lundi 18 dcembre 2017 10:13:40

Hommage aux guillotinés de la guerre de libération : Un mémorial du souvenir

Pour le chercheur en histoire et auteur, Mohamed Rebah, que nous avons reçu, à la veille de la commémoration de la « Journée du 19 Juin 1956», le quartier des guillotinés au cimetière El Alia, est un lieu de mémoire.

PUBLIE LE : 19-06-2017 | 0:00
D.R

Pour le chercheur en histoire et auteur, Mohamed Rebah, que nous avons reçu, à la veille de la commémoration de la « Journée du 19 Juin 1956», le quartier des guillotinés au cimetière El Alia, est un lieu de mémoire. C’est pour cela que l’édification d’une stèle à la mémoire de ces suppliciés s’avère nécessaire. C’est comme «une petite pierre blanche sur les sentiers de la lutte pour la mémoire».
L’auteur Mohamed Rebah nous a confié la liste des suppliciés enterrés au cimetière à El Alia.

Trois symboles

Le premier à subir le supplice de la guillotine fut Ahmed Zabana, le 19 juin 1956, à la prison de Serkadji. Il fut enterré à El Alia, carré numéro 16, tombe numéro 285 (mais ses restes ont été transférés le 18 juin 1975 au cimetière du village ex-Saint Lucien). Ahmed Zabana était un ouvrier soudeur de trente ans. Capturé vivant, blessé, il fut affreusement torturé. Ahmed Zabana est un symbole. L’autre symbole est Fernand Iveton. Fidai de la Zone autonome d’Alger, ancien militant du Parti communiste algérien, il fut accusé d’avoir déposé une bombe dans le vestiaire de l’usine à gaz d’Alger, bombe réglée par Taleb Abderrahmane pour exploser à 19h 30, après le départ du personnel. Fernand Iveton fut exécuté le 11 février 1957, le même matin, à l’aube, que ses compagnons d’armes, Mohamed Lakhnèche et Mohamed Ouennouri. Fernand Iveton est enterré au cimetière chrétien de Bologhine (ex-Saint Eugène). L’autre symbole est Taleb Abderrahmane, guillotiné le 24 avril 1958. Mohamed Rebah lui a consacré un livre. Il le présente comme le symbole de la jeunesse intellectuelle de la Casbah d’Alger, engagée dans la lutte armée pour l’indépendance nationale. Devant le tribunal, le 7 décembre 1957, Taleb Abderrahmane a fait une déclaration qui entre dans l’Histoire de notre pays. Il a dit en substance : « On demande ma tête, encore et pour la troisième fois. Mais, Messieurs, je suis un mort en sursis et, croyez-moi, ma troisième condamnation à la peine capitale ne m'effrayera point. Pour ma patrie, pour mon idéal, et pour mon peuple, périr n'est qu'un sublime sacrifice auquel je suis déjà résigné. Et, en résistant, en soldat digne de l'être, à l'exemple de mes frères déjà martyrisés, je saurai mourir. Et, si vous avez à prononcer le verdict monstrueux qu'on réclame contre nous, soyez persuadés que la guillotine est pour nous ce que la croix représente dans vos églises L’Algérie sera libre envers et contre tout». Taleb Abderrahmane est enterré à El Alia, au quartier des guillotinés, carré 22, tombe 166, auprès d’autres suppliciés.
    Hichem Hamza
 

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