jeudi 14 dcembre 2017 17:56:46

Enfumade de la tribu des Ouled Riyah : un crime contre l’humanité

Ahmed Zabana : un exemple de courage

PUBLIE LE : 20-06-2017 | 0:00
Ph. : Wafa

Pour Bachir Madini, le maître de conférences à l’université de Blida 2, la politique féroce adoptée par l’autorité coloniale de la France ne doit pas être jetée aux oubliettes, bien au contraire, «c’est notre droit le plus absolu de perpétuer la mémoire et d’édifier des instances chargées d’étudier les faits commis par la France coloniale durant 132 ans».
Lors d’une conférence historique organisée au musée du Moudjahid à Alger, en présence des corps de la gendarmerie, de la police et des douanes, ainsi que le doyen de la diplomatie algérienne, Salah Belkobbi, et des chercheurs en histoire, Bachir Madini, a exposé au public un évènement douloureux de notre histoire. Il s’agit  de l’enfumade de la tribu des Oulad Riyah, dans les montagnes du Dahra à Mostaganem.
C’est  un des crimes commis par  la France coloniale. Plus  de 1.500 hommes, femmes, enfants et vieillards assassinés dans les grottes de «Ghar El-Frachiche». Le conférencier a attiré l’attention du public  que «les autochtones de la région n’avaient pas d’armes pour se défendre, selon des témoignages et des archives de la France».
Dans le même cadre, Bachir Madini a fait la distinction entre génocide et enfumade, précisant que la France en 1845 a commis une enfumade et pas un génocide à Ouled Riyah.  
 Selon des informations, le général Cavaignac avait inauguré, une année avant, l’ancêtre de la «chambre à gaz», que le colonel Pélissier utilisera pour mater l’insurrection des Ouled Riyah dans le Dahra.
Les insurgés avaient pourtant «offert de se rendre et de payer une rançon contre la vie sauve», ce que le colonel refusa. L’imagination déchaînée et bestiale des premières décennies de la conquête sera «très riche».
On payera des spahis à 10 francs la paire d’oreilles d’un indigène, preuve qu’ils avaient bien combattu. «Un plein baril d’oreilles récoltées paire à paire, sur les prisonniers, amis ou ennemis.» Hommes, femmes, enfants et troupeaux se sont, à l’arrivée de la colonne française, réfugiés dans leurs grottes.
«On en a fait le siège. Pélissier a fait mettre le feu. Cinq cents victimes, dit le rapport officiel. Aux environs de mille, témoignera un officier espagnol présent. Tous les cadavres étaient nus, dans des positions qui indiquaient les convulsions qu’ils avaient dû éprouver avant d’expirer. Le sang leur sortait par la bouche.» Pour sa part, le moudjahid Mohamed Kechoud a tenu à préciser que les soldats de l’armée française  ont reçu des instructions pour poursuivre les Algériens et de les assassiner.

Ahmed Zabana : un exemple de courage

Après avoir évoqué son parcours en tant que membre d’une famille de la capitale de l’Ouest, et son parcours professionnel comme  soudeur, Mohamed Kechoud a rappelé qu’Ahmed Zahana dit Zabana et H’mimed au sein de sa famille est considéré comme un exemple de bravoure et de fidélité pour la patrie.
Après avoir rappelé que le martyr avait été guillotiné, le 19 juin 1956, à la prison de Barberousse (Serkadji) à Alger, Mohamed Kechoud a rappelé les dernières paroles d’Ahmed Zabana aux bourreaux : «L’Algérie avec nous ou avec d’autres sera indépendante et complètera son recouvrement de la souveraineté.»
Hichem Hamza

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