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Journée mondiale de la Santé : Les antibiotiques amis ou ennemis ?

Le ministre de la Santé a annoncé l’élaboration d'un plan sectoriel de lutte contre la résistance aux antimicrobiens.

PUBLIE LE : 08-04-2011 | 18:57
D.R

L'Organisation mondiale de la santé, pour sa part, s'inquiète de la surconsommation d'antibiotiques qui rend les bactéries de plus en plus résistantes.

N’étant pas un phénomène nouveau, la résistance antimicrobienne est devenue un problème de plus en plus préoccupant dans le monde, ce qui a motivé le fait que, à l'occasion de journée mondiale de la Santé, célébrée le 7 avril de chaque année, l'OMS a tiré la sonnette d'alarme.
Il faut dire que plus la population consomme d'antibiotiques, plus la résistance des bactéries augmente et plus il faut en consommer pour les combattre, d’où la nécessité, comme l’a préconisé jeudi, le ministre de la Santé, de la Population et de la  Réforme hospitalière, M. Djamel Ould Abbès, d’élaborer un plan sectoriel de lutte contre la résistance aux antimicrobiens.  
Selon le ministre, le nouveau  plan vient renforcer les structures sanitaires existantes et sera accompagné  d'un large programme de communication et d'orientation lié à la prescription  médicale et l'application des mesures prises pour la lutte contre les maladies  nosocomiales.  
     Selon lui, et d’après les nombreux experts réunis dans l’amphithéâtre de l’Institut Pasteur d’Alger, d’importants efforts doivent être mis en place avec urgence afin d’empêcher un possible retour en arrière lorsque les antibiotiques n’existaient pas.
« Nous assistons à des avancées spectaculaires de la médecine grâce à de nouveaux «médicaments miracles» permettant de traiter des maladies qui, il y a quelques décennies, ou même quelques années encore dans le cas du VIH/sida, étaient mortelles, a-t-il dit.
L'OMS célèbre cette journée sous le signe: "Pas d'action aujourd'hui, pas de guérison demain", qui représente une étape dans la stratégie de l'Organisation onusienne, lancée en 2001 pour lutter contre la résistance antimicrobienne.
M. Ould Abbès a par ailleurs  déploré le manque d'investissement des laboratoires mondiaux dans la production des antimicrobiens et des antiparasitaires  «car devenue non  lucrative».         
 De son côté, le représentant de l'Organisation mondiale de la santé  (OMS) à Alger, M. Mamadou M'baye a lu la lettre adressée par le directeur  régional de l'OMS dans laquelle il a appelé « à la vigilance et au contrôle  régulier de la résistance aux antimicrobiens». Quant aux spécialistes du secteur, ceux-ci  ont mis en exergue le manque de microbiologistes  et de vétérinaires dans certaines régions du pays, imputant l'accroissement  de la résistance aux antibiotiques à une prescription médicale non appropriée  (20 à 50 % des cas) et à l'automédication.       
   Ils ont en outre évoqué les maladies virales dont la tuberculose, la  méningite, les maladies respiratoires aiguës, l'hépatite virale, le sida et  le paludisme, estimant le nombre des antiviraux sur le marché national à  950.       
  Les participants au débat ont relevé la rupture des médicaments anti-hépatite virale dans certaines structures sanitaires, appelant à la nécessité  d'une classification d'antibiotiques (ceux vendus en pharmacies et ceux  administrés en milieu hospitalier).
Certains sont même allés jusqu’à affirmer que, si l’on ne prend pas d’urgence des mesures correctrices et protectrices, l’humanité ira vers une ère post-antibiotiques, au cours de laquelle de nombreuses infections courantes ne pourront plus être soignées et recommenceront à tuer .
Aussi, l’OMS qui vient de publier un ensemble de mesures que les gouvernements et leurs partenaires nationaux doivent prendre pour lutter contre la résistance aux médicaments, recommande d'élaborer et mettre en œuvre un plan national complet doté d’un financement ; renforcer la surveillance et les moyens des laboratoires et assurer un accès ininterrompu aux médicaments essentiels aux qualités vérifiées.
Elle demande également de réglementer et promouvoir l’usage rationnel des médicaments, renforcer la prévention des infections et la lutte contre celles-ci et favoriser l’innovation et la recherche ainsi que la mise au point de nouveaux outils.
En deux mots, le slogan est on ne peut plus explicite : «Les antibiotiques, c’est pas automatique.»
Amel Zemouri

A propos de lutte antimicrobienne
- Selon les dernières données de l’Organisation mondiale de la santé, prés de 440.000 nouveaux cas de tuberculose multi-résistante font leur apparition chaque année dans le monde.
- Ces cas causent au moins, 150.000 décès par an.
- La surconsommation des antibiotiques a engendré une résistance du virus du sida chez 5%  des sujets séropositifs. Un taux qui pourrait augmenter.
- Un pourcentage élevé d’infections nosocomiales est provoqué par des bactéries hautement résistantes telles que le staphylococcus aureus résistant à la méthicilline.
- En Algérie, l'accroissement  de la résistance aux antibiotiques est dû à une prescription médicale non appropriée (20 à 50 % des cas) et à l'automédication.   
- Chaque année, l’Algérie importe pour 200 millions d’euros de médicaments anti-infectieux.  
- A l’heure actuelle, les antibiotiques représentent moins de 5% des produits en cours de recherche développement.
A. Z.

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