samedi 18 novembre 2017 02:06:21

Centre de presse d’EL MOUDJAHID, Mme Asfari, invitée de notre forum : « La cause sahraouie l’oubliée des médias occidentaux »

En prévision du procès des prisonniers politiques de Gdeim Izik, attendu le 13 mars prochain, Mme Claude Mangin Asfari, militante des droits de l’homme, était hier au Forum d’El Moudjahid, dans le cadre d’une campagne de sensibilisation autour du sort des prisonniers politiques, dont son époux Naama Asfari. Pour elle, la cause sahraouie reste l’oubliée des médias occidentaux.

PUBLIE LE : 16-02-2017 | 0:00
Ph : Wafa

En prévision du procès des prisonniers politiques de Gdeim Izik, attendu le 13 mars prochain, Mme Claude Mangin Asfari, militante des droits de l’homme, était hier au Forum d’El Moudjahid, dans le cadre d’une campagne de sensibilisation autour du sort des prisonniers politiques, dont son époux Naama Asfari. Pour elle, la cause sahraouie reste l’oubliée des médias occidentaux.

«Grâce au droit international humanitaire et grâce à ce procès, on veut montrer qu’il s’agit d’un territoire occupé avec une puissance occupante et que, selon le droit international humanitaire, les prisonniers ne devraient pas être jugés à Rabat, dans la puissance occupante, mais là où se sont produits les faits», a d’emblée expliqué la conférencière qui est, faut-il le rappeler, présente à Alger sur invitation de l’Union nationale des femmes algériennes (UNFA). Poursuivant ses propos, elle déclare que son époux, le militant sahraoui des droits de l’homme, Naâma Asfari, a été «arrêté en octobre 2010, à la suite de grands mouvements de résistance du peuple Sahraoui dans les territoires occupés» et c’est depuis plus de six années que M. Naama Asfari est incarcéré près de Rabat. M. Asfari a été condamné à 30 ans de prison par un tribunal militaire en 2013. L’oratrice soutient que le fait d’être aujourd’hui devant un procès civil «permet au peuple Sahraoui de prendre la parole», notant dans ce contexte que le procès en appel était d’abord programmé pour le 26 décembre. «Il a été reporté pour les 23, 24 et 25 janvier et ensuite pour le 13 mars 2017», a-t-elle indiqué.
Depuis l’incarcération de son époux, Mme Claude Mangin-Asfari rend régulièrement visite à ce dernier en prison. Cela a duré jusqu’au mois d’octobre dernier mois durant lequel les autorités marocaines lui avaient interdit l’entrée au Maroc. «Depuis 6 ans, je partais le voir tous les quatre mois lors des vacances scolaires parce que je suis professeur d’histoire/géographie. Les premières fois, il y avait très peu de visites. Elles duraient 5 à 10 minutes. C’était assez horrible, surtout qu’au début, ils étaient dans une prison pour terroristes. Finalement et au bout de deux ans et demi, ils ont été transférés dans une prison pour droit commun. Les choses sont donc plus faciles et les gardiens plus aimables. On pouvait y aller tous les jours et autant de temps qu’on pouvait. En septembre, ils ont été transférés dans une autre prison, plus loin. Cela dit, j’ai été refoulée en octobre dernier et on m’a donné un ‘’papier’’ comme quoi, j’étais interdite de territoire mais sans me donner la raison. Après avoir écrit à l’ambassade en janvier pour mon droit de visite, il n’y a pas eu de réponse», relève la représentante du comité des familles des prisonniers politiques de Gdeim Izik dans son témoignage. Persévérante, elle a retenté sa chance, la semaine dernière «mais en vain», a-t-elle déploré.

« France-Maroc, une diplomatie d’exception »

L’hôte de l’UNFA et du Forum d’El Moudjahid a également mis à profit cette rencontre pour présenter un film intitulé Dis leur que j’existe. Ce film qui porte un message très fort : celui d’un peuple qui revendique son indépendance, devra passer aujourd’hui, jeudi, à la cinémathèque d’Oran, a-t-elle annoncé. Ayant nécessité pas moins de trois longues années de préparatifs, le film est sorti il ya trois mois de cela, fait savoir Mme Claude Mangin Asfari. « J’étais à Genève, la semaine dernière pour le passer. Il passera à Bruxelles également», a annoncé l’invité du forum d’El Moudjahid mettant l’accent sur le fait que le film qui «est pédagogique, a pour ambition de faire connaître davantage la cause sahraouie».
En réponse à une question sur les conditions de détention des prisonniers sahraouis, elle signale qu’une «soixantaine de prisonniers sahraouis incarcérés dans les geôles marocaines font l'objet de maltraitance et torture, des pratiques auxquelles n’échappent pas les prisonniers marocains», poursuivant, que «le Maroc poursuit sa politique de l'humiliation en permanence». D’autre par, en ce qui concerne la réaction des autorités françaises suite à son expulsion de l'aéroport de Casablanca, Mme Mangin-Asfari, a indiqué que la France entretient une «diplomatie d'exception» avec le Maroc, déplorant le fait que les rapports entre les deux parties soient «basés sur la discrimination». Aussi, elle relève que «plusieurs associations françaises ont adressé des écrits au ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, afin d'intervenir auprès du Maroc en vue de lever l'interdiction de Claude Mangin-Asfari de rendre visite à son mari».
Lors de cette conférence, Mme Asfari a rendu un vibrant hommage aux Sahraouis, pour leur lutte contre l'occupant marocain et leur résistance face aux forces de répression marocaines pour dire que «le Sahara occidental n'est pas une partie du Maroc».
S’exprimant pour sa part et s’adressant à Mme Claude Mangin Asfari, Mme Nouria Hafsi a déclaré : « C’est une grande opportunité pour nous de t’accueillir. Les militantes de l’UNFA ne connaissaient pas ce volet des prisonniers de Gdeim Izik et de tous les autres prisonniers». Aussi et tout en saluant le combat de cette militante des droits de l’homme et représentante du comité des familles des prisonniers politiques de Gdeim Izik, Mme Nouria Hafsi a mis en exergue l’importance de réactiver les réseaux, notamment le réseau des femmes, installé en 2012, avec le leadership de Willy Mandela qui s’est engagée et qui est encore engagé pour la cause Sahraouie.
S’exprimant, par ailleurs, au sujet de l’entrée du Maroc à l’Union Africaine, Mme Nouria Hafsi a affirmé que «l’objectif n’est pas de reconnaitre la RASD mais plutôt de diviser l’union africaine qui est un appui important de la cause sahraouie». Enfin, elle appellera à davantage de vigilance soutenant qu’il «faudrait que la communauté internationale soit interpellée».
Soraya Guemmouri 

