samedi 28 mars 2020 19:02:22

RÉACTIONS AU DISCOURS À LA NATION DU PRÉSIDENT BOUTEFLIKA : Une volonté de rassembler

Dépénalisation des délits de presse : Une avancée considérable

PUBLIE LE : 16-04-2011 | 20:08
D.R

Bouguerra Soltani
“Un nouveau programme pour une nouvelle Algérie”M. Bouguerra Soltani, président du MSP a souligné hier depuis la station thermale de Hamam Righa, que le discours à la Nation du Président de la République s’apparentait à « un nouveau programme pour une nouvelle Algérie » à condition cependant, nuance t-il, que les « exécutants comprennent la lettre et l’esprit des décisions annoncées par le Président de la République » et de faire part d’un certain pessimisme « je ne veux pas devancer les événements mais j’ai bien peur qu’ils ne l’aient pas bien compris ».
Pour ce faire, le leader du MSP tout en saluant « la grande volonté politique » pour faire aboutir ces réformes préconise d’arrêter tout d’abord un calendrier précis, de définir les priorités au nombre desquelles en premier lieu la révision de la Constitution et d’éviter surtout que « l’administration ne soit juge et partie ».
Le leader du MSP qui clôturait une rencontre de la jeunesse de sa base militante a demandé aux jeunes d’être vigilants « pas pour votre Mouvement ou vos associations mais pour l’Algérie», une Algérie qu’il estime être à la croisée d’une nouvelle ère après les 19 années de l’état d’urgence et la décennie du drame national.
A. M. A.

Farouk Ksentini : président de la commission des droits de l’homme
«La contribution des partis politique garantit un travail de qualité»
A travers son discours le Président de la République annonce le renforcement du champ politique à travers des reformes profondes qui toucheront tous les textes fondamentaux de la République. La Constitution, la loi électorale, la loi sur les partis, le texte régissant les associations et même le code de l’information, subiront des révisions qui seront à la mesure des aspirations exprimées.
Sollicité pour réagir au discours du Président en tant que juriste et homme de loi,  Maître Farouk Ksentini pense le plus grand bien de ces réformes annoncées par le Président de la République « qui a pris soin de nous indiquer que les révisions seront réfléchies par une commission qui comprendra tous les courants politiques sans préalable».
Pour le président de la commission des droits de l’homme « la composition du Conseil constitutionnel qui assurera la concrétisation des reformes annoncées, garantie  la qualité du travail qui sera accomplie». Il faut préciser en effet que dans son discours le Président de la République a indiqué que tous les partis politiques y compris ceux qui ne siègent pas à l’APN  seront associés à l’élaboration de certaines réformes annoncées.
Pour ce qui est de la révision de la Constitution , maître Ksentini se dit favorable pour la limitation du mandat du Président de la République afin, dit-il, de permettre une alternance du pouvoir, il propose toutefois de  rallonger la durée du mandat de à 7 ans «  afin de donner au Président élu le temps d’exercer son pouvoir et d’asseoir sa politique».
 Concernant les réformes qui devront toucher la loi relative aux partis politiques , l’avocat se déclare satisfait par cette perspective car « cela permettra d’ouvrir le champ politique à l’expression plurielle » toutefois, maître Ksentini insiste sur le fait d’interdire la pratique politique au partis à tendance islamiste. Il estime par ailleurs que « la révision de la loi électorale permettra à la société d’être équitablement représentée.     
Farida Larbi

Dépénalisation des délits de presse
Une avancée considérable
Le Président de la République qui a annoncé vendredi une série de réformes visant à renforcer le processus démocratique et à consolider l’Etat de droit a évoqué la révision de la loi sur l’information de manière «à introduire des repères d’une charte déontologique et à compléter la législation actuelle, notamment à travers la dépénalisation du délit de presse».
Ce dernier point relatif à la dépénalisation du délit de presse, tant soulevé par la corporation, a été bien accueilli par certains confrères même si d’autres ne décèlent aucune allusion faite dans le discours du Président à l’abrogation des deux articles 144 et 144 bis du code pénal prévoyant des peines d’emprisonnement pour les journalistes.
Les collègues contactés hier par nos soins ont chacun à sa manière interprétée la déclaration du Chef de l’Etat concernant la loi sur l’information.   
Arezki Louni, directeur de la rédaction Algérie News apprécie l’initiative et estime que  la dépénalisation du délit de presse est un point positif. «C’est une revendication qui date depuis la décennie 90. Les journalistes ont toujours plaidé en faveur d’une charte éthique et déontologique qui leur évitera de recourir aux chambres destinées aux journalistes au niveau des tribunaux, a-t-il rappelé.  L’annonce faite par le Président est, de son avis, un pas vers l’amélioration de la liberté de la presse d’autant plus, poursuit-il, que  la tendance des procès des journalistes est en baisse ces dernières années. Tout en saluant cette «avancée considérable», notre interlocuteur espère que les textes d’applications ne tarderont pas à suivre et seront  soumis à concertation.
«La balle est maintenant dans le camp de la corporation appelée à s’organiser dans une structure qui puisse représenter tous les journalistes dans un cadre consensuel loin des dissensions stériles».
De son côté, le président du Syndicat national des journalistes (SNJ), Kamel Amarni, estime que l’annonce du Président exige une clarification du fait qu’elle prévoit une révision du code de l’information en vue de dépénaliser le délit de presse alors que l’emprisonnement des journalistes est prévu dans le code pénal.
«Nous n’avons jamais demandé la révision du code de l’information mais nous revendiquons plutôt son application et son enrichissement avec un volet consacré à la presse électronique», dira le président du SNJ qui plaide également pour la réhabilitation du Conseil supérieur à l’information.
 S’agissant de la charte de déontologie, notre interlocuteur note qu’elle existe depuis juin 2000,  tout comme le statut de journaliste élaboré en 2008, reste, signale-t-il, à mettre en place un conseil de l’éthique et de le doter de prorogatives.
Le directeur du journal le Temps d’Algérie, Djamel Kaouane, se félicite quant à lui de l’annonce faite par le Président.
«Nous saluons la volonté d’ouverture exprimée par le Président de la République qui laisse la porte ouverte aux professionnels de la presse pour établir une charte déontologique.
Concernant la dépénalisation du délit de presse, il estime que le journaliste est avant tout un citoyen  qui doit répondre de ses actes publics sans qu’il passe par la prison.
«Le journaliste ne doit pas aller en prison mais doit être jugé par ses pairs à travers une structure qui veille sur la déontologie», a-t-il souligné.
Hamida B.

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