dimanche 26 mars 2017 15:48:04

Préserver le patrimoine : Un atelier en septembre au bénéfice des experts arabes et africains

Conférence de l’archéologue Mounir Bouchenaki

PUBLIE LE : 21-03-2017 | 0:00
Ph. Louiza

Expert auprès de l’UNESCO pendant de longues années, archéologue et ancien cadre au ministère de la Culture, Mounir Bouchenaki a animé, hier, au palais de la culture, une conférence-débat portant sur le rôle de l’UNESCO et des experts internationaux dans la protection des sites archéologiques en cas de conflit armé.

Commençant par donner une définition du patrimoine culturel que représentent les monuments et sites historiques, le conférencier a rappelé que c’est à l’initiative de la Bolivie, dans les années 1990, que le patrimoine culturel immatériel a connu des classements auprès de l’UNESCO. Mounir Bouchenaki a annoncé que de concert  avec le ministère de la Culture, il sera organisé le mois de septembre prochain un atelier de formation en Algérie au bénéfice d’experts arabes et africains pour s’entraîner sur les modalités de présenter des sites au classement de l’UNESCO.
« On trouve 67 sites italiens classés à l’Unesco alors que le nombre de sites classés des pays arabes est de 52. C’est inadmissible en sachant que le Moyen-Orient est le berceau des civilisations et l’Afrique du Nord a abrité auparavant différentes cultures et civilisations. Cet atelier devrait booster la mise en valeur de notre patrimoine culturel », a-t-il fait savoir.
Egalement ancien directeur général de l’ICCROM (Centre international d’études pour la conservation et la restauration des biens culturels) et ex-directeur général du Centre régional arabe pour le patrimoine mondial établi, le conférencier a insisté sur l’obligation de faire preuve de vigilance par rapport à l’actualité géostratégique confuse dans les pays arabes. « Les extrémistes et les forces occultes tentent d’anéantir l’identité et la mémoire des peuples et nations. La composante de chaque peuple est liée à sa mémoire et sa relation avec son passé et sa civilisation. L’UNESCO prend cela au sérieux et porte un grand intérêt à la sauvegarde des sites archéologiques. Nous essayons de nous appuyer sur les bases juridiques, sur les enquêtes et l’aspect pratique en utilisant des méthodes modernes avec notamment des consultations avec des experts locaux et internationaux », a-t-il souligné avant de relater ses différentes missions dans les quatre coins du monde en tant qu’expert auprès de l’UNESCO pour protéger et restaurer des sites archéologiques. Il a entre autres narré ses missions au Cambodge, au Yémen, au Liban et en Irak. L’orateur a déploré la situation chaotique des sites archéologiques dans les pays arabes victimes ces dernières années de violences extrêmes. «  C’est vraiment triste de voir l’anéantissement de la ville d’Alep, une perle civilisationnelle. L’Irak aussi connaît la décadence sans parler de la Libye, le pays ayant le plus de sites archéologiques romains et grecs en Méditerranée », a-t-il encore noté.
La rencontre a permis également au conférencier de présenter son ouvrage intitulé Patrimoine mutilés, ces trésors de l’humanité défigurés par la folie des hommes, en présence de nombreux chercheurs en histoire et en archéologie. Rencontré en marge de la conférence à laquelle il a assisté, le ministre de la Culture, Azeddine Mihoubi, a rappelé le travail de coordination effectué avec les différentes autorités (douanes, gendarmerie et sûreté nationale) pour sauvegarder les sites et vestiges archéologiques. Le ministre a ajouté que le musée arabe et africain de Tipasa est en cours de construction et que l’Algérie a respecté son engagement, en attendant que les pays arabes fassent de même, notamment sur la question du budget.
Kader Bentounès

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