lundi 23 octobre 2017 07:08:32

Gabriel

Gabriel descend avec le Message, qu'il fait lire à Muhammad. Muhammad commence par éprouver de la peur. Khadija le réconforte.

PUBLIE LE : 14-06-2017 | 0:00
D.R

Par  Mahmoud Hussein - 18e partie

Gabriel descend avec le Message, qu'il fait lire à Muhammad. Muhammad commence par éprouver de la peur. Khadija le réconforte. La nouvelle de l'événement commence à se répandre parmi les Arabes. Un rabbi prédit aux juifs un massacre.
Muhammad avait atteint la quarantaine et Khadîja lui avait donné quatre filles, ainsi qu'un fils, al-Qâsim, qui était mort au berceau.

Cette année-là, au mois de Ramadan, Muhammad quitta La Mecque avec sa famille, pour faire retraite sur les hauteurs de Harâ'. Une nuit, Gabriel vint à lui avec le Message.
Gabriel est venu à moi pendant que je dormais. IL tenait une pièce de brocart contenant un écrit et me dit :
— Lis.
Je dis :
—Je ne sais lire. Je n'ai jamais lu et ne sais le faire. Je n'écris ni ne lis.
Il me serra très fort, au point que je crus la mort venue, puis il me lâcha et me dit :
— Lis
Je dis :
— Quoi lire? Je ne vois rien à lire et ne lis ni n'écris.
Je ne parlai ainsi que pour éviter qu'il ne m'inflige une deuxième fois ce qu'il venait de m'infliger. Alors il dit :
— Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé l'homme d'un caillot, Lis. Ton Seigneur est le Très-Généreux, qui, avec le calame à enseigné à l'homme ce qu'il ne savait pas.
Je lus après lui et il finit par me quitter.
Je me réveillai en sursaut. C'était comme si ses paroles avaient été inscrites dans mon cœur.
De toutes les créatures de Dieu, aucune ne m'était plus odieuse que le poète ou le possédé. Je ne supportais même pas la vue de l'un ou l'autre. Je me dis : « Muhammad ibn 'Abd Allâh, serait-il devenu un poète ou un possédé ? Non, on ne me prendra jamais pour l'un ou l'autre. J'irai plutôt me jeter d'une hauteur. Je me tuerai et je serai délivré. »
Je sortis dans l'intention de le faire mais, parvenu à mi-chemin, j'entendis une voix venant du ciel, qui me disait :
— O Muhammad, tu es le Messager de Dieu et je suis Gabriel.
Je levai la tête vers le ciel et vis Gabriel, sous la forme d'un homme dont les pieds barraient l'horizon, qui me disait :
— 0 Muhammad, tu es le Messager de Dieu et je suis Gabriel.
Je m'arrêtai pour le regarder, oubliant ce que j'avais résolu de faire, n'avançant ni ne reculant. Puis je tentai de détourner mon visage de lui, mais quelle que fût la direction dans laquelle j'orientai mon regard, je ne cessai de le voir, couvrant l'horizon. Alors je demeurai immobile à ma place, sans avancer ni reculer et cela pendant si longtemps que Khadîja envoya à ma recherche des gens qui allèrent jusqu'à La Mecque et en revinrent, tandis que je demeurais immobile à ma place.
Puis Gabriel me quitta et je redescendis vers les miens. J'allai vers Khadîja et me blottis contre sa cuisse. Elle me dit :
— 0 Abû al-Qâsim, où donc étais-tu? Par Dieu, j'ai envoyé après toi des gens qui sont allés jusqu'à La Mecque et en sont revenus.
Je lui dis :
— Muhammad est devenu un poète ou un possédé.
Elle dit :
—Dieu te préserve de cela, Abû al-Qâsim. Dieu ne te fera pas cela, sachant ce que je sais de la scrupuleuse honnêteté, de ta parole, de ta scrupuleuse honnêteté, de ta haute moralité et de ta fidélité aux liens de parenté. Qu'est-ce donc qui te préoccupe, cousin ? As-tu vu quelque chose?
Je lui dis :
— Oui.
Puis je lui racontai ce que j'avais vu. Elle me dit :
— Réjouis-toi, cousin, et reste ferme. Par Celui qui tient en Sa main l'âme de Khadîja, tu seras, je l'espère, le Prophète de cette nation.
Les Arabes étaient persuadés que, comme les devins, les poètes étaient inspirés par les démons. Que chaque poète avait le sien, qui se manifestait à lui sous une forme visible. Les poètes pouvaient ainsi parler à leurs démons qui, de leur côté, ne se privaient pas de plaisanter avec leurs poètes ou même de leur jouer des tours.
