mercredi 22 novembre 2017 15:36:22

Nouvelles conversions (I)

Les Qurayshites s’efforcent d’Unifier leur discours contre Muhammad. Mais ils ne font qu'amplifier les échos de son Message. Nouvelles conversions. ‘Utba ibn Rabî‘a tente de corrompre Muhammad. Muhammad jette le trouble dans son esprit. Les Qurayshites allèrent voir al-Husayn, pour lequel ils avaient un grand respect, même après que son fils ‘Umrân eut embrassé la religion de Muhammad. Ils lui dirent :

PUBLIE LE : 08-06-2017 | 0:00
D.R

Par  Mahmoud Hussein - 12e partie

Les Qurayshites s’efforcent d’Unifier leur discours contre Muhammad. Mais ils ne font qu'amplifier les échos de son Message. Nouvelles conversions. ‘Utba ibn Rabî‘a tente de corrompre Muhammad. Muhammad jette le trouble dans son esprit.

Les Qurayshites allèrent voir al-Husayn, pour lequel ils avaient un grand respect, même après que son fils ‘Umrân eut embrassé la religion de Muhammad. Ils lui dirent :
– Va donc parler à cet homme qui insulte nos divinités.
Accompagné de certains d’entre eux, al-Husayn se rendit chez le Messager de Dieu, qu’il trouva en compagnie de ‘Umrân et de quelques autres musulmans. Les Qurayshites dirent avec dédain aux musulmans :
– Écartez-vous pour faire place à notre seigneur !
Al-Husayn s’assit et dit au Messager de Dieu :
– Est-il vrai que tu insultes nos divinités, toi dont le père était un homme raisonnable, imbu de la foi de ses ancêtres?
Le Messager de Dieu répondit :
– Mon père et ton père sont en Enfer, al-Husayn. Dis-moi combien de dieux tu adores.
– Sept sur Terre et un dans le Ciel.
– Lequel d’entre eux implores-tu si tu es frappé par le sort?
– Celui qui est au Ciel.
– Et lequel, si tu as un revers de fortune?
– Celui qui est au Ciel.
– Il est seul à pouvoir exaucer tes prières et pourtant tu lui associes les autres! T’adresses-tu à lui avec gratitude ou avec crainte ?
Al-Husayn se rendit compte qu’il n’avait encore jamais parlé à un homme tel que le Prophète. Il dit :
– Ni gratitude... ni crainte...
Alors le Messager de Dieu lui dit :
– O al-Husayn, embrasse l’islam et tu es sauvé.
– Et mon clan? Et les miens? Comment les affronter ? Quoi dire?
– Dis : « Seigneur, guide-moi sur le droit chemin et accorde-moi un savoir bénéfique. »
Al-Husayn implora Dieu comme l’y engageait le Prophète et, à la fin de leur conversation, déclara qu’il embrassait l’islam. Alors son fils ‘Umrân se leva et vint lui baiser le front, les mains et les pieds. Le Messager de Dieu versa des larmes de joie et dit :
– Lorsque al-Husayn est entré ici, il était incroyant, son fils ne s’est pas levé pour l’accueillir. A peine al-Husayn a-t-il embrassé l’islam, que son fils s’acquitte de son devoir filial. J’en suis très ému.
Puis al-Husayn se leva pour partir. Le Messager de Dieu dit à ses compagnons :
– Accompagnez-le jusque chez lui.
Dès qu’al-Husayn sortit, les Qurayshites qui l’attendaient sur le seuil de la porte virent la lumière de la foi qui éclairait son visage. Ils dirent :
– Il a renié notre religion.
Et ils lui tournèrent le dos.
Lorsque la période du pèlerinage fut proche et que La Mecque commença à s’y préparer, al-Walîd ibn al-Mughîra réunit une assemblée de Qurayshites pour leur dire :
– Gens de Quraysh, la période du pèlerinage est proche. Des délégations d’Arabes viendront ici de partout. Elles auront entendu parler de Muhammad. Convenons d’un discours unique, que nous devrons tous leur tenir sur cette affaire. Sans quoi, nous ne cesserons de nous contredire les uns les autres et notre parole n’aura pas de poids.
Ils demandèrent :
– Que penses-tu de Muhammad?
– Quel est votre avis ? Je vous écoute.
– Disons que c’est un devin.
