lundi 25 septembre 2017 07:14:27

Accord d’association UE-Maroc : M. Amar Belani : « un impact négatif sur la stabilité au Maghreb»

Le processus engagé par l’Union européenne (UE) avec le Maroc, dans le cadre de l’Accord d’association, risque d’impacter négativement la paix et la stabilité dans la région du Maghreb, a averti l’ambassadeur d’Algérie en Belgique et auprès de l’UE, Amar Belani, exprimant à ce sujet les préoccupations de l’Algérie.

PUBLIE LE : 17-07-2017 | 0:00
D.R

Le processus engagé par l’Union européenne (UE) avec le Maroc, dans le cadre de l’Accord d’association, risque d’impacter négativement la paix et la stabilité dans la région du Maghreb, a averti l’ambassadeur d’Algérie en Belgique et auprès de l’UE, Amar Belani, exprimant à ce sujet les préoccupations de l’Algérie.

Dans une interview accordée à Afrique Asie, publiée samedi sur son site, le diplomate algérien a indiqué que les préoccupations de l’Algérie se justifient par l’incompatibilité des termes du mandat de négociations, tel que confié à la Commission européenne, avec les dispositions de l’arrêt de la Cour de justice européenne, en ce qu’il prévoit d’amender certaines parties de l’accord d’association UE-Maroc pour conférer l’origine marocaine aux produits issus du Sahara occidental. Pour lui, les négociations portent sur l’extension du champ d’application de l’accord UE-Maroc pour y inclure le territoire disputé du Sahara occidental, soulignant qu’il s’agit-là d’une démarche qui vise à accommoder le Maroc en violant la légalité internationale, y compris la décision de la Cour de justice de l’UE du 21 décembre 2016, qui avait conclu à l’inapplicabilité de l’Accord en question au territoire non autonome du Sahara occidental. L’ambassadeur algérien auprès de l’UE a expliqué que la démarche de la Commission contredit également les déclarations bienvenues d’officiels européens, dont le Commissaire européen à l’énergie et au climat, Miguel Arias Caneté, en janvier 2017, et celle de la Haute représentante de l’UE, Federica Mogherini, dans le sens où cette dernière a reconnu, dans une communication écrite datée du 4 mai dernier en réponse à la question d’un eurodéputé, que le Sahara occidental est inscrit sur la liste des territoires non autonomes de l’Onu et que son statut définitif continue de faire l’objet d’un processus de négociation mené sous l’égide des Nations unies, dont l’UE ne peut préjuger de l’issue. Il a relevé que sous la pression d’influents gouvernements européens alliés du Maroc, et pour ne pas mécontenter ce dernier, la Commission européenne n’envisage pas d’associer le Front Polisario, unique représentant légitime du peuple sahraoui, au processus de négociations en cours, indiquant qu’à travers cette démarche exclusive, la partie européenne s’accommoderait d’une entité fantoche créée, de toutes pièces, par les autorités marocaines, érigée en représentant des Sahraouis. Le prochain round de négociations, prévu les 18 et 19 juillet à Rabat, devrait consacrer, malheureusement, les termes de ce marchandage destiné à contourner l’arrêt de la Cour de Justice de l’UE, a-t-il déploré, affirmant que la conjugaison de ces éléments produit une situation extrêmement préjudiciable qui pourrait potentiellement affecter le bon déroulement du processus politique que le nouveau Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, tente de redynamiser avec l’appui unanime des membres du Conseil de sécurité de l’Onu, et ce quelques semaines seulement après la nomination de l’allemand Horst Kohler en tant qu’envoyer personnel du SG/Onu au Sahara occidental. Il a considéré que le Maroc consolide progressivement et dans l’indifférence générale son occupation illégale du territoire sahraoui et va jusqu’à délimiter unilatéralement ses frontières, sans que personne ne trouve rien à en redire , faisant observer que la démarche de la Commission européenne s’apparente à une prime à l’intransigeance du Maroc, qui se voit ainsi encouragé à poursuivre, en toute impunité, ses actions obstructives sur la voie du règlement du conflit et à consolider sur le terrain l’occupation d’un territoire sur lequel aucun Etat au monde ne reconnait la souveraineté du Maroc.
 

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