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Problématique des archives au théâtre algérien : Sauver la mémoire

A l’occasion de la journée internationale du Théâtre, le théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi (TNA) a célébré l’événement avec différentes activités à l’exemple d’une conférence, tenue hier, sur la thématique « le théâtre et l’archive ».

PUBLIE LE : 27-03-2017 | 23:00
D.R

A l’occasion de la journée internationale du Théâtre, le théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi (TNA) a célébré l’événement avec différentes activités à l’exemple d’une conférence, tenue hier, sur la thématique « le théâtre et l’archive ».

Après la lecture du message universel de la journée internationale du Théâtre par la comédienne Nidhal, relatant la noble mission de cet art mythique pour instaurer une culture de paix et de tolérance, la thématique de la rencontre a porté sur un maillon faible de la pratique théâtrale en Algérie, une menace qui plane sur la sauvegarde de ses titres de gloire et de sa mémoire, à savoir la problématique des archives.
Animée par le critique théâtral Mohamed Boukeras, le conférencier a tiré la sonnette d’alarme quant à la sauvegarde de centaines, voire de milliers d’œuvres théâtrales produites par le quatrième art algérien et dont les traces de la plupart sont introuvables. « Si un chercheur, étudiant, homme de théâtre ou un simple passionné du quatrième art souhaite revoir ou avoir des informations sur une œuvre, il se retrouve face à une impasse », a-t-il relevé. Rappelant l’absence de certitude par rapport au début de la pratique théâtrale en Algérie, Mohamed Boukeras a indiqué que de nombreux auteurs et chercheurs relatent les mêmes faits, dont l’interdiction du théâtre de marionnettes en Algérie en 1843 par la colonisation française, sans aller plus loin et chercher les raisons de cette interdiction, le contenu des œuvres et les acteurs ayant pratiqué cet art populaire. « A titre d’exemple, le spectacle de Jeha en 1926 et parmi les pièces maîtresses de la fondation du théâtre algérien. On relate le déroulement de cette pièce sans aucun effort de chercher son texte, ses acteurs et les péripéties de sa tenue. Notre archive culturel est actuellement en France, il y avait des rapports de policiers français, d’administrateurs gérant la pratique théâtrale que nous n’avons pas demandé, il s’agit après tout de notre histoire et de notre identité culturelle », a-t-il souligné avant de revenir également, la mort dans l’âme, sur l’absence de toute archive relative au travail colossal effectué par la troupe artistique du Front de Libération Nationale. « Ambassadrice de la cause algérienne, la troupe artistique du FLN a connu un grand succès dans le monde, notamment dans les pays arabes et de l’Europe de l’Est. C’était une troupe artistique par excellence, politique et diplomatique. Les œuvres de cette troupe composée de la crème de comédiens algériens sont introuvables en édition, les archives ne sont pas répertoriées de façon scientifique et hélas nous n’avons jamais eu l’idée de reprendre et promouvoir ces œuvres », a-t-il déploré.  Rappelant les efforts des passionnés du théâtre pour immortaliser l’œuvre algérienne authentique, le conférencier a mentionné les travaux des Mémoires de Mahieddine Bachtarzi écrites en trois tomes, les travaux de Mohamed Tahar Foudala, la contribution des universitaires en cherchant et analysant dans la profondeur du théâtre algérien à l’exemple d’Ahmed Bennour, Ahmed Hamoumi, Makhlouf Boukrouh et Djamila Zegaï, ainsi que la contribution de journalistes, critiques et photographes de presse à l’instar d’Ahmed Beyoud, Mohamed Kali, Ali Hafied et Fodhil Hedhoum.
Kader Bentounès

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