences qu’il prend à bras-le-corps. Il reste à espérer que le montant à allouer pour d’autres types de travaux estimés par le H.T.T, « le groupe hôtellerie, tourisme et thermalisme », ne saurait tarder à être accordé. Il permettra  sans nul doute à redorer le blason d’une telle station qui connaît un flux considérable tant en hiver qu’en été. «Je m’engage à faire de ce site un joyau de la wilaya » nous dit M. Khalef avec beaucoup d’assurance, lui qui « aime par-dessus tout ce métier », mais ceci ne pourra voir le jour que dès lors que la rénovation sera entamée par l’EGTT sous l’égide de HTT, ce dont il ne doute point.


ACTIVITÉ BALNÉAIRE
 Place aux complexes

 
S’agissant de la vocation balnéaire, la wilaya dispose d’une façade maritime estimée à 80 km de long avec six zones d’extension touristique. On notera celles de Rachgoun, dans la commune d’Oulhaça el gherraba, Sidi Djelloul, dans la commune de Sidi Ben Adda, Sassel dans la commune de ouled Boudjemâa, Sbiâat dans la commune de Messaid, Terga et Bouzedjar.
Des complexes touristiques au demeurant inaccessibles aux bourses moyennes, tels « Syphax », au niveau de la plage de Rechgoune, « En Nabil », au niveau de la plage dite «la marmite». On compte également 14 centres de vacances et quelques 15 camps de toile sur les plages autorisées à la baignade.
Le secteur de l’hôtellerie est en voie d’évolution, on y compte une dizaine d’hôtels gérés par des privés mais là encore, les prix proposés font reculer plus d’un touriste qui préfèrent regarder au-delà de nos frontières.
Il serait plus judicieux pour ces opérateurs de concevoir des hôtels, bungalows et autres, plus modestes et à des prix à la portée des bourses moyennes.


École de pêche de Beni-Saf
Formation tous azimuts

Construite en 1958, entrée en fonction en 1960, l’Ecole de pêche de Beni-Saf a été érigée en Ecole de formation des techniques de pêche et d’aquaculture dispensant 21 formations dans trois grandes spécialités ; tels des patrons côtiers, des électomotoristes, des marins qualifiés, des aquarioloques, des techniciens en pisciculture intégrée à l’agriculture, des techniciens en pisciculture marine, pour ne citer que ces volets de formation. L’école de formation vit un rythme intense en matière d’activités pédagogiques .  On notera des exercices de pêche continentale au profit de stagiaires en technique aquacole, des initiations au niveau du port pour apprendre les techniques d’armassions des navires de pêche, la vulgarisation des techniques de lutte contre l’incendie à bord des chalutiers au profit des stagiaires de la filière «  marins qualifiés ». Beaucoup d’autres sorties pédagogiques sur site sont réalisées tout au long de la formation.

La pisciculture au service de l’agriculture

Le volet aquacole n’est pas en reste, les stagiaires dans cette filière effectuent des stages de formation pour mieux cerner différentes  techniques dont l’insémination artificielle au niveau des écloseries, telle celle de Tabia, dans la wilaya de Sidi Bel Abbès, la pisciculture marine, la pisciculture continentale, et autres…  Des journées d’étude et de vulgarisation sont constamment réalisées, dont certains en collaboration avec le responsable de la station expérimentale (celle-ci se trouve à l’arrêt pour des travaux de réfection), pour l’apprentissage des techniques de l’élevage de la crevette peneidé  dans le but d’introduire l’élevage de la crevetticulture dans l’Ouest du pays. «Au mois de mai 2017, nous avons procédé à une insémination semi-artificielle du «Golden-Fish» avec la «carpe Koï», «pour la première fois au sein de notre laboratoire d’aquaculture au profit des stagiaires en technique aquacole. Les encadreurs sont des enseignants de l’école », nous dit madame Meniri Mouffak Souad, directrice de l’école qui affiche un grand dynamisme dans son travail. Elle nous  confie que l’école constitue  pour elle une seconde famille. «Je veille à sa réputation comme à la prunelle de mes yeux.» Il est vrai que visiter l’école avec ses aquariums est un véritable délice pour les yeux.  Un stage sur la pisciculture marine à Sbiaât au niveau de la ferme aquacole de Ain-Témouchent a également été effectué à l’effet de maîtriser les techniques des poissons d’eau de mer comme le loup et la daurade.
Des journées ont été également réalisées pour l’empoissonnement des espèces d’eau douce (Tilapia du Nil et Tilapia rouge) dans les bassins d’irrigation des agriculteurs déjà formés par l’école. C’est dire qu’au sein de l’école, on ne ménage  aucun effort  pour former des éléments qui auront bientôt la charge de vulgariser et sensibiliser sur le bien-fondé de l’irrigation des terres agricoles depuis les bassins, surtout lorsque l’on sait que la production double grâce à cette eau.

Des ambassadeurs à l’Ecole

Les ambassadeurs n’hésitent pas à choisir ce lieu pour venir s’enquérir des activités et des formations dispensées. Telle cette ambassadrice de la République d’Indonésie en Algérie qui a proposé des échanges d’expérience avec l’Algérie ou cet autre ambassadeur de Tunisie qui souhaitait un jumelage avec le centre d’océanographie de son pays ou encore cette ambassadrice des Pays-Bas qui suggéra une assistance et un appui technique à but non lucratif  de son pays dans le domaine de l’aquaculture. L’expert et représentant de ce pays en Algérie, membre de l’organisation Netherland Senior, a proposé de participer au développement aquacole, à l’instar des services préconisés aux pays émergents.  La directrice estime qu’ «au regard de la réussite de ce genre d’expérience dans notre secteur de l’agriculture, l’école gagnerait à faire de même dès lors que le directeur de la chambre de pêche se rapproche aussi bien de celui de l’agriculture que de l’expert résidant en Algérie pour finaliser ce projet porteur et bénéfique pour la formation des formateurs, à l’instar du projet DIVICO2 qui fonctionne plutôt bien». L’école de formation technique de pêche gagnerait ainsi à se hisser au rang des grands centres formateurs du pays dont l’impact serait positif pour le secteur.       A. C.

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