– Par Dieu, non, ce n’est pas un devin. Nous côtoyons les devins. Ils ne s’expriment pas comme lui.
– Disons que c’est un fou.
– Ce n’est pas un fou non plus. Nous savons ce qu’est la folie. Il n’y a aucun signe, chez lui, de l’agitation ou de la divagation des fous.
– Disons que c’est un poète.
– Non, ce n’est pas un poète. Nous connaissons tous les accents de la poésie, de la plus mordante à la plus lancinante, de la plus dense à la plus éloquente. Nous ne retrouvons aucun de ces accents chez lui.
– Disons que c’est un sorcier.
– Il ne ressemble en rien à ces sorciers qui viennent nous étonner avec leurs cordes et leurs bâtons.
– Mais que dirais-tu, toi?
– Par Dieu, ce qu’il dit est éloquent, sincère, respectable. Vos accusations ne tromperont personne. Mais puisqu’il faut bien en choisir une, celle de sorcellerie me semble la plus acceptable. Après tout, la parole de Muhammad est bien un sortilège, au moyen duquel il brise les liens entre fils et père, entre mari et femme, entre frère et frère, entre membres d’une même tribu.
Les Qurayshites se séparèrent et, le moment venu, se répandirent sur les sentiers qu’empruntaient les pèlerins, pour aborder chacun d’eux et lui dire ce qu’ils pensaient de Muhammad. De la sorte, lorsque les pèlerins repartirent chez eux, toutes les contrées arabes entendirent parler du Messager de Dieu et de l’islam.
Parmi ceux qui vinrent à La Mecque, se trouvait un certain Damâd. C'était un homme qui savait exorciser les possédés et soigner les malades. Il entendit un Mecquois lui dire :
– Muhammad est un fou !
Il répondit :
– J’irai voir cet homme. Dieu voudra peut-être que je sois l’instrument de sa guérison.
Il alla trouver Muhammad et lui dit :
– J’exorcise les possédés et Dieu guérit qui Il veut. Il voudra peut-être que je sois l’instrument de ta guérison.
Muhammad répondit :
– Louange à Dieu, à Qui nous rendons grâce et Que nous implorons. Celui que Dieu guide ne peut en tirer nul orgueil et celui que Dieu égare ne peut être guidé par personne. J’atteste qu’il n’y a de dieu que Dieu, Dieu seul sans associé et que Muhammad est Son Serviteur et son Messager.
Alors Damâd dit :
– Par Dieu, j’ai entendu parler les devins, et les sorciers, et les poètes. Je n’ai entendu personne dire ce que tu dis. Ta parole est profonde comme la mer. Donne-moi la main. Je fais acte d’allégeance à l’islam.
Le Messager de Dieu tendit la main et demanda :
– Cela inclut-il tes gens ?
Damâd répondit :
– Cela inclut mes gens.
Al-Tufayl ibn ‘Amr raconte :
Je quittai Daws pour aller à La Mecque en pèlerinage.
Dès mon arrivée, des Qurayshites m’abordèrent pour me dire :
– Tu sais, Tufayl, il y a parmi nous cet homme, Muhammad, qui nous cause de plus en plus de soucis. Il nous fait du tort. Il divise nos rangs et tourmente nos esprits. Ses paroles, comme celles d’un sorcier, séparent le fils du père, le frère du frère, le mari de la femme. Nous craignons que tu ne sois atteint, toi et tes gens, par le mal qui nous frappe. Il ne faut pas lui parler et surtout pas l’écouter.
Par Dieu, ils ne me quittèrent que lorsque je les eus assurés que je ne lui parlerai ni ne l’écouterai. Je mis même de la gesse dans mes oreilles, avant de me rendre à la Mosquée, de peur que ne m’atteignent des paroles que je ne voulais pas entendre.
Mais devant la Ka‘ba, voyant Muhammad en train de prier, je m’approchai de lui et Dieu voulut que j’entendisse en partie ce qu’il disait. Ses paroles étaient si belles que je pensai :
– Par Dieu, pourquoi m’interdirai-je d’écouter ce que cet homme dit? Si ce qu’il dit est bon, je l’accepterai et si c’est mauvais, je le rejetterai.
