mardi 30 mai 2017 04:38:45

Rencontre avec M. Abdeslam Chelghoum ministre de l’Agriculture, du développement rural et de la Pêche : « Toutes les mesures prises pour un ramadhan tranquille »

Approvisionnement des marchés durant le mois de Ramadhan, maîtrise des prix des produits de large consommation, la saison des moissons-battages, relance des fermes-pilotes, autant de thèmes abordés par le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, lors d’une rencontre qu’il a bien voulu nous accorder.

PUBLIE LE : 20-05-2017 | 0:00
Ph. : Wafa

Approvisionnement des marchés durant le mois de Ramadhan, maîtrise des prix des produits de large consommation, la saison des moissons-battages, relance des fermes-pilotes, autant de thèmes abordés par le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, lors d’une rencontre qu’il a bien voulu nous accorder.

Avec franchise, M. Abdeslam Chelghoum s’est exprimé sur la situation qui prévaut dans son secteur, les perspectives et les engagements du gouvernement pour la relance de l’agriculture. D’emblée, il explique que dans la situation économique difficile que vit le pays, plusieurs secteurs sont appelés à relever le défi d’une « économie productive ». L’agriculture, le développement rural et la pêche en font partie. Il se dit déterminé à renverser la donne et agir pour que son secteur puisse contribuer à la construction d’une économie forte et émergente. Evoquant, en premier lieu, le mois sacré de Ramadhan, il a tenu à assurer que les produits de large consommation seront disponibles en quantités suffisantes et rappelle dans ce cadre que « le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a insisté, sur la nécessité de garantir un approvisionnement de tous les produits de large consommation lors du mois sacré ». Aussi, et dans le souci de « maîtriser » les prix, un énorme travail de sensibilisation a été engagé avec des associations de commerçants.

DES PRIX ABORDABLES

La bonne nouvelle à retenir, c’est que les denrées alimentaires seront vendues à des prix abordables durant le mois de ramadhan. Le ministre indique, dans ce sens, que son département est concerné, essentiellement par « l’action d’approvisionner le marché ». Il y a 3.000 tonnes de viandes blanches congelées dans les « marchés de la solidarité ». S’agissant des prix des fruits et légumes, il a fait savoir qu’ils enregistrent, depuis quelques jours, une baisse de plus de 40% due à une « offre abondante de légumes et la baisse de la demande sur certains produits ». Assurant que « l’approvisionnement du marché en fruits et légumes sera assuré durant ce mois sacré », il estime que les produits seront nettement moins chers.

AUCUNE PERTURBATION DANS L’APPROVISIONNEMENT DES VIANDES

Concernant les mesures prises pour les viandes ou ce qu’il a appelé des « importations d’appoint », relatives essentiellement à la viande bovine, « la commission a attribué à 19 importateurs des licences de viandes fraîches pour une quantité de 15.000 tonnes dans une première étape. Il n’y aura aucune perturbation dans l’approvisionnement en viandes. Le total de ces quantités permettra d’inonder le marché à la veille du mois de Ramadhan. D’ailleurs, nous prévoyons même une répercussion sur les prix qui devraient baisser », a-t-il avancé. Il a révélé que 45.000 tonnes de viande blanche seront mises à la disposition de la population pendant cette période et 3.000 autres tonnes de volaille congelée seront mises à la disposition des petites bourses dans les marchés de la solidarité qui s’ouvriront durant le mois de ramadan.

LA POMME DE TERRE à PROFUSION

Pour la pomme de terre, M. Chelghoum, a indiqué que la production atteindra 700.000 tonnes au cours du mois de Ramadan, alors que les estimations renseignent sur un taux de consommation moyenne de 250.000 tonnes.

BLé DUR : 40 QUINTAUX à L’HECTARE

Concernant la saison de la moisson-battage, le ministre a indiqué que, cette année, la production agricole et les céréales en particulier, ont été affectées par le manque de pluviosité et le « stress hydrique » dans certaines régions. « C’est pour cela que nous nous attendons à une légère baisse de la production ». Le ministre a réitéré l’engagement de son département à développer le système d’irrigation par le recours aux irrigations d’appoint. Dans ce cadre, l’Algérie ambitionne d’augmenter, à l’horizon 2019, les superficies céréalières menées à l’irrigué à 600.000 hectares. Ces dernières sont estimées actuellement à 240.000 hectares. 911.000 hectares ont bénéficié du programme de désherbage, chose qui a conduit à une augmentation de la production nationale de blé de 30%. Parmi les mesures adoptées par son département pour assurer le succès de l’opération de la campagne moisson-battage, le ministre a fait savoir que l’Office Algérien Interprofessionnels des Céréales (OAIC) a mis en place 500 aires de stockage d’une capacité de 32 millions de quintaux, la mobilisation de 780 camions ainsi qu’un système d’incendie à plein temps pour éviter toute catastrophe.

SEUL LE CAHIER DES CHARGEs DéTERMINE LE SORT DES FERMES-PILOTES

M. Abdeslam Chelghoum a évoqué également l’opération de développement des fermes pilotes, précisant qu’il en existe 168 à travers le pays. La plupart sont à l’arrêt. Restructurées en 4 groupements économiques, selon les spécialités et les régions, elles seront ouvertes à l’investissement et au partenariat dans le cadre de la loi en vigueur. Le ministère entend élargir le modèle d’investissements dans le secteur de l’agriculture initié via le partenariat avec l’entreprise privée algérienne et que « d’autres fermes seront privatisées progressivement dans les mois à venir », l’objectif étant de « mettre en place des co-entreprises pour gérer et exploiter des fermes, mais la terre restera propriété de l’Etat ».
Les soumissionnaires sélectionnés détiendront une participation minoritaire dans ces fermes, conformément à la loi algérienne qui limite à 49% la participation étrangère dans tout projet d’investissement. Et de préciser que les fermes pilotes proposées sont situées dans les régions de l’Est, de l’Ouest, du Centre et du Sud.
S’agissant de la décision de résiliation de cinq contrats avec des partenaires privés qui détenaient des fermes pilotes, le ministre a tenu à apporter plus de précisions. Il a expliqué que lors de la première opération de ce genre de partenariat de fermes pilotes lancée en 2013, 17 entités économiques étaient concernées, dont 4 fermes seulement ont réussi à 100% et sont devenues un véritable modèle au vu des techniques modernes qui sont utilisées, ce qui a permis d’accroître le rendement agricole et de créer des emplois. Huit sont en cours de développement, alors que 5 ont totalement échoué. Concernant ces dernières, « c’est un partenariat qui a fait défaut parce que les partenaires n’ont pas honoré les engagements contenus dans le cahier des charges. Non seulement ils n’ont investi aucun centime, mais les terres n’ont pas été exploitées, et les travailleurs pas payés. Le ministre ajoute : « Face à une telle situation déplorable, la décision de résiliation de contrat s’est imposée de façon irrévocable. Durant ces 4 dernières années plusieurs mises en demeure ont été adressées aux investisseurs, sans aucune réponse. Dans une seconde phase, 28 autres fermes pilotes ont été confiées aux investisseurs nationaux et internationaux dont 3 autres ont été lancées dans le cadre du partenariat public/public. Ces dernières sont destinées à l’élevage, le fourrage et la céréaliculture. 42 milliards de dinars ont été injectés dans l’investissement grâce à ces partenariats ».
    Sarah A. Benali Cherif

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