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La prophetie : Signes

Muhammad apprend d'un mystérieux voyageur qu'il est le Prophète de Dieu. Hûd et Sâlih, deux Prophètes arabes des temps anciens.

PUBLIE LE : 11-06-2017 | 0:00
D.R

Par  Mahmoud Hussein - 15e partie

Muhammad apprend d'un mystérieux voyageur qu'il est le Prophète de Dieu. Hûd et Sâlih, deux Prophètes arabes des temps anciens. Le trouble de Umayya ibn Abû al-Salt. Les signes du ciel se multiplient. Muhammad commence à entendre l'Ange Gabriel.
Le Messager de Dieu dit :
Un jour, alors que je me trouvais sur les hauteurs de La Mecque,
je vis apparaître sur une chamelle un homme vêtu de noir, qui me
dit :
—Y a-t-il en ce lieu un dénommé Ahmad ?
Je dis :
— Il n'y a d'Ahmad, ni de Muhammad, que moi.
L'homme donna une tape à sa monture, qui s'agenouilla. Il s'approcha de moi, me découvrit le dos et examina le sceau qui se trouve entre mes deux épaules. Puis il dit :
— Tu es le Prophète de Dieu.
Je dis :
— Moi, prophète?
L'homme dit :
— Oui.
Je dis :
 — De quelle mission serai-je chargé? Il dit :
— Celle de décapiter les tiens.
Puis il dit :
— Y a-t-il de quoi manger?
Je partis retrouver Khadîja et la mis au courant. Elle eut cette
parole, la plus tranchante qu'elle ait jamais eue à mon propos :
—IL vaudrait mieux que cela n'arrive pas.
Je portai ensuite à l'homme quelques provisions. Il les prit et dit :
— Louange à Dieu qui, avant de mettre fin à mes jours, a voulu que Son Prophète m'apporte de la nourriture dans son propre vêtement.  
 Les Mecquois évoquaient alors l’histoirs de deux prophètes arabes, Hûd, envoyé par Diu aux gens de ‘Âd et Salih, envoyé par Dieu aux gens de Thamûd...
 Les tribus de `Âd et de Thamûd, descendant de Sem, fils de Noé, habitèrent le Yémen. Elles y vécurent adorant Dieu et suivant la juste voie. Et elles connurent une longue prospérité.
Puis les gens de 'Ad commencèrent à prier d'autres dieux que Dieu. Ils fabriquèrent des idoles et les adorèrent à la place de Dieu.
Lorsqu'ils agirent de la sorte, Dieu leur envoya Hûd*, qui les exhorta à revenir à l'unique Dieu, à n'adorer aucun autre dieu que Lui et à cesser d'opprimer les gens. Mais ils méprisèrent ses paroles et les rejetèrent en disant :
— Ne sommes-nous pas invulnérables?
Ils continuèrent de perpétrer une oppression féroce. Alors Dieu les priva de pluie durant trois années, leur infligeant de graves dommages.
 À cette époque, lorsque les gens étaient frappés par un malheur ou une calamité, ils se rendaient à la Mosquée de La Mecque, pour demander à Dieu la délivrance. Musulmans et infidèles le faisaient ensemble, sans distinction, car ils vénéraient tous La Mecque et savaient tous la valeur sacrée que lui accorde Dieu Tout-Puissant. Aussi, lorsque les pluies eurent cessé, ils se dirent :
— Envoyons une délégation à La Mecque, pour qu'elle intercède en notre faveur.
Ils choisirent parmi eux quelque soixante-dix hommes qu'ils dépêchèrent à La Mecque, alors habitée par les 'Amallq. Ces hommes se rendirent chez le seigneur Mu'âwiya ibn Bakr, qui les accueillit et leur offrit une généreuse hospitalité, car ils étaient ses oncles et ses beaux-frères. Ils demeurèrent chez lui un mois entier, à boire du vin, divertis par deux de ses esclaves. Voyant leur séjour s'étirer et constatant qu'ils avaient oublié les raisons pour lesquelles ils avaient été envoyés à La Mecque, Mu'âwiya en éprouva une grande peine, parce qu'il savait les souffrances endurées alors par leur peuple. Il s'en ouvrit à ses deux esclaves :
— Là-bas mes oncles et beaux-frères agonisent, tandis que leurs délégués se prélassent ici. Je ne sais quoi faire, car ils sont mes hôtes. Si je leur dis de sortir pour accomplir la mission dont ils sont chargés, ils risquent de penser que je leur reproche un trop long séjour chez moi. Or, je ne me soucie que de leur peuple, là-bas, qui meurt d'épuisement et de soif...
