lundi 18 dcembre 2017 06:13:51

Engouement pour le pain traditionnel : la baguette dans le pétrin

Le pain confectionné à la maison prend de plus en plus le pas sur le pain du boulanger, en cette période de Ramadhan. Malgré le rapport prix-qualité-consistance-hygiène, le pain fait-maison, se présentant sous différentes formes, est vendu plus facilement.

PUBLIE LE : 19-06-2017 | 0:00
D.R

Le pain confectionné à la maison prend de plus en plus le pas sur le pain du boulanger, en cette période de Ramadhan. Malgré le rapport prix-qualité-consistance-hygiène, le pain fait-maison, se présentant sous différentes formes, est vendu plus facilement.

Il  est souvent préparé à base de farine de blé dur, d’orge ou parfois même du son ou de l’avoine pour ceux qui souffrent de maux d’estomac ou du côlon.... Les fibres contenues dans le pain, particulièrement le pain traditionnel, selon le Dr Ramdani  Radia, diététicienne, « ont un grand intérêt pour la santé. Elles sont utilisées pour traiter les complications de certaines affections intestinales et même des cancers du côlon. Elles sont également importantes pour le contrôle du poids ou de l'obésité, car généralement on est plus rassasié quand on consomme du pain. Les fibres sont utiles aussi pour équilibrer et maintenir sa glycémie (le taux de sucre dans le sang) car elles contiennent des sucres lents qui se dégradent lentement dans le sang. De même, elles ne contiennent que très peu de lipides ou de matières grasses à l'origine de plusieurs maladies nutritionnelles, telles que l'obésité et le cholestérol.
Ces fibres ont un bon apport en protéines conséquent, or généralement dans notre alimentation quotidienne on consomme plus de protéines animales que  végétales», dira la spécialiste. On comprend donc l’importante demande du pain fait-maison durant le mois du ramadhan.  « Si pendant les jours ordinaires, j’arrive à cuisiner et à faire mon ménage, durant le Ramadhan, je ne suis plus en mesure d’assurer les travaux ménagers, et ce tant que je suis prise  par la préparation du pain traditionnel. Heureusement que ma fille est là pour m’aider », nous confia Kelthoum, une veuve pour qui  la vente de pain repésente «son gagne-pain». D’ailleurs, presque dans tous les marchés du pays, des femmes, hommes et des enfants jeunes et moins jeunes, s’adonnent à ce petit métier de vendeur de pain traditionnel.

Une industrie de fortune

Il est à noter que toutes ces femmes œuvrant dans cette «industrie de fortune» ne bénéficient d'aucune couverture sanitaire, ni sécuritaire. Ce système «D», devenu un métier porteur pour des milliers de femmes, demeure des plus périlleux, mais également pour ces enfants postés aux bas-côtés des routes et à la merci des aléas de l'imprévu. Plusieurs enfants ont déjà été victimes d'agressions crapuleuses et
beaucoup ménagères victimes de brûlures et d'accidents domestiques. Cette activité informelle attire de plus en plus de femmes au foyer et des jeunes filles qui, spécialement ce mois de ramadhan mois, en tirent profit mais qui cependant subissent aussi les aléas de l’informel. Si ce marché parallèle a réussi à se pérenniser, jusqu'à présent, et à détrôner le reste des offres du marché réglementé, beaucoup reste à faire, sur le plan socio-économique et législatif.
 Socialement approuvée, ces activités gagneraient à être encadrées. En matière d’hygiène, c’est un autre débat. Toutes sortes de pain sont  exposées, à l’air libre, non loin des dégagements des gaz de voitures. C´est plus que ne peuvent contenir les étagères. Tout cela est beau, mais il est impératif que les pouvoirs publics se penchent sérieusement sur cette façon de vendre du pain à tout-va, sur les étals de marché, sur les trottoirs défiant toutes les consignes d´hygiène requises pour ce type commerce. Bien que la galette-maison trône comme une star sur toutes les «meidas» d’Algérie, il serait intéressant de voir dans quelles conditions d´hygiène ces «matlouh», «kesra»...sont préparées.  
Les consommateurs, même les plus prudents en matière d'hygiène, finissent généralement par céder à leurs envies, et se rabattent sur les produits proposés sur le marché parallèle, particulièrement le pain fait- maison. «J'ai 6 enfants à nourrir et je ne peux me permettre 10 pains traditionnels par jour alors, je me tourne vers la baguette et je n'achète qu'un ou deux pains traditionnels pour accompagner la chorba », nous dira un consommateur rencontré au marché de Bab-el-Oued.
Farida Larbi
 

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