mercredi 15 juillet 2020 13:49:42

M. Mohamed Khaddad, Coordinateur du Front Polisario avec la Minurso : « On jugera sur acte »

Le Front Polisario se félicite de l’adoption de la résolution 2351 adoptée par le conseil de sécurité qui souligne qu’ « une nouvelle dynamique doit déboucher sur la reprise du processus politique pour parvenir à une solution politique qui soit mutuellement acceptable et qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental, dans le cadre d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la charte des Nations Unies » et se déclare prêt à négocier avec le Maroc.

PUBLIE LE : 02-05-2017 | 0:00
Ph. Nesrine T.

Le Front Polisario se félicite de l’adoption de la résolution 2351 adoptée par le conseil de sécurité qui souligne qu’ « une nouvelle dynamique doit déboucher sur la reprise du processus politique pour parvenir à une solution politique qui soit mutuellement acceptable et qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental, dans le cadre d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la charte des Nations Unies » et se déclare prêt à négocier avec le Maroc.

C’est ce qu’à déclaré hier Mohamed Khaddad, membre du secrétariat permanent et coordinateur du Front Polisario  avec la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso), lors d’une conférence de presse animée au siège de l’ambassade à Alger.  Selon lui, « cette résolution  remet sur rails le processus politique qui a été bloqué par le Maroc depuis mars 2012 ». De même que selon le conférencier, la nomination  de l’ancien président allemand, en qualité de nouvel envoyé personnel du SG de l’ONU   pour le Sahara occidental « montre également   qu’il y a une volonté de donner une dynamique, une nouvelle force aux négociations » entre le Front Polisario et le Maroc. Ces faits auxquels il y a lieu d’ajouter la déconfiture de Rabat dans la crise d’El Guegarat sont pour lui  autant d’éléments  qui ouvrent de nouvelles perspectives et qui expliquent « la nervosité actuelle du Maroc ». Ainsi s’agissant d’El Guergarat , M. Khaddad estimera que la crise  a attiré l’attention de la communauté internationale.  La construction d’une route par le Maroc dans cette zone tampon était illégale et que c’est une violation du cessez-le-feu. « Nous avons dit que les accords sont clairs.  Il ne faut pas qu’il y ait une activité militaire ou civile dans cette zone » a-t-il déclaré. Il poursuivra en ajoutant que « les Nations Unies nous ont donné raison ».  Et de préciser que « les Nations Unies par leur présence aujourd’hui à Guergarat démontrent que ce n’est pas un territoire marocain (…) et que ce territoire reste à décoloniser». De même estimera le conférencier  que «  la présence des Casques bleus est l’expression du refus de la communauté internationale d’abdiquer et d’accepter cette présence coloniale marocaine ».  Le deuxième point positif relevé dans la résolution est qu’elle appelle à la relance du processus politique et à la reprise des négociations.  Chose pour laquelle le Front Polisario est tout à fait favorable. Mais, dira t-il, « nous aurons à négocier pour dire et fixer ce qui doit être fait à el Guergarat et pour l’objectif final qui est la solution définitive qui consiste  en l’organisation d’un référendum ».  Car pour Mohamed Khaddad,  pour « ce qui est des négociations avec le Maroc, la résolution est claire ».  Elles   se feront « sur la base d’un règlement politique qui garantisse le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.»  Et d’indiquer  que  « la France a tenté de faire valider la proposition marocaine d’autonomie, mais le Conseil de sécurité a refusé et a mis les deux propositions sur le même pied d’égalité, demandant  aux deux parties de discuter de la proposition de l’autre ». Toutefois pour le Front Polisario, il est clair que  les négociations   pour lesquelles il est favorable  doivent se faire  «   sur la nature du conflit ». Et de rappeler que  « le Sahara occidentale est l’une des 17  colonies qui restent sur l’agenda des Nations unies » Une vérité confirmée également, sera-t-il souligné,   par  la Cour européenne qui a affirmé que « le Maroc et le Sahara occidental sont deux entités différentes et séparées».

« L’UA  a un rôle à jouer »

Interrogé sur le rôle que doit jouer l’Union africaine (UA)  dans la recherche d’une solution au conflit, Khaddad estime  que « l’UA est toujours présente ».  Le conférencier rappellera que « l’Afrique a montré son intérêt, et que  le président de la Commission et le commissaire du Comité de paix et de sécurité  ont été à New York avant l’entame des débats du Conseil de sécurité  et que pour la première fois l’UA et l’ONU ont  convenu dans le communiqué rendu public   que « le Sahara occidental  est un territoire de conflit qui doit être traité conjointement ». Selon le coordinateur du Polisario  avec la Minurso «  le Maroc veut que l’Afrique ne soit pas impliquée dans le conflit » ce qui est selon lui « bizarre »,  car il s’agit là d’une question de décolonisation qui concerne l’Afrique et par conséquent « l’UA ne peut qu’avoir un rôle à jouer ».   Pour M. Khaddad « le Maroc n’a pas demandé son intégration à l’UA pour le bien de l’Afrique et son développement mais pour  créer la zizanie et la division et jouer la carte de ceux qui veulent saboter les progrès réalisés par l’UA à ce jour ». Pour ce qui est du rôle de la France, il dira son espoir de voir un   changement intervenir dans la politique de Paris vis-à-vis du Maghreb  après l’élection espérée d’Emmanuel Macron le 7 mais courant.   « C’est un des candidat qui a   été très clair vis-à-vis de la colonisation et de l’histoire de la colonisation », a indiqué le conférencier, espérant  qu’ «avec le président Macron cela puisse changer réellement », d’autant, rappellera-t-il,  « qu’il ne vient pas de ces centres bien connus de ces partis qui sont rodés avec leurs appareils de lobbyings bien huilés ».
Pour le diplomate sahraoui : « Si ce conflit du Sahara occidental  perdure, jusqu’à aujourd’hui c’est parce que la  France a bloqué tout développement de la question et toute perspective de résolution du problème, car  elle influe sur la politique européenne dans la région.» Il dira aussi espérer que  « ces élections permettent une nouvelle ère dans les relations entre la France et le Maghreb »,  estimant que  cela contribuera à « la solution juste et définitive sur la base des résolutions de la communauté internationale  et de la Cour européenne ».  
La position de la nouvelle administration américaine qui ne veut pas que la mission de la Minurso dure indéfiniment est aussi de son point de  vue un autre fait nouveau à même d’accélérer le règlement du conflit.  Tous ces éléments énumérés par le coordinateur du Front Polisario avec la Minurso prêtent selon lui à l’optimisme.  « Il y a de quoi être un peu optimiste », dira-t-il, avant d’ajouter que les Sahraouis « jugeront  sur acte ».
 Nadia Kerraz

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