vendredi 22 septembre 2017 03:43:22

Barrage de Beni Haroun : Campagne «pédagogique» pour faire face aux noyades

Des sorties encadrées pour une meilleure prévention

PUBLIE LE : 17-07-2017 | 0:00
D.R

Quand le thermomètre voltige allégrement en cette période estivale, l’envie de se baigner devient pressante et tous les moyens sont bons pour braver l’interdit en «piquant une tête» même dans des plages non surveillées, les gueltas, les retenues d’eau et les barrages.

Cette situation contraint les responsables concernés, notamment l’Agence  nationale des barrages et transferts (ANBT), à lancer des actions  itératives pour mettre un terme au drame des noyades qui endeuillent,  chaque année, de nombreuses familles. Tout récemment, trois jeunes ont perdu la vie dans les eaux du barrage de Beni Haroun (wilaya de Mila) et ce, en dépit d’une vaste campagne  «pédagogique» de sensibilisation et de prévention, lancée par l’ANBT, à partir du mois de juin, d’autant que cette agence déplore, pas moins de 115 cas de noyades durant les cinq dernières années. L’été 2017 est ainsi placé sous le signe de la prévention et de la sensibilisation contre les dangers de la baignade dans les eaux des  barrages, en particulier celui de Beni Haroun (Mila), a affirmé M Azzedine Lemanaâ, directeur d’exploitation de cet ouvrage.
Etant le plus important barrage en Algérie avec 120 m de hauteur et une capacité théorique de 960 millions de m3, cet imposant ouvrage est aussi l’un des plus «meurtriers», à cause des nombreux jeunes qui s’aventurent à s’y baigner, sans mesurer les risques de noyade.
Selon ce même responsable, la campagne de sensibilisation qui bat son plein depuis le mois de juin dernier, se poursuivra jusqu’à la fin de l’été et vise particulièrement les jeunes par le bais de spots publicitaires, de distribution de dépliants, d’affichage dans les maisons de jeunes, dans les cybercafés et les mosquées.
M. Lemanaâ a fait savoir, dans ce contexte, qu’une sortie un jour sur deux était organisée dans les villages avoisinants la retenue du barrage pour sensibiliser les jeunes sur les dangers des baignades dans les eaux du barrage, parce que, insiste-t-il, «on ne peut pas laisser ces livrés à eux-mêmes». Il s’agit, a-t-il attesté, de prendre en charge les jeunes désœuvrés des 32 communes de la wilaya de Mila, en invitant, chaque weekend, ceux de 2 ou 3 communes, pour passer «une journée récréative» au niveau du barrage de Beni Haroun, en guise «d’alternative» à l’interdiction de se baigner dans les eaux du barrage. Les jeunes des communes de Constantine, limitrophes du barrage de Beni  Haroun, notamment celles de Messaoud Boudjriou et Beni Hamidène, sont également concernés par ce programme spécial, visant à empêcher, assure M. Lemanaâ, les jeunes de se baigner dans le barrage en mettant leur vie en péril.

Des sorties encadrées pour une meilleure prévention

Au menu de ces sorties, des randonnées pédestres, grâce auxquelles les jeunes invités découvrent la faune et la flore, des barbecues, des jeux de  chasse au trésor, des moments de convivialité accompagnées au rythme de la derbouka, détaille le directeur du barrage de Beni Haroun. Outre ces sorties «encadrées» par les organisateurs, des jeunes viennent  aussi au barrage de Beni Haroun dans le cadre de voyages organisés, révèle cette même source, par le biais d’associations de Mila et de Constantine. Parallèlement aux sorties éducatives et de loisirs organisées au profit  des jeunes des communes de Mila et Constantine, un programme régulier  destiné aux familles est également mis au point par les responsables du barrage de Beni Haroun en collaboration avec des associations qui  concoctent des sorties pour les jeunes accompagnés de leurs familles. Retraitée de l’enseignement depuis quelques années, Meriem, la  soixantaine, a affirmé à l’APS qu’une ballade au barrage de Beni Haroun  fait partie des moments d’évasion rafraichissants qu’elle aime s’octroyer  avec son conjoint et ses trois enfants, à chaque fois qu’une occasion se  présente. Résidant dans la wilaya de Constantine, au chef-lieu précisément, Meriem  considère le barrage de Beni Haroun comme une «bouffée d’oxygène» pour la  population locale qui y voit un endroit «privilégié», où il est possible de  passer un bon moment de communion avec la nature et un panorama à couper le souffle.
«Comme toute ville de l’intérieur, Constantine n’offre pas beaucoup de  possibilités à ses habitants durant l’été, à défaut de plage et de sable  doré, nous nous rendons de temps à autre au barrage de Beni Haroun, en  famille, pour décompresser et changer d’air, mais il n’est pas question de  laisser mes enfants s’y baigner, par contre, c’est trop dangereux»,  estime-t-elle. Une brigade composée d’agents de sécurité du barrage de Beni Haroun  sillonne d’ailleurs, quotidiennement le plan d’eau et les rives du barrage  à l’aide d’embarcations afin de dissuader les jeunes de se baigner dans le  barrage, jusqu’à la fin de l’été, a indiqué M. Lemanaâ.
En plus de débusquer les «indus baigneurs», cette brigade a aussi comme  autres missions de lutter contre l’irrigation et les labours illicites, a  souligné ce même responsable, faisant savoir que les membres de cette  brigade interviennent pour mettre un terme aux faits reprochés et déposent  plainte, le cas échant, au niveau des unités de la gendarmerie des communes  concernées. (APS)
 

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