Ses esclaves répondirent :
— Compose un poème à ce sujet, que nous chanterons comme pour les divertir. Peut-être cela les remuera-t-il !
Mu'âwiya ibn Bakr composa un poème, que les deux esclaves chantèrent. Et les Yéménites se dirent :
— Notre peuple nous a chargés de l'aider à faire face aux calamités qui l'accablent, et nous l'avons négligé. Rendons-nous donc à cette Mosquée et prions pour le retour de la pluie.
L'un d'entre eux, Murtadd ibn Sa’d, qui s'était secrètement rallié au prophète Hûd, dit :
— Vous n'obtiendrez pas la pluie par vos prières, mais en obéissant à votre prophète, en vous en remettant à Dieu et en implorant son pardon.
Alors le doyen des Yéménites, Qayl ibn ‘Antar, demanda à Mu`àwiya :
— Retiens Murtadd loin de nous, afin qu'il ne nous accompagne pas à la Mosquée car il a embrassé la religion de Hûd et renié la nôtre.
Mais Murtadd put quitter la demeure de Mu`âwiya et rattraper la délégation avant qu'elle eût commencé les prières pour lesquelles elle était venue. Il implora Dieu en ces termes :
— Seigneur, exauce ma seule demande et ignore toutes les demandes de la délégation de ‘Âd...
De son côté, le chef de la délégation adressa cette prière à Dieu :
— Seigneur, je ne suis pas venu Te solliciter de guérir un malade ou de libérer un prisonnier, mais d'arroser ‘Ad comme Tu le
faisais !
Puis il ordonna à ceux qui l'accompagnaient d'entériner sa prière. Ils dirent :
— Seigneur, accorde à notre chef ce qu'il t'a demandé et ajoute notre prière à la sienne !
Dieu conçut alors trois nuages, le premier blanc, le deuxième rouge et le dernier noir. Et une voix se fit entendre depuis les nuages :
— Qayl, choisis pour toi l'un de ces trois nuages !
Qayl dit :
— Je choisis le nuage noir parce qu'il regorge d'eau.
La voix se fit entendre à nouveau :
—Tu as choisi de la cendre stérile, qui ne sera d'aucun secours pour le peuple de ‘Âd. Personne n'y survivra, ni ses fils ni ses pères, à l'exception des descendants de ‘Adîda al-Matira!
Les descendants de `Adida, une tribu de ‘Âd, avaient depuis longtemps quitté le Yémen, avec leurs oncles les ‘Amalîq, pour s'établir à La Mecque.
Dieu conduisit le nuage noir choisi par Qayl jusqu'à ‘Âd, au Yémen. Lorsqu'ils l'aperçurent, au loin, les habitants le crurent de bon
augure :
— C'est un présage de pluie.
Ce fut une femme de ‘Âd qui pressentit, la première, que ce nuage annonçait un vent de mort. Elle perçut les souffrances dont il était porteur et, poussant un terrible cri, perdit connaissance. Lorsqu'elle reprit ses esprits, ses parents lui demandèrent :
— Qu'as-tu vu?
— J'ai vu un ouragan semblable à une boule de feu, que des hommes conduisaient...
Lorsque l'ouragan se rapprocha, les habitants de ‘Âd le virent soulever de terre les chameaux, aussi bien que les hommes, et les emporter dans les airs. Alors ils se dispersèrent en courant vers leurs maisons, pour s'y enfermer. Mais l'ouragan les rattrapait partout. Il passait sous chacun d'eux, le soulevait haut, puis le projetait à terre en lui brisant la nuque. Il arrachait les arbres les plus imposants avec leurs racines. Il fracassait les maisons, qui s'effondraient sur leurs habitants.
