mardi 17 octobre 2017 01:00:46

Nouvelles conversions (II)

Par Mahmoud Hussein - 14e partie

PUBLIE LE : 10-06-2017 | 0:00
D.R

Par  Mahmoud Hussein - 14e partie

Plus tard j’allai voir le Messager de Dieu et lui demandai :
– Apprends-moi de ces bonnes paroles !
Il dit :
– Tu es un garçon ouvert au savoir.
J’appris de sa bouche soixante-dix sourates  , un savoir que personne ne me contesta.
Khabâb ibn al-Arath, un compagnon du Messager de Dieu, était forgeron à La Mecque. Après avoir forgé pour al-‘Asî ibn Wâ’il plusieurs sabres, il alla voir ce dernier pour se faire payer. Al-‘Asi lui dit :
– Je ne te paierai que si tu renies Muhammad.
Khabâb répondit :
– J’attendrai pour cela que tu meures et que tu ressuscites !
– Je ressusciterai donc après ma mort ?
– Oui.
– C'est ce que prétend Muhammad ?
– Oui.
– Ne prétend-il pas aussi que ceux qui vont au Paradis ont tout ce qu’ils désirent, or, argent, vêtements, serviteurs?
– Si.
– Eh bien, Khabâb, tu attendras que je revienne après le Jour du Jugement, pour te payer ce que je te dois.
Puis, parlant du Prophète, al-‘Âsîdit :
– C'est un homme sans postérité, sans héritier mâle. Lorsqu’il mourra, sa mémoire s’éteindra et nous en serons débarrassés.
Le Très-Haut révéla à cette occasion :
C'est celui qui te hait qui sera sans postérité.
Suwayd ibn al-Sâmit avait chez les Arabes la renommée d’un homme parfait, qu’il devait à son égalité d’âme, à son sens de l’honneur et à son éloquence. On raconte que, lorsqu’il vint à La Mecque en pèlerinage, le Messager de Dieu alla le trouver pour l’exhorter à embrasser l’islam. Suwayd lui dit :
– Ce que tu as vaut-il ce que
j'ai ?
Le Messager de Dieu dit :
– Qu’est-ce donc que tu as ?
– Les Sentences de Luqmân .
– Que disent ces sentences?
Suwayd présenta les sentences au Messager de Dieu, qui lui dit :
– Ce sont de bonnes paroles. Mais ce que j’ai est encore meilleur. Le Coran que Dieu m’a révélé est la Voie et la Lumière.
Il récita à Suwayd des versets du Coran et l’exhorta à embraser l’islam. Suwayd l’écouta jusqu’au bout et dit :
– Ce sont de bonnes paroles.
Puis il partit.

Un jour, tandis que le Messager de Dieu priait seul à la Mosquée, les seigneurs de La Mecque se réunirent et ‘Utba ibn Rabî'a leur dit :
– Gens de Quraysh, j’irai voir Muhammad, je lui parlerai et lui proposerai différentes choses. Peut-être acceptera-t-il certaines d’entre elles. Nous les lui donnerons et il nous laissera tranquilles.
Ils dirent :
– Oui, va lui parler !
‘Utba se leva et alla trouver Muhammad au pied de la Ka‘ba. Il s’assit près de lui et dit :
– Neveu, tu es des nôtres. Tu te distingues par ta dignité dans le clan et ton rang dans le lignage. Et cependant tu causes un grand tort à tes gens. Tu as brisé leur unité et décrié leurs songes, tu as médit de leurs dieux et de leur religion, tu as calomnié leurs ancêtres. Ecoute ce que j’ai à te dire. Je vais te proposer plusieurs choses. Réfléchis. Peut-être certaines de ces choses te conviendront-elles.
Le Messager de Dieu dit :
– Parle, je t’écoute.
– Dis-moi, Muhammad, de toi ou de ton père ‘AbdAllâh, qui est le meilleur?
Le Prophète ne répondit pas. ‘Utba ibn Rabî'a demanda :
– Dis-moi, Muhammad, de toi ou de ton grand-père ‘Abd al-Muttalib, qui est le meilleur?
Le Prophète ne répondit pas. ‘Utba ibn Rabî'a demanda encore :
– Muhammad, si tu prétends être meilleur qu’eux, dis-le, afin que nous sachions ce que tu penses.
Le Prophète ne répondit pas. Alors ‘Utba ibn Rabî'a dit :
– Neveu, si par ton message tu vises la fortune, nous te donnerons de nos richesses, de quoi être le plus riche d’entre nous. Si tu vises le rang, nous ferons de toi notre chef et ne trancherons aucun différend sans ton accord. Si tu vises le trône, nous ferons de toi notre roi. Si enfin tu es impuissant à repousser ces visions qui te viennent des djinns, nous dépenserons ce qu’il faut pour te soigner et te guérir.
Lorsque ‘Utba eut parlé, le Messager de Dieu, qui l’avait écouté, lui dit :
– As-tu fini de parler?
– Oui, j’ai fini.
– Alors, écoute ce que j’ai à te dire.
– Parle.

