samedi 18 novembre 2017 02:07:25

Grand angle : Une visite dans la continuité

A peine investi, Emmanuel Macron, s’est rendu hier au Mali, plus précisément sur la base de Gao, la plus importante des forces françaises engagées à l'étranger.

PUBLIE LE : 20-05-2017 | 0:00
D.R

A peine investi, Emmanuel Macron, s’est rendu hier au Mali, plus précisément sur la base de Gao, la plus importante des forces   françaises engagées à l'étranger. Un déplacement qu’il avait annoncé durant sa campagne électorale. Pour son entourage, il s’agira de donner « une nouvelle dimension à l'engagement militaire de la France », présente depuis quatre ans  pour lutter contre les  terroristes. Mais pas uniquement. Le volet politique sera également évoqué avec son homologue Ibrahim Boubacar Keita. Selon les médias maliens qui citent des sources françaises, cette visite sera aussi l’occasion pour Paris de réaffirmer son attachement à la mise en place des accords d’Alger. « Les accords d’Alger sont le cadre politique de la résolution du conflit et nous devons soutenir leur application, qui est pour le moment trop lente », aurait
« glissé » un conseiller du président français. Et pour cause, quoi que l’on puisse  
« reprocher » au document signé par les parties maliennes en mai-juin 2015 à Bamako, il doit demeurer la référence et le socle sur lesquels se construira le retour d’une  paix durable  au Mali.  C’est la position que l’Algérie n’a de cesse d’affirmer. « Même à travers des réalisations imparfaites et des étapes incomplètes, le processus de paix et de réconciliation au Mali ne manquera pas de se traduire, à moyen terme, par des retombées positives pour le Mali et tout le peuple malien frère, sur différents plans », avait déclaré M. Lamamra,  ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale dans un entretien accordé à
El Moudjahid. Il reste cependant que la France sous Emmanuel Macron se doit d’éviter de faire dans le double jeu et de démontrer qu’elle se soucie réellement du devenir du Mali, en l’accompagnant dans sa quête de stabilité et de rétablissement de la sécurité sur l’ensemble de son territoire. Un engagement qui, peut-être, mettra fin aux doutes que nourrissent  de nombreux Maliens  quant  aux  intentions réelles de Paris.  Ainsi, dans une tribune publiée hier, un ancien ministre malien rappelle  
« l’immense »  responsabilité de la France « dans le chaos que connaissent le Mali et le Sahel de façon générale ».  Seydou Traoré estime  aussi  que « la couverture juridique de l’ONU, intervenue après coup, ne peut exempter la France de ses responsabilités vis-à-vis des pays du Sahel, touchés par le terrorisme après l’éclatement de l’État libyen ».  Exprimant un avis partagé par de nombreux africains, il pense que  « le Mali et le Sahel n’intéressent la France que pour achever un projet colonial contrarié par les indépendances, à savoir préserver et accroître l’indépendance énergétique de la France grâce au nucléaire, par l’exploitation et la transformation de l’uranium dont le sous-sol sahélo-saharien regorge ». Emmanuel Macron saura-t-il apporter la preuve du contraire ?
Nadia K.

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