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Dis-leur que j’existe  

Claude Marguerite Mangin-Asfari, Chevalière de l’Ordre National du Mérite, porte sur ses frêles épaules, la cause de tout un peuple. Le peuple sahraoui, qui milite pacifiquement pour libérer la dernière colonie de l’Afrique. A Alger, sur invitation de l’Union Nationale des femmes algériennes (UNFA), la ressortissante française qui a beaucoup de choses à dire, a fait hier, un passage au Forum d’El Moudjahid. Dans ses yeux bleus, cachées derrière une paire de lunette sobres, on peut lire cette détresse propre aux femmes de prisonniers. Cependant, à la différence de beaucoup d’entre-elles, le mot désespoir ne figure pas dans son dictionnaire. Engagé, depuis 2010, date d’arrestation et d’emprisonnement de son mari, au lendemain des manifestations de Gdeim Ezik, Naama Asfari, cette professeur d’histoire/géographie se bat pour libérer son mari, condamné  avec 23 autres sahraouis, à 30 ans de prison. Après avoir frappé à toutes les portes, sauf celle du cabinet royal, pour une question de principe, elle est passée à une autre phase pour sensibiliser l’opinion française et européenne sur l’injustice subie par le peuple sahraoui, et surtout les détenus politiques jetés dans les geôles marocaines à l’issue de procès inéquitables, pour ne pas dire des parodies de justice. et parce que la cause sahraouie souffre d’un black out médiatique, notamment en France, elle vient de produire un documentaire, intitulé Dis-leur que j’existe, une histoire sahraouie.
Dis leur que j’existe, trace le portrait de Naama Asfari , juriste, militant des droits de l’Homme , et fermement engagé pour l’indépendance de son pays, condamné injustement à 30 ans de prison pour des faits dont il est innocent (arrêté la veille des manifestations du Gdeim Ezik ). Une partie de ce documentaire, est également consacrée à l’épouse du militant, Claude Mangin Asfari, qui de visites carcérales, en réunions diplomatiques, de plaintes déposées pour dénoncer la torture, de correspondances aux autorités françaises, en manifestation de soutien..., continue de mobiliser et de sensibiliser à la cause sahraouie, et au sort de son mari.
Avec pour grand espoir, la libération des prisonniers jugés, dans ce qui est appelé, le procès Gdeim Ezik, ou du moins d’un nouveau procès juste et équitable. A travers, ce documentaire, Claude Mangin, veut briser ce black-out, qui entoure la cause sahraouie. La presse française et européenne , dit-elle évite d’aborder la question. Pour elle, les médias occidentaux ont failli à leur mission, celle de dénoncer les exactions et les violations des droits de l'Homme commises par les forces d'occupation marocaines contre les Sahraouis, depuis plus de 40 ans. Claude Mangin-Asfari, qui a été refoulée du territoire marocain, au mois d’octobre dernier et au début du mois de février, elle a relaté, cette nuit ou elle a été séquestrée dans une pièce à l'aéroport de Casablanca pour la contraindre à embarquer le lendemain dans un avion pour Genève, l'empêchant ainsi de rendre visite à son époux, dont le procès est prévu le 13 mars prochain. A moins d’un mois, de sa comparution devant un tribunal civil, une bataille de gagnée, puisque il a été jugé par un tribunal militaire, la militante redouble d’efforts même si les autorités marocaines innovent à chaque fois avec de nouveaux subterfuges pour détourner l’opinion internationale.
La tribune d’El Moudjahid, a été pour elle, une occasion pour réitérer son appel la communauté internationale, notamment les organisations de défense des droits de l'Homme, médias, syndicats et les instances juridiques à intensifier les visites aux prisonniers politiques sahraouis, c’est la meilleure manière de dévoiler les graves violations des droits de l'homme dont fait preuve l’occupant marocain. L’appel de cette femme courage , mérite d’être entendue, car il résume toute la détresse de tout un peuple.
    Nora Chergui

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