mardi 24 octobre 2017 01:24:45

Avion syrien abattu par Washington : Moscou : « Un acte d’agression »

Le conflit syrien tend à prendre, ces derniers temps, d’autres proportions beaucoup plus inquiétantes. Après l’attaque début avril d’une base aérienne de l’armée syrienne par l’aviation américaine, en réponse à l'attaque chimique présumée attribuée à Damas, les États-Unis ont confirmé dimanche avoir abattu un appareil de l'armée syrienne, qui aurait, selon la coalition dirigée par Washington, bombardé des forces luttant contre le groupe Daesh dans le nord de la Syrie.

PUBLIE LE : 20-06-2017 | 0:00
D.R

Le conflit syrien tend à prendre, ces derniers temps, d’autres proportions beaucoup plus inquiétantes. Après l’attaque début avril d’une base aérienne de l’armée syrienne par l’aviation américaine, en réponse à l'attaque chimique présumée attribuée à Damas, les États-Unis ont confirmé dimanche avoir abattu un appareil de l'armée syrienne, qui aurait, selon la coalition dirigée par Washington, bombardé des forces luttant contre le groupe Daesh dans le nord de la Syrie.

L’armée syrienne avait accusé plus tôt la coalition internationale dirigée par Washington d'avoir abattu un de ses avions dimanche dans la province de Raqa (Nord), où les troupes gouvernementales sur le terrain se rapprochaient considérablement des forces soutenues par les États-Unis.
«L'aviation de la coalition internationale a visé, cet après-midi, un de nos avions de combat dans la région de Resafa, dans le sud de la province de Raqa, alors qu'il menait une mission contre le groupe terroriste État islamique», a indiqué l'armée syrienne, dans un communiqué. Le communiqué précise que «l'avion a été abattu et le pilote porté disparu».
«Cette agression intervient au moment où l'armée et ses alliés progressent dans la lutte contre le groupe terroriste EI qui s'effondre dans la Badiya (désert syrien) sur plusieurs fronts», souligne le texte. Pour Moscou, c’est l’acte de trop. Déjà, l’incident de la base aérienne de Shayrat rasée par 59 missiles, selon les responsable de la Maison- Blanche, a provoqué une réaction virulente du Kremlin qui, dans la foulée, avait décidé, alors, de «renforcer les défenses antiaériennes de l'armée syrienne et d’entamer un forcing diplomatique en sollicitant une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’Onu». Lors de cette réunion, Moscou a accusé Washington d'avoir violé la loi internationale.
Tandis que l'ambassadrice américaine auprès des Nations unies a menacé d'une nouvelle action militaire américaine en Syrie. Hier, le Rubicon a été franchi encore une fois. Et encore une fois, la réaction russe ne s’est pas fait attendre. Moscou a qualifié cet acte  d’«agression». «Il faut considérer cette frappe comme la poursuite de la politique américaine visant à négliger les normes du droit international», a affirmé un vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, cité par l'agence officielle TASS. «Si ce n'est pas un acte d'agression, qu'est-ce que c'est alors ?» a-t-il souligné. «Si vous voulez, c'est une aide aux terroristes contre lesquels les États-Unis luttent en déclarant qu'ils mènent une politique antiterroriste», a estimé M. Riabkov.
 
La réponse russe

Ce nouveau pas dans l’escalade a poussé l’armée russe à considérer que tous les avions de la coalition internationale menée par les États-Unis volant à l'ouest de l'Euphrate «seront suivis» et «considérés comme des cibles» par la défense anti-aérienne et l'aviation russes en Syrie. Le ministère russe de la Défense annonce par ailleurs la suspension du canal de communication établi avec le Pentagone pour empêcher les collisions aériennes. «Les avions et les drones de la coalition internationale repérés à l'ouest de l'Euphrate seront suivis et considérés comme des cibles par les moyens terrestres de défense antiaérienne et par les moyens aériens», a annoncé le ministère russe de la Défense, dans un communiqué. La Russie dispose de systèmes de défense anti-aérienne S-300 et S-400, déployés notamment sur sa base de Hmeimim en Syrie, ainsi que de dizaines de chasseurs et de bombardiers opérant depuis fin septembre 2016 en soutien à l'armée régulière.
Concrètement, les moyens russes de défense antiaérienne au sol viseront, sans nécessairement tirer, les aéronefs volant à l'ouest de la ligne Raqa-Deir Ezzor. Et des chasseurs russes pourront être mis en branle pour intercepter avions et drones de la coalition menée par les États-Unis. Moscou accuse également Washington de n'avoir pas «prévenu» l'armée russe qu'elle allait abattre cet avion, et exige que le commandement américain mène «une enquête approfondie» sur les agissements de ses militaires au cours de cet incident. «Au moment (de cet évènement), des avions de l'armée russe effectuaient des missions dans l'espace aérien syrien. Pourtant, le commandement des forces de la coalition n'a pas utilisé les canaux de communication existants», poursuit le communiqué de l'armée russe. En conséquence, la Russie suspend les canaux de communication existants avec les États-Unis dans le cadre du mémorandum sur la prévention des incidents aériens en Syrie. Moscou considère les actions de Washington comme un «non-respect délibéré» de cet accord signé en octobre 2015.
Peu après la destruction de l’avion syrien, des combats ont éclaté pour la première fois entre les troupes régulières et les FDS, une alliance arabo-kurde soutenue par les États-Unis, dans la province de Raqa. Les affrontements se déroulaient tard en soirée dans deux villages à une quarantaine de km au sud de la ville de Raqa. C'est la première fois qu'il y a de vrais combats entre les deux bords en Syrie. L'armée syrienne a avancé dimanche dans la province de Raqa face à Daesh, dans le cadre d'une offensive qui vise à gagner la province voisine de Deir Ezzor (Est), contrôlée en majorité par les terroristes.
Les troupes régulières sont arrivées aux portes de la localité de Resafa, à une quarantaine de km au sud-ouest de la ville de Raqa, principal fief de l'EI. Le gouvernement veut, à travers la province de Raqa, parvenir à la province pétrolière de Deir Ezzor, plus à l'est. L'avancée du gouvernement dimanche a été possible après la prise de plusieurs villages depuis vendredi. La guerre en Syrie, qui a fait 320.000 morts en six ans, s'est transformée en un conflit très complexe, avec la montée des terroristes et l'implication de puissances régionales et internationales
    M. T.
 

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions