lundi 20 novembre 2017 06:47:03

Experts maghrébins dans la lutte contre les maladies végétales et animales

A la traque du charançon rouge

PUBLIE LE : 20-05-2017 | 0:00
D.R

Le palmier vit une menace majeure. Une menace d’un insecte communément appelé le charançon rouge du palmier. Ces dernières années ont été, le moins qu’on puisse dire, terribles. Fort heureusement, une lutte sans merci est menée contre ce coléoptère, sinon les dégâts auraient été pires, de l’avis des experts maghrébins qui agissent en commun et, désormais, avec l’implication des médias, campagne de sensibilisation oblige, mais pas seulement, il s’agit aussi d’un maillon fort de la chaîne, dont le rôle est crucial.


 De notre envoyé spécial à Tanger (Maroc) : Farid Bouyahia
 

Insecte tueur du palmier, le charançon rouge est une menace réelle que les experts et les techniciens maghrébins prennent très au sérieux. Originaire d’Asie, cet insecte, pourtant réputé fainéant, a fait un malheur, dans de nombreux pays méditerranéens et moyen-orientaux, ces dernières années. Boulimique du suc de palmier-dattier et d’ornement, en particulier, qui embellissent nos oasis et les boulevards de nos villes, il peut, en un rien de temps, infester des zones entières et des surfaces s’étendant sur plusieurs hectares.
Il a une capacité insidieuse de s’installer lentement mais sûrement, dans tenez-vous bien dans les entrailles du palmier, où la femelle effectue la ponte. Cette manière de s’introduire dans le palmier, rend sa détection quasiment impossible. Ensuite, c’est à l’état larvaire qu’il opère en se nourrissant goulument du suc du palmier, qui perd la vie, lentement. C’est donc à juste titre que les experts et techniciens maghrébins qui interviennent coude à coude sur le terrain, en étroite collaboration avec la FAO, veillent et travaillent d’arrache-pied à ce que la vie du palmier-dattier et du palmier d’ornement ne risquent plus de disparaître à cause de cet insecte ravageur. Cela veut dire, en clair, que compte tenu de l’importance du risque, un plan d’action de lutte contre la prolifération du charançon rouge, est mis en œuvre au Maghreb, à l’échelle régionale. Les grandes lignes dudit plan ont été présentées à Tanger (Maroc), où les professionnels du secteur de l’agriculture et des centres spécialisés ont fait le focus sur cet ennemi du palmier-dattier, mais aussi d’autres insectes tous aussi dangereux les uns que les autres, ainsi que des maladies végétales et animales. Le choix de Tanger pour abriter cette rencontre n’est pas fortuit. C’est que cet insecte ravageur a été détecté pour la première fois au Maroc, en 2008 sur des palmiers d’ornement (palmiers canaris), dans cette ville toute proche d’Espagne. En fait, le charançon rouge du palmier-dattier est, selon les experts, difficile à combattre, car les symptômes ne sont jamais visibles que lorsque les dégâts sont constatés. Le mode opératoire du combat contre cet insecte commence par la pose de pièges pour objectifs de détection, suivie du piège de capture massive, quand sa présence est constatée, après quoi il est procédé à l’abattage, au traitement insecticide, puis au broyage et à l’incinération des palmiers infestés. Au regard de la complexité de l’opération, un traitement préventif mensuel de tous les palmiers de Tanger est rigoureusement effectué. Il convient de noter que l’impact et les incidences de tels fléaux est gros, tant les incidences économiques et sociales, à l’évidence négatives, sont incalculables. Mais, l’espoir de son éradication vient de Mauritanie, dont l’expérience a donné ses premiers résultats positifs, au grand bonheur, des agriculteurs des régions sud du Maghreb. Cette expérience, qui a rallumé l’espoir de l’éradication du charançon rouge, s’est produite dans l’oasis de Tidjikja (Mauritanie), mais elle n’aurait pas été possible sans l’engagement et l’implication des agriculteurs, qui se sont montrés très concernés, en sacrifiant, non sans amertume, quelques centaines de palmiers-dattiers infestés et donc irréversiblement perdus. Cette lutte couronnée d’un franc succès, selon les experts mauritaniens, a permis non seulement de freiner la prolifération et la migration du charançon rouge du palmier-dattier vers d’autres oasis mais surtout de juguler le problème, sans toutefois baisser la garde, surtout que sa présence est toujours signalée dans la région maghrébine.  Aussi, cet état de veille intéresse beaucoup la FAO, qui a donc initié tout un programme de formation, au profit des journalistes, qui feront partie, désormais, du réseau des acteurs et intervenants appelés à agir en commun et durablement dans les domaines qui concernent directement la FAO et relèvent de ses missions.
Et c’est dans le cadre de cette nouvelle stratégie mise en œuvre par la FAO qu’un groupe de journalistes maghrébins a pris part à l’atelier, organisé par cette organisation en collaboration avec l’UMA sur ‘‘Le renforcement des capacités des journalistes maghrébins sur les risques des ravageurs des maladies végétales, animales et leurs impacts sur le développement économique, social et sur la sécurité alimentaire’’.
F. B.

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