mardi 26 septembre 2017 17:24:49

SONATRACH, M. Ould Kaddour : « Valoriser les hydrocarbures primaires »

Au fur et à mesure que son PDG, M. Abdelmoumen Ould Kaddour, multiplie les visites de travail et d inspection sur le terrain, la «nouvelle feuille de route» de Sonatrach se clarifie de mieux en mieux à l’opinion, y compris dans son volet lié aux initiatives prioritaires à engager dans l’immédiat.

PUBLIE LE : 22-07-2017 | 0:00
D.R

De  notre envoyé  spécial  à Hassi  Messaoud et  Gassi  Touil : Karim Aoudia

Au fur et à mesure que  son  PDG,  M. Abdelmoumen Ould  Kaddour, multiplie les visites de travail et d inspection sur le terrain, la «nouvelle  feuille de route» de Sonatrach  se clarifie de mieux en mieux à l’opinion, y compris dans son volet lié aux initiatives prioritaires à engager dans l’immédiat.

Des initiatives qui répondent aux impératifs imposés par un contexte mondial caractérisé par une baisse des prix de pétrole et nécessitant, selon M. Ould Kaddour, une prise en charge adaptée. De Hassi  Messaoud, où il a inspecté mercredi dernier plusieurs installations relevant de cette compagnie, lors d’une énième sortie sur le terrain qui l’a conduit également dans le gisement  pétrolier et gazier de Gassi Touil, le PDG de Sonatrach n’a cessé de plaider pour une optimisation de l’ensemble des équipements du groupe pétrolier. Aussi, M. Ould  Kaddour a bien manifesté sa volonté de combler, dans les meilleurs délais, les manques à gagner qui persistent dans le volet  raffinage et  pétrochimie. La valorisation des hydrocarbures primaires s’inscrit en bonne place dans la nouvelle approche de Sonatrach, appuie en effet le PDG, mettant l’accent sur la plus-value escomptée autant pour la compagnie des  hydrocarbures qu’au  bénéfice de l’économie nationale. En clair, l’approche porte  sur la dynamisation des activités de transformation à même «d’extraire» autant de dérivés que possibles des produits bruts des hydrocarbures  et les commercialiser en tant que «produits finis»  à  l’international. Dans cette optique, et s’agissant du domaine du raffinage, M. Abdelmoumen Ould Kaddour a bien souligné l’anomalie de voir les hydrocarbures algériens exportés en l’état brut pour  les importer ensuite en tant que produits raffinés. De l’ordre de 2 milliards de dollars consentis annuellement, cette facture d’importation des produits raffinés (essence) pourrait bien s’avérer quelque peu salée, eu  égard au contexte d’amenuisement de la finance publique provoqué par la chute des prix du pétrole, mais aussi compte tenu de l’orientation des pouvoirs publics où la réduction des importations est l’un des objectifs inscrits en première ligne porte justement sur la réduction des importations.

 « Le raffinage doit se  faire en Algérie »
 
Pour parer à une telle situation, le PDG de Sonatrach s’est montré catégorique, mais aussi audacieux dans ses décisions. «Le raffinage doit se faire en Algérie», a-t-il plaidé  dans sa déclaration à la presse, au terme de  sa visite à Hassi Messaoud et à Gassi Touil, dans  la wilaya d’Ouargla. Outre l’objectif de satisfaire le marché national en matière de dérivés d’hydrocarbures, le lancement des activités de raffinage aura sans doute son impact, comme l’a signifié M. Ould Kaddour en matière de valeur ajoutée à l’économie nationale, de création de richesse et d’emploi. Il   reste que le développement de l’activité de raffinage en Algérie est intimement lié aux moyens financiers dont dispose Sonatrach, revus à la baisse, hélas, en raison de la chute des prix du baril. En ce sens, si dans les années précédentes où le prix de pétrole avait  frôlé les 150 dollars le baril, la Sonatrach avait planifié la réalisation de 5 raffineries à travers le pays, cela ne  relève plus désormais  du domaine du possible. «Actuellement, avec un prix du baril oscillant entre  40  et 50  dollars, ce n’est pas évident de réaliser 5 raffineries. Le plus implorant et de construire deux raffineries dont la capacité de production  sera bien suffisante pour répondre au besoin national», indique, à ce propos, le PDG de la  compagnie des  hydrocarbures. Les deux raffineries ainsi retenues sont celles de Hassi  Messaoud et de Tiaret. Les études en rapport  avec la réalisation de ces deux projets d’une importance cruciale pour Sonatrach sont finalisé, et les travaux de mise en œuvre devront être engagés, au plus tard, dès le début de l’année prochaine, soit juste au lendemain de la signature des contrats de construction par le groupe pétrolier.
De l’avis de Salah Mekmouch, vice-président de l’activité amont de Sonatrach (exploitation et production), les deux raffineries, une fois réceptionnées, auront une capacité de production d’un million de tonnes par an, pour celle de Hassi Messaoud, et de 5 millions de tonnes/an s’agissant de celle de Tiaret. De quoi satisfaire le besoin national ? Affirmatif, répond M. Mekmouch. Toujours à propos des raffineries, M. Ould Kaddour évoque aussi, dans ses propos à la presse, la raffinerie de Sidi R’cine, «malheureusement à l’arrêt», dit-il, en émettant le souhait    qu’elle sera de nouveau opérationnelle en 2018. Il révèle par ailleurs la mise en place de «tout un progrmme de pétrochimie qui est en cours de maturation et qui commencera à prendre forme progressivement à partir de l’année prochaine». Par ailleurs, M. Ould Kaddour a estimé qu’il fallait «être fiers de ce qui se fait en Algérie par les entreprises algériennes». «Bien que l’engineering soit assuré par des entreprises étrangères, il est bon de savoir que nous avons des capacités de développement locales», estime-t-il. Il fera savoir que le partenariat avec les compagnies étrangères est «un élément de développement économique incontournable», ajoutant que Sonatrach «a besoin de  partenaires qui disposent d’une technologie et d’un savoir-faire».