Ce fut ce qui arriva un jour au poète al-A`sha en route pour le Yémen. À la faveur d'une halte, il voulut prendre un peu de repos et, apercevant une tente en poil de chameau, y pénétra. Il se trouva en présence d'un vieillard qui lui fit le meilleur accueil puis, après lui avoir offert à manger, s'enquit de ce qu'il savait faire. Al-A`sha lui ayant dit qu'il composait des poèmes, le vieillard lui demanda d'en réciter quelques-uns. Or, dès qu'A`sha commençait un poème, le vieillard appelait une servante et lui enjoignait de réciter la suite, ce qu'elle faisait sans hésiter. Al A`sha en fut si troublé qu'il fut pris d'un violent trembler, Lorsqu'il le vit dans cet état, le vieillard sourit et dit :
— Rassure-toi. Je suis ton inspirateur. C'est moi qui te dicte les vers que tu récites.
Khadîja se leva, s'enveloppa dans ses vêtements et sortit de la grotte. Puis elle s'élança vers La Mecque, pour aller voir son Waraqa ibn Nawfal. Quand elle fut chez lui, elle lui dit :
— Qui est Gabriel?
Revêtu de la robe des prêtres, Waraqa ibn Nawfal dit :
— Louange à Dieu, le Très-Saint. Gabriel est l'Archange de Dieu, Son délégué auprès de Ses Prophètes.
Khadîja lui rapporta ce que lui avait raconté son mari. Et Wars. qa ibn Nawfal dit :
—Si ton compagnon a eu cette vision, c'est un Prophète. je serai heureux qu'il en soit ainsi. Je serai alors pour lui un serviteur aussi bien qu'un cousin.
Khadîja quitta Waraqa ibn Nawfal, pour aller retrouver son mari et ses enfants à Harâ' . En chemin, elle croisa 'Addâs, l'esclave de Utba ibn Rabî’a. ‘Adclas étant chrétien, Khadîja lui demanda :
— Parle-moi de Gabriel, ‘Addas.
Il lui dit
— Par le Très-Saint, comment se fait-il que Gabriel soit cité en ce pays d'adorateurs d'idoles? Gabriel est l'Archange de Dieu. Il ne peut être envoyé qu'à un Prophète.
Khadîja revint auprès de Muhammad et lui rapporta les paroles de Waraqa ibn Nawfal, puis celles de 'Adclas, ce qui soulagea quelque peu le Messager de Dieu.
Plus tard, Khadîja dit à son mari :
— Cousin, pourrais-tu me prévenir de la présence de ce compagnon, s'il revient te voir ?
Muhammad lui dit :
— Oui.
Lorsque Gabriel vint le retrouver, le Messager de Dieu dit à sa femme :
—Khadîja, Gabriel est revenu.
Sa femme lui dit :
— Cousin, viens t'asseoir sur ma cuisse gauche.
Muhammad vint s'asseoir sur sa cuisse gauche et elle lui demanda:
—Le vois-tu?
Il répondit :
— Oui.
Déplace-toi pour t'asseoir sur ma cuisse droite.
Muhammad se déplaça pour s'asseoir sur sa cuisse droite et elle lui demanda :
— Le vois-tu?
Il répondit :
— Oui.
— Assieds-toi sur mes genoux.
Muhammad s'assit sur ses genoux et elle lui demanda :
— Le vois-tu?
Il répondit :
— Oui.
Alors Khadîja demanda :
— Le vois-tu?
Il répondit :
— Non.
— Reste ferme, cousin et réjouis-toi. Par Dieu, c'est un ange et non pas un démon.
Lorsque le Messager de Dieu eut terminé sa retraite et quitté Harâ’ pour la Mecque, il fit comme faisaient tous les siens après leur retraite, avant de renter chez eux, il alla tourner autour de la Ka'ba. Là il rencontra W ibn Nawfal, qui lui demanda :
— Dis-moi, cousin, l'ange est-il revenu te voir? Et s'il est rêve, nu, qu'a-t-il dit?
Le Messager de Dieu lui raconta ce qu'il s'était passé durant sa retraite et Waraqa ibn Nawfal lui répéta ce qu'il avait déjà dit, Khadîja, ajoutant :
— Par Celui qui tient mon âme en Sa main, tu seras démenti tu seras maltraité, tu seras chassé, tu seras combattu. Si je vis jusque-là, je me rangerai sans hésiter dans le camp de Dieu.
Puis il prit la tête du Messager de Dieu et la baisa.  
Gabriel dit au Messager de Dieu :
— 0 Messager de Dieu, Khadîja t'apporte de quoi manger et de quoi boire. Quand elle viendra vers toi, transmets-lui le salut de Dieu et le mien, et annonce-lui que l'attend au Paradis une demeure faite d'or, où elle ne connaîtra ni désagrément ni fatigue.
 Au dire de `Â'isha  Le Messager de Dieu cessa de recevoir la Révélation pendant un certain temps. Voyant sa peine, Khadîja lui dit :
— On dirait que ton Dieu t'a abandonné.
Si grande était sa peine, qu'il fut plusieurs fois sur le point de se jeter du haut d'une colline. Mais chaque fois qu'il arrivait au sommet, Gabriel lui apparaissait pour lui dire :
O Muhammad, tu es bien le Messager de Dieu.
Sa peine était alors effacée et son coeur apaisé. Il renonçait à se jeter. Mais la Révélation tardant à se manifester, il renouvelait sa tentative et Gabriel revenait pour le rassurer.
