lundi 18 mars 2019 21:28:17
Ph. Y. Cheurfi

« Les pouvoirs publics ont pris des mesures pour stabiliser les prix de la pomme de terre en procédant au déstockage de quantités importantes et à l'approvisionnement direct des consommateurs via des points de vente dans les grandes villes », a affirmé, hier, le ministre de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, M. Abdesselam Chelghoum. 

«Nous avons commencé, depuis deux jours, à mettre sur le marché des   quantités importantes de pomme de terre pour agir sur cette spéculation et faire en sorte que les prix reviennent à la normale. Les prix sont excessifs, ce n'est pas normal », a-t-il spécifié  lors d'un point de presse tenu en marge d'une réunion sur le foncier agricole.
 Précisant que les prix vont grandement baisser dans les prochains jours, M. Chelghoum a affirmé que l'Etat détient un stock important de ce tubercule qui sert à la régulation du marché, notamment pour ce mois d'avril en attendant l'entrée de la  production de saison à partir de mai prochain.  
Il faut dire que devant l’envolée du prix de ce produit de large consommation a été aggravée par le phénomène de la spéculation. Ce qui a poussé les pouvoirs publics à procéder directement à l'approvisionnement direct du consommateur en ouvrant des points de vente de proximité au niveau de toutes les grandes   villes. « Avant on approvisionnait le marché de façon classique, c'est-à-dire, à travers les marchés de gros.  Mais nous avons constaté que même sur ces marchés, les gens de mauvaise foi sont arrivés à spéculer sur ce produit de large consommation en grevant le pouvoir d'achat des citoyens. Pour cela, nous avons introduit une nouvelle façon d'approvisionner le marché en allant directement au consommateur », a-t-il dit.   
Aussi, il a été décidé que le prix de la pomme de terre au niveau de ces points de vente ne dépasse pas les 50 DA/kilogramme, a affirmé le ministre.  
Pour les autres fruits et légumes, le ministre a admis que les prix étaient « excessifs », en soulignant toutefois que pour certains produits, la récolte est hors saison comme la tomate, le poivron et les courgettes, lesquels proviennent des serres dans certaines régions très reculées du Sud comme El Oued et Biskra. « Donc, il y a un coût supplémentaire par rapport à la production en plein champ et en pleine saison », a-t-il expliqué.   
 Toujours selon M. Chelghoum,  cette hausse devrait s'estomper dès l'arrivée de la production de saison à partir du mois de mai, qui va coïncider avec le mois de Ramadhan.  « Les choses vont se stabiliser », a-t-il dit en indiquant que son département et celui du Commerce sont en concertation sur les mesures à prendre « pour réguler cette question des prix des légumes ».  
 « Je reste convaincu qu'il y a un effort aussi à faire pour la production.   Nous sommes en train de le faire en concertation avec les chambres   d'agriculture pour arriver à bout de cette frénésie des prix qui concerne   les produits agricoles », a ajouté M. Chelghoum.  

Neuf points de vente dans la capitale

 Pour sa part, le directeur général de l’Office interprofessionnel des légumes et viandes (Onilev) a annoncé que la pomme de terre affichera, à partir d’aujourd’hui, 40 DA le kg à travers pas moins de neuf points de vente publics situés au niveau de la capitale.
A retenir, le premier point de vente est opérationnel depuis hier, à Ain Benian, au niveau du siège de l’ONILEV, tandis que dans les tout prochains jours, huit autres points de vente vont proposer aux ménagères de la bonne pomme de terre à 40 DA/kg. A signaler, deux de ces points de vente sont situés à Bab Ezzouar et un autre se trouve du côté du Champ de manœuvre (près du siège de la Centrale syndicale). Le quatrième point de vente étatique est à la foire d’Alger, au niveau du Palais des expositions, Pins Maritimes, alors que les deux autres sont respectivement implantés à Hussein Dey et à Saïd Hamdine. A noter, donc, la  flambée des prix de la pomme de terre ne devrait être que temporaire.
En effet, tout se fait actuellement pour parer à cette flambée, bien que cette tâche ne soit pas une sinécure étant donné que le marché obéit à la règle de l’offre et la demande et donc à la liberté des prix. Cela dit, le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, à travers l’Office national interprofessionnel des légumes et viandes, déploie des efforts aux fins de parer à cette flambée avec cette décision d’installer des points de vente de pomme de terre déstockée sur certains quartiers de la capitale. L’initiative est des plus louables puisqu’à 100 DA le kilo ces derniers jours, la pomme de terre n’était pas à la portée des petites bourses.
Pour sa part, le président de la Fédération nationale des producteurs de plants et de pomme de terre, M. Ahcène Kedmani, avait annoncé récemment le chiffre de 1,8 million de quintaux de récolte de pomme de terre durant cette saison, ajoutant que les surplus, estimés à 80 quintaux, seront stockés pour parer aux périodes de pénurie et juguler la spéculation.
D’autre part à propos de l’évolution du projet « zéro importation de semence d'ici 2019 », M. Kedmani  a souligné que par suite des efforts des producteurs, l’Algérie n’importe, aujourd'hui, que 20% des semences, 80% étant produites localement.  
Pour rappel, l'Algérie, importe entre 60 et 80 millions d'euros de semence de pomme de terre annuellement.
Soraya Guemmouri

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