Le Messager de Dieu récita :
Révélation du Miséricordieux Très-Miséricordieux. Voici un Livre aux versets explicites, un Coran arabe, destiné à ceux qui comprennent bonne nouvelle et avertissement. Mais la plupart se détournent et n’entendent pas. Ils disent : « Nos cœurs ne parviennent pas à entendre ce à quoi Tu nous appelles. Nos oreilles restent sourdes. Un écran s’interpose entre nous et Toi. Agis de Ton côté, nous agirons du nôtre. » Dis : « Je ne suis qu’un homme comme vous, mais il m’est révélé que votre Dieu est unique. Allez droit à Lui et demandez-lui pardon. Malheur à ceux qui associent des dieux à Dieu! »
Le Messager de Dieu continua de réciter le Coran et ‘Utba de l’écouter, en s’appuyant sur ses deux mains qu’il avait repliées derrière son dos. Quand il eut fini, le Messager de Dieu se prosterna, puis se releva et dit :
– Tu as entendu ce que tu as entendu. A toi de voir.
‘Utba répondit :
– Tu n’as rien d’autre à dire?
– Non.
‘Utba quitta le Prophète et alla retrouver ses amis. Le voyant s’approcher d’eux, ces derniers se dirent :
– Par Dieu, ‘Utba n’a plus le même visage!
Ils attendirent qu’il eût pris place parmi eux, pour lui demander :
– Alors, que nous rapportes-
tu ?
Il répondit :
– Je lui ai parlé de tout ce qui nous préoccupe, sans rien omettre.
– A-t-il répondu?
– Oui.
– Qu’a-t-il dit?
‘Utba se tut un moment, puis dit :
– Par celle dont la statue est aussi haute qu’un édifice, je n’ai rien compris à ce qu’il m’a dit... Si ce n’est qu’il nous met en garde contre une foudre qui nous frappera comme elle a frappé ‘Âd et Thamûd...
– Il t’a parlé en arabe et tu n’as rien compris à ce qu’il a dit?
– Non, par Dieu, rien. Si ce n’est l’annonce de cette foudre...

Il se tut encore, puis il dit :
– Par Dieu, j’ai entendu des choses qui ne ressemblent à rien de ce que j’ai entendu auparavant. Non, ce n’est pas de la poésie, ce n’est pas de la sorcellerie, ce n’est pas de la divination. Gens de Quraysh, suivez ce conseil et citez-le comme venant de moi : « Nous devons laisser cet homme suivre son chemin et nous tenir à l’écart. Les paroles que j’ai entendues de la bouche de Muhammad retentiront au loin. Si les Arabes le tuent, nous serons débarrassés de lui par d’autres. S'il l’emporte sur les Arabes, son triomphe sera le nôtre, et sa gloire. Et nous serons très heureux de l’avoir avec nous. »
Ils lui dirent :
– Par Dieu, il t’a ensorcelé par sa parole.
‘Utba répondit :
– Tel est mon avis sur lui. Faites comme il vous semblera.
 

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