Sur ce, les gens de ‘Ad quittèrent la Mecque pour rentrer au Yémen. En chemin, par une nuit de pleine lune, ils croisèrent un homme venant de ‘Ad sur sa chamelle, qui leur annonça la des-truction de leur pays. Ils lui demandèrent :
— Et Hûd et ses compagnons, qu'ont-ils fait ?
— Je les ai vus sur la côte.
Hûd et ceux qui, avec lui, crurent en Dieu, s'étaient retirés dans une grange et l'ouragan ne les avait pas atteints, sinon sous la forme d'une brise agréable qui leur caressait la peau.
Les hommes de la délégation mirent en doute ce qu'ils venaient d'entendre sur Hûd et ses compagnons, mais HarmalabintBakr s'écria :
— Par le Seigneur de la Ka'ba, cet homme dit vrai.
Seuls avaient survécu, de tout le peuple de ‘Âd, Hûd et ses compagnons, ainsi que les hommes qui se trouvaient à La Mecque en délégation. Et Hûd vécut jusqu'à sa mort, entouré de ceux qui crurent en lui, au pays de Hadramawt, où il fut enterré.
À la veille de sa mort, il réunit ses fils, pour leur dire :
— Mes enfants, je vous recommande de craindre Dieu, de lui obéir et de reconnaître qu'Il est Unique. Je vous mets en garde contre la vie d'ici-bas, qui est séduisante et trompeuse. Elle ne fait que passer pour vous, qui ne faites que passer pour elle. Suivez la voie de Dieu, qui vous rassemblera au Jour du Jugement et ne vous laissez pas tenter par le diable, qui est votre ennemi déclaré.
    Après avoir envoyé Son Prophète Hûd aux gens de ‘Âd, Dieu leur envoya Son Prophète Sâlih aux gens de Thamûd. Cette tribu avait prospéré après la destruction de ‘Âd. Elle avait d'abord construit des habitations de pierre et de boue sèche, mais celles-ci s'écroulaient sur leurs habitants. Alors les Thamûd s'établirent dans les montagnes, où ils creusèrent de vastes grottes, aménagées pour leur permettre de vivre à l'abri. Puis ils se détournèrent des commandements de Dieu, adorèrent d'autres divinités et répandirent le mal sur la terre.
Sâlih appartenait à une des familles les plus nobles de Thamûd. Il se distinguait déjà par des qualités exceptionnelles, lorsque Dieu le désigna comme prophète. Il appela les gens de sa tribu à l'adoration du Très-Haut, mais peu d'entre eux l'entendirent, qui se recrutaient parmi les plus démunis. Sâlih persévéra cependant, exhortant les gens à le suivre, multipliant les avertissements et les mises en garde. Ils finirent par lui demander un signe qui prouverait la véracité de ses dires. Il se tourna alors vers Dieu.
—Seigneur, veuille leur montrer un signe
qui frappe leurs esprits ! Puis il interrogea les siens :
—Quel signe voulez-vous?
Ils répondirent :
— Sors avec nous pour célébrer notre fête. Tu invoqueras ton Dieu et nous invoquerons les nôtres. Si tu es exaucé, nous te suivrons. Si nous sommes exaucés, tu devras nous suivre.
Sâlih accepta et, le jour venu de la fête, il sortit avec eux. Lorsque les Thamûd furent réunis autour de leurs idoles, ils les prièrent de rester sourdes aux exhortations de Sâlih, puis ils s'adressèrent à ce dernier en lui désignant un rocher isolé au milieu des montagnes :
—Sâlih, fais donc sortir de ce rocher une chamelle au poil tacheté de blanc, bien en chair, enceinte de dix mois. Si tu le fais, nous te croirons et te suivrons.