J’attendis que le Messager de Dieu eût quitté la Mosquée pour sortir après lui. Je le suivis à distance jusqu’à sa maison, puis j’entrai à sa suite et dis :
– O Muhammad, les gens de ton peuple n’ont cessé de me mettre en garde contre toi. J’ai bouché mes oreilles avec de la gesse pour ne pas t’entendre. Mais Dieu a voulu que j’entende quand même certaines de tes paroles. Et je les ai trouvées belles. Quel est ton message?
Le Messager de Dieu me récita des versets du Coran et, par Dieu, jamais je n’entendis paroles meilleures, ni propos plus justes. Le Messager de Dieu m’invita à embrasser l’islam. Je le fis, j’attestai qu’il n’y a de dieu que Dieu et je dis :
– Prophète de Dieu, je suis un homme respecté de mon peuple, les gens de Daws. Je m’en vais les retrouver pour les inviter à embrasser l’islam. Prie Dieu de m’accorder un signe qui m’aide à les convaincre.
Le Messager de Dieu dit :
– Seigneur, accorde-lui un signe !
Je repris le chemin du retour et lorsque je parvins en vue de Daws, une lumière jaillit d’entre mes yeux. Je dis :
– O Dieu, pas sur mon visage ! Les gens pourraient croire que c’est une tare, apparue pour me châtier d’avoir renoncé à leur religion !
La lumière quitta mon visage pour se fixer au bout d’un fouet que je tenais à la main. Les gens me virent arriver ainsi, comme si une lanterne avait été accrochée au fouet. Lorsque je fus au milieu d’eux, mon père, qui avait atteint un âge avancé, vint vers moi. Je le repoussai disant :
– Éloigne-toi de moi, père. Je ne suis plus des tiens, ni toi des miens.
– Pourquoi donc, mon fils ?
– J’ai embrassé l’islam, la religion de Muhammad!
– Ta religion sera la mienne, mon fils !
– Va faire tes ablutions, laver tes vêtements et reviens pour que je t’apprenne ce que j’ai appris.
Il fit ses ablutions, lava ses vêtements et revint vers moi pour embrasser l’islam.
Puis ma femme se présenta et je lui dis :
– Éloigne-toi de moi. Je ne suis pas des tiens, ni toi des miens !
– Pourquoi dis-tu cela, toi qui m’es aussi cher que mon père et ma mère?
– L'islam nous sépare désormais. J’ai embrassé la religion de Muhammad.
– Que ta religion soit la mienne.
– Va donc te purifier à la source de Dhû al-Shura.
Dhû al-Shura était une idole de Daws, à laquelle était consacrée une eau rare ruisselant de la colline. Ma compagne me dit :
– Ne crains-tu pas pour moi la colère de Dhû al-Shura ?
– Non, je ne crains rien.
Elle s’en alla, se purifia et revint vers moi pour embrasser l’islam.
Mais la plupart des gens de Daws rechignèrent à faire de même. Excédé, j’allai retrouver le Messager de Dieu à La Mecque et lui dis :
– Prophète de Dieu, les gens de Daws refusent de renoncer à l’adultère pour embrasser l’islam. Prie Dieu de les punir!
Le Messager de Dieu dit :
– Seigneur, veuille inspirer les gens de Daws !
Puis il se tourna vers moi et dit :
– Va retrouver les tiens. Appelle-les à embrasser l’islam, mais traite-les avec tolérance.
‘AbdAllâh ibn Mas‘ûd raconte :
Adolescent, je gardais les brebis d’un seigneur de La Mecque. Je vis venir vers moi le Messager de Dieu et Abû Bakr, qui fuyaient les idolâtres. Ils me dirent :
– As-tu un peu de lait pour étancher notre soif?
Je répondis :
– Ce troupeau m’a été confié, je ne peux pas vous offrir le lait de ses brebis.
– As-tu une brebis qui n’ait pas encore donné de lait?
– Oui.
Je leur montrai la brebis. Abû Bakr lui entrava les pattes et le Prophète saisit l’une de ses mamelles et pria. La mamelle enfla. Abû Bakr vint avec une pierre creuse et se mit à traire la brebis. Ils burent tous les deux et me donnèrent à boire. Puis le Messager de Dieu dit à la mamelle :
– Rétrécis.
La mamelle désenfla et ils repartirent.
 

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions