mardi 17 octobre 2017 12:13:19

Ithrène en concert à Alger : ambiance de fiesta

En plus d’être un concentré de rythmes et de mélodies chaouis, un bonus de textes d’une grande beauté a été offert aux présents à l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïeh, par le groupe Ithrène (les étoiles), lors d’un concert inouï.

PUBLIE LE : 13-08-2017 | 0:00
Ph : Nesrine T

En plus d’être un concentré de rythmes et de mélodies chaouis, un bonus de textes d’une grande beauté a été offert aux présents à l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaïeh, par le groupe Ithrène (les étoiles), lors d’un concert inouï.

En effet, les jeunes mélomanes, amoureux de la chanson moderne et des rythmes fusionnés, ont été éblouis par les performances vocales et musicales de ce groupe. Jeunes, moins jeunes, en famille ou entre amis, se sont déplacés pour assister à ce concert que nous qualifions de merveilleux, tant on a pris du plaisir en regardant les prestations de qualité. Associant instruments modernes et anciens, ce groupe, venu d’Oum El Bouagui, a envoûté le public venu assister à ce concert baptisé El Mahfel, une thématique locale à forte symbolique que ce groupe a voulu faire connaître à l’assistance pour tenter de vulgariser sa culture berbère. Faut-il le rappeler, «El Mahfel» est une pratique chaouie millénaire, qui annonce toutes les fêtes sans exception : mariages, circoncisions et même pour d’autres rites et pratiques d’une époque lointaine, tels que Anzar, la fête de la pluie. Fusionner les rythmes et chants chaouis avec le rock, la pop ou encore le jazz, comme dans le morceau Ouchen (le loup), s’est révélé être une démarche artistique fort réussie à l’écoute. Avec des titres entièrement chantés en tamazight dans sa variante chaouie, le groupe passe de ses propres compositions au répertoire (revu) d’Aïssa El Djarmouni, en s’arrêtant sur des berceuses et des chants traditionnels de la région des Aurès. Le guitariste Mohsen Ferrah, ses frères et ses potes, durant le temps qu’a duré ce concert dans la soirée du vendredi dernier, restituent l’ambiance des grandes fêtes populaires, mais avec une touche «très moderne», comme dans les morceaux «El Mahfel» ou «Acha Bouya» (que s’est-il passé mon père ?). Le groupe chaoui explore également le chant des rahaba dans Adhrer Loures (les montagnes des Aurès). «Idhali» (hier) est une ballade, chantant un amour impossible. La chanson «Dorth fellam» (la roue tourne) est un petit retour au rock des années 1980. «El Fouchi» (le fusil) chante la fierté des Chaouis, la gloire des Aguellid (rois) vaillants défenseurs  de la Numidie et la soif de liberté des ancêtres, comme Massinissa, Jugurtha ou encore la Kahina. Le leader du groupe, Azziz, narre tout au long de cette magnifique chanson nommée «El Mahfel» les différentes étapes de la préparation de la fête (thamghra). Il décrit la beauté et l’authenticité de la femme berbère mais aussi et surtout, il rend hommage à sa manière au chantre de la chanson aurésienne Aïssa El Djarmouni, qui était un grand habitué des fêtes familiales et autres où il était souvent invité. Les frères Ferrah ayant ajouté une corde à leur arc en introduisant des cuivres et la sanza de dimension africaine. Beaucoup de recherches, aussi bien pour le côté musical que pour les textes des chansons, dont deux poètes Slimane Berbère et Sahbi Chafaï en sont les auteurs qui donnent pleine satisfaction au groupe. «Idhourer», «l’Aourès», «Idoukla», sont, entre autres, les titres interprétés pour le plaisir des mélomanes et fans du groupe qui se sont régalés de chants et de rythmes en faisant un déplacement qui les aura complètement dépaysés  à l’Opéra d’Alger.
Sihem Oubraham
 

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