dimanche 22 octobre 2017 14:47:54

M. Khatri Eddouh, président du parlement sahraoui : « L’ONU doit être plus ferme avec le Maroc »

«La question sahraouie dans la restauration de la sécurité et de la stabilité dans la région» a été le thème du débat du Forum d’Echaâb, animé hier par Khatri Eddouh, président du parlement sahraoui, chef des négociations indirectes avec le Maroc et président de la huitième édition de l’université d’été des cadres de l’État sahraoui et du Front Polisario.

PUBLIE LE : 15-08-2017 | 0:00
D.R

«La  question sahraouie dans la restauration de la sécurité et de la stabilité dans la région» a été le thème du débat du Forum d’Echaâb, animé hier par Khatri Eddouh, président du parlement sahraoui, chef des négociations indirectes avec le Maroc et président de la huitième édition de l’université d’été des cadres de l’État sahraoui et du Front Polisario.

D’emblée, il a affirmé que l’émissaire spécial de l’ONU pour le Sahara, l’ancien président allemand, Horst Köhler, avait présenté son rapport pour la relance, de nouveau, des négociations  avec la partie marocaine. Il a, cependant,  ajouté que le Front Polisario a constaté que le Secrétaire général de l’ONU et le Conseil de sécurité des Nations-Unies déploient de grands efforts pour assurer les conditions idéales au nouvel émissaire spécial de l’ONU afin de soumettre son rapport sur l’état d’avancement des négociations en vue d’organiser le cinquième cycle des négociations entre les deux parties.
« Il ne reste que les procédures techniques à mettre sur pied pour reprendre le chemin des négociations qu’a acceptées  le Front Polisario, contrairement au Maroc qui refuse de se prononcer », ajoutera le chef des négociations indirectes avec le Maroc.
Khatri Eddouh rappellera, cependant,  que conformément à la dernière résolution du Conseil de sécurité adoptée en avril dernier, le nouveau  représentant des Nations-Unies  avait la possibilité de prendre une période de six mois  pour relancer les pourparlers.
 Toutefois, le conférencier expliquera que « la partie sahraouie attend un appel pour des pourparlers ».
Visiblement révolté, le président du Parlement sahraoui a estimé, en présence d’un parterre de journalistes, que « le blocage entre les deux parties persiste »,  une situation qui, selon lui, « arrange fortement l’occupant marocain qui ne fait plus d’efforts pour améliorer les choses d’autant plus que ce dernier ne traite plus la question sahraouie avec l’ONU depuis plus de cinq ans ».
Toujours en attente des pourparlers avec l’occupant marocain qui ne veut rien entendre, l’invité du Forum d’Echaâb a déclaré  que son pays est à l’affût de la paix. « Le peuple sahraoui, le Front Polisario et la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) sont en  bonne position pour des pourparlers de paix sous l’égide de l’Organisation des Nations- Unies de laquelle il attend une position plus ferme à l’encontre du Maroc, surtout que ce dernier ne veut en aucun cas se conformer à la légalité  internationale », et   s’asseoir à la table des négociations.
Le chef des négociations indirectes avec le Maroc a regretté que l’ancien envoyé spécial, Christopher Ross, n’ait  pas réussi dans sa mission, «se plaignant constamment de ne pas avoir un appui réel du Conseil de sécurité des Nations-Unies, qui l’a chargé de la tâche », mettant en cause, « la position de la France, qui freinait à chaque fois  l’instance onusienne  par son appui à l’émissaire de l’ONU ».
Pour lui, le règlement du conflit sahraoui, qui perdure, doit aboutir un jour ou l’autre et cela  à travers la reconnaissance de la réalité sahraouie qui a été consacrée par un peuple qui ne veut pas céder d’un iota ses droits légitimes et son Etat. Il suggérera également que « pour entamer des pourparlers autour d’une table, l’ONU doit être plus ferme avec le Maroc ».
Il ajoutera que la RASD est confiante concernant le processus de paix dans la région, d’autant plus que la communauté internationale est de plus en plus consciente des menaces émanant du Maroc, telles que la culture et le trafic de drogue, qui cause énormément de préjudices aux pays voisins, ainsi que des liens qu’a ce trafic avec les groupes terroristes qui activent au Nord du Mali. « Les forces du Front Polisario ont récemment arrêté 19 de ces porteurs auprès du mur de la honte qui sépare les territoires sahraouis occupés », dira-t-il.
La deuxième solution proposée par M. Eddouh est que l’ONU soit plus ferme avec le Maroc qui a fait traîner les pourparlers sous son égide depuis 26 ans. Pour y arriver, il préconise  un programme et un calendrier   bien précis qui doivent conduire à l’autodétermination.
A la question de savoir quelle est la position du Front Polisario vis-à-vis de ce qui se passe actuellement dans le Rif, au Maroc, le représentant de la RASD n’a pas voulu s’exprimer longuement à ce sujet, se contentant de souligner que c’est « une affaire purement marocaine », ajoutant que la colère de la rue continue à s’étendre à d’autres régions du royaume alaouite.  
 Mohamed Mendaci
 

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