Ils s'engagèrent par serment, en ce cas, à renier leurs idoles et à adorer le Dieu Unique. Sâlih implora le Très-Haut de l'exaucer et attendit. Le rocher s'ébroua comme une femelle sur le point de mettre bas, puis le sol se fendit pour laisser apparaître une chamelle tachetée de blanc, enceinte de dix mois, comme l'avaient demandé aride les Thamûd et qui donna aussitôt naissance à un petit de même taille qu'elle. Tout cela se produisit sous les yeux des gens. Seuls quelques-uns tinrent leur engagement et suivirent Sâlih sur la voie du Dieu unique. La plupart des idolâtres et de leurs prêtres se dédirent, refusèrent de renier leurs dieux et persévérèrent dans leur égarement.
Sâlih désigna la chamelle et dit :
— Comme vous le voyez, c'est une chamelle géante. Elle doit boire beaucoup d'eau. Un jour, ce sera elle qui boira l'eau et le jour suivant, ce sera vous.
La chamelle demeura avec son petit sur les terres de Thamûd. Tous les deux jours, elle plongeait la tête dans un puits creusé dans la terre rocailleuse, appelé « le puits de la chamelle », et buvait d'une traite, ne relevant la tête que lorsqu'elle avait bu toute l'eau. Elle allait ensuite vers les gens, qui pouvaient la traire à volonté, buvant son lait frais ou le conservant dans des récipients. Le lendemain, c'étaient eux qui allaient au puits et en tiraient l'eau qui leur permettrait de boire sur place puis de faire des réserves pour deux jours. Ainsi les Thamûd connurent-ils abondance et quiétude.
Lorsque se faisait sentir la chaleur de l'été, la chamelle quittait la vallée pour la fraîcheur des collines alentour, qu'elle quittait lorsque s'annonçait le froid de l'hiver, pour revenir dans la vallée. Les troupeaux de moutons, de vaches et de chameaux des Thamûd faisaient le chemin inverse, préférant subir la chaleur torride de la vallée en été et la dureté du froid des collines en hiver, plutôt que l'inquiétante présence de la chamelle autour d'eux.
Certains des Thamûd, possédant du bétail et le voyant dépérir, en furent exaspérés et projetèrent de se débarrasser de la chamelle. Parmi ces gens, il y eut ‘Unayza, l'épouse du gardien des idoles, vieille et acariâtre. Il y eut aussi Sadûq, une femme riche et belle qui, ayant épousé un cousin maternel auquel elle avait confié ses biens, découvrit qu'il avait dépensé tout son argent pour soutenir Sâlih. Furieuse, elle résolut de se venger de Sâlih et des siens. Elle s'entendit avec la vieille ‘Unayza pour faire mutiler la chamelle. Elle s'adressa à un premier homme de Thamûd, à qui elle promit de se donner s'il se chargeait de couper les jarrets de l'animal, mais l'homme refusa. Elle fut plus heureuse avec le suivant, qui accepta le marché, ainsi qu'avec un autre, à qui elle dut promettre la main de l'une de ses filles.
Les deux hommes recrutèrent sept individus pour les aider à guetter la chamelle et à la surprendre seule, lorsqu'elle aurait fini de boire. Ils attendirent qu'elle passât devant eux. Le premier tira une flèche qui s'enfonça dans le muscle de sa jambe. Le second s'élança le sabre à la main et lui coupa les jarrets. Elle s'écroula dans son sang. Il lui transperça aussitôt le cou, puis lui trancha la gorge. Les gens de la tribu se précipitèrent sur la bête, la dépecèrent et se partagèrent sa chair.
On raconte que le petit de la chamelle, voyant sa mère s'effondrer, s'enfuit pour trouver refuge dans une montagne imprenable.
Cependant, lorsqu'il apprit que sa chamelle avait été mutilée et égorgée, Sâlih sortit vers les gens. La plupart d'entre eux tentèrent de se disculper à ses yeux :
— Prophète de Dieu, nous n'avons commis aucune faute. C'est untel qui l'a mutilée et untel qui l'a égorgée.
Il leur dit :
— Cherchez le chamelon. Si vous le trouvez, il vous épargnera peut-être le supplice qui vous attend.
 

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