« Communiquez, mais surtout soyez fiers  d’appartenir à Sonatrach »

Le PDG du groupe Sonatrach explique que ses visites sur le terrain, y compris celles effectuées dans le sud du pays, ont également  pour objectif  d’asseoir une  stratégie de communication efficiente. Ces visites offrent   l’opportunité d’une prise de contacte direct entre M. Ould Kaddour et le personnel de Sonatrach mobilisé dans le sud du pays. «La  première partie de la  feuille de route est de connaître le personnel de Sonatrach travaillant dans la région du Sud, pour pouvoir comprendre et prendre en charge ses difficultés»,  a t-il indiqué. Ainsi, et lors de sa rencontre  avec les travailleurs du site pétrolier et gazier de Gassi Touil,  M. Ould  Kaddour n’a cessé de  répéter  la  nécessité  d’aller vers une stratégie de communication interne basée sur «le  respect mutuel» des travailleurs, mais surtout  éliminer les carcans de la bureaucratie et   obéissant à l’idée d’entretenir autant que faire se peut la bonne image de Sonatrach, non sans améliorer constamment son rendement. «Soyez fiers d’appartenir à Sonatrach», a-t-il déclaré à l’adresse des employés du site de Gassi Touil. En compagnie d’une importante    délégation de la direction générale, la visite  effectuée par le  PDG de  Sonatrach à Gassi Touil a eu bien son impact en matière de désenclavement de cette région. En effet, au grand bonheur des employés de Sonatrach mobilisés sur le lieu, Gassi Touil vient de bénéficier d’un aéroport réalisé par la compagnie nationale des hydrocarbures et inauguré  mercredi dernier par le PDG. Plus question  de joindre Gassi Touil par route, à partir de  Hassi  Messaoud (150 km d’itinéraire), ce qui  est déjà un grand acquis en termes d’amélioration des conditions professionnelles des employés de Sonatrach. D’un coût total de plus de 639 millions de DA, l’aéroport livré est en attente de l’autorisation d’exploitation depuis septembre 2016. Son tarmac est conçu pour recevoir des aéronefs de type Bombardier Q.400 de Tassili Airlines (filiale de Sonatrach), indique t-on.
«Nous avons développé un aéroport pour assurer les commodités à nos employés» qui peuvent maintenant aller voir leur famille sans devoir passer par l’aéroport de Hassi- Messaoud», ont ajouté les responsables de la direction régionale rencontrés sur place. Gassi  Touil  est en outre doté d’une unité de  traitement de gaz naturel mise en service en novembre 2013, avec une capacité de production journalière de 12 millions m3. L’exploitation du pétrole sur ce même site date de 1967, et le cumul de la quantité produite à  partir  de cette  même année  jusqu’au 30 juin dernier dépasse les 57 millions de tonnes.    

Respect absolu de l’accord de l’OPEP

 Après Gassi Touil, la délégation de Sonatrach a regagné Hassi Messaoud, et parmi les sites visités sur les lieux, l’Institut algérien  du pétrole (IAP, ex-Naftogaz) qui assure la formation aux ingénieurs et techniciens de   Sonatrach. Cet institut assure également des formations à la carte pour les employés   d’autres entreprises. Interrogé au sujet du   rythme de production du pétrole à Hassi  Messaoud, le directeur régional du site, M. Ali Neghmouch, évoque une hausse de production  enregistrée durant les six  premiers  mois de l’année en cours de l’ordre de 7%, comparativement au premier semestre de l’année écoulée.
 M. Neghmouch  tiendra surtout à  faire  valoir, dans ses  déclaration, le respect absolu de  l’accord de l’OPEP et les engagements pris par l’Algérie dans ce cadre. À rappeler que l’Algérie s’est engagée à réduire sa production de 50.000 barils/jour, dans le cadre de l’accord global entre producteurs OPEP et non-OPEP ayant pour objectif de baisser l’offre de pétrole de 1,8 million barils /jour.
 K. A.

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