Alors, un jour qu'il était sorti avec l'intention de se jeter du haut d'une colline, Gabriel lui révéla :
Par l'éclat du jour, par la nuit déployée, Ton Seigneur ne t'abandonne ni ne te hait. Oui, l'autre vie te sera meilleure que celle-ci. Ton seigneur te donnera et tu seras comblé. Ne t’a-t-il pas trouvé orphelin, et prodigué un abri ? Trouvé dans l’errance, et guidé. Trouvé pauvre, et enrichi ?
Le Messager de Dieu dit :
Je fis à mon Seigneur une demande que j'aurais souhaité ne pas avoir faite. Je dis :
— Seigneur, parmi les Prophètes qui me précédèrent, il y en eut comme Salomon à qui Tu soumis le vent, comme Jésus, fils de Marie, qui ressuscita les morts, et d'autres encore...
Mon Seigneur dit :
«Ne t'ai-je pas trouvé orphelin et prodigué un refuge?»
Je dis :
«Si.»
Mon Seigneur dit :
«Ne t'ai-je pas trouvé dans l'errance et guidé?»
«Si.»
Mon Seigneur dit :
« Ne t'ai-je pas trouvé pauvre et enrichi? »
— Si, Seigneur.
Mon Seigneur dit :
«Ne t'ai-je pas ouvert la poitrine et soulagé de ton fardeau?»
— Si, Seigneur.
Un jour où le Messager de Dieu se trouvait sur les hauteurs de La Mecque, Gabriel lui apparut sur une côte. Il frappa du pied le sol et une source jaillit. Il fit ses ablutions sous les yeux du Messager de Dieu, qui fit ensuite comme il l'avait vu faire. Puis Gabriel fit sa prière et le Messager de Dieu fit de même.
Le Messager de Dieu alla voir Khadîja, la première à avoir cru en lui, Il lui montra comment faire ses ablutions, puis sa prière. Elle fit ses ablutions, puis sa prière, comme elle avait vu faire le Messager de Dieu.
Au dire de `Â'isha :
Au début le Messager de Dieu reçut l'ordre de faire deux plis par jour, comprenant chacune deux prosternations. Puis le Très-Haut ordonna de porter à quatre le nombre des prosternations en ville. Mais il retint le nombre de deux durant les voyages.
Al-’Abbas ibn ‘Abd al-Muttalib, l'oncle du Messager de Dieu, était lié d'amitié avec Abû Sufyân ibn Harb. Il raconte :
J'étais parti en voyage d'affaires au Yémen, en compagnie d'Abii Sufyân ibn Harb. Lorsque nous fûmes arrivés à destination, nous convînmes de préparer chacun à tour de rôle le repas du soir et d'y convier nos amis communs. Un jour, alors qu'il m'incombait de préparer le repas, Abû Sufyân me dit :
— Veux-tu le préparer mais le faire porter dans ma tente? Nous prendrons ce repas chez moi, aujourd'hui.
J'acceptai et fis porter les plats dans sa tente, où nous nous rendîmes tous. Après le repas, lorsque les autres convives se furent retirés, Abû Sufyân me retint seul et me dit :
— Sais-tu que ton neveu prétend être le Messager de Dieu?
Je lui demandai :
— Lequel de mes neveux?
Il dit :
— Tu ne vas pas jouer à ce jeu avec moi. Il n'y a qu'un seul de tes neveux qui puisse prétendre cela.
—  Lequel donc?
— Muhammad ibn 'Abd Allâh.
— Il ne ferait pas cela.
— Il l'a fait.
Il me montra une missive qu'il avait reçue de son fils Handhala, où il était écrit : « Muhammad ibn 'Abd Allâh est allé dire sur le mont al-Abtah : "je suis le Messager de Dieu et je vous convie à suivre la voie de Dieu.» »
Je remarquai :
— Et s'il disait vrai?
— Doucement. Je n'aime pas t'entendre dire cela. Par Dieu, je commence à me demander si tu n'es pas au courant de cette affaire. Quraysh a toujours pensé que vous autres, les Banû’Abd al-Mutalib aviez de bons côtés, mais aussi des côtés malfaisants, dont nous tous n'avons cessé de subir les conséquences. Tu le sais bien.
Je reconnus
— Oui, je sais.
Il dit :
— Par Dieu, cette affaire tient à vos côtés malfaisants.
— À moins qu'elle ne tienne à nos bons côtés.
La plupart des grands chroniqueurs considèrent que Gabriel est apparu plusieurs fois au Prophète, avant de lui faire lire le Message. On a, plus tardivement, pensé que Gabriel était porteur du Message dès sa première apparition. Quels furent les premiers versets révélés ? Certains penchent pou les versets : «O toi qui portes un manteau, Lève-toi et averti, Glorifie ton Seigneur, Purifie tes vêtements. Fuis l’abomination ! D'autres penchent pour les versets XCVI,1-5, qui sont cités dans ce chapitre.

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