samedi 29 avril 2017 12:17:47

Conférence africaine sur la gouvernance de l'internet : Un espace de débat et d’échanges

Coopération algéro-malienne dans le domaine des TIC : Signature d'un mémorandum d'entente

PUBLIE LE : 14-02-2017 | 0:00
D.R

L'Afrique doit garantir sa participation, d'une même voix, à la promulgation des lois sur la gouvernance de l'internet dans le but de la mise en place de bases solides pour des lois internationales encadrant le monde virtuel, a indiqué, hier, la ministre de la Poste et des Technologies de l'information et de la communication, Houda-Imane Faraoun.

S’exprimant à l’ouverture de la conférence africaine sur la gouvernance de l'internet (CAGI), Mme Faraoun a souligné la nécessité de faire participer « impérativement » tous les peuples de la planète, y compris ceux qui n'ont pas encore accès à l'Internet,  à la définition des fondements de la gouvernance du réseau à travers des dispositifs  transparents, démocratiques et participatifs.
"Il s'agit aussi de limiter l'usage de l'Internet aux seules fins pacifiques, tout en inscrivant ce principe dans un document contraignant et exécutoire, approuvé par tous les Etats", a-t-elle suggéré. La ministre a ajouté que cette rencontre constitue "une excellente opportunité  pour débattre et définir une position commune quant aux nouvelles questions relatives à la gouvernance d'internet". Elle a rappelé que les gouvernements africains ont déployé d'"énormes  efforts entre 2000 et 2016 où le nombre d'internautes a progressé de plus de 7.000% passant d'environ 4,5 millions d'internautes, en 2000, à plus de 340 millions d'internautes actuellement". Mme Faraoun a indiqué que la population d'Afrique compte "plus de 1,2 milliard d'habitants, dont moins de 25% sont connectés à internet, voire moins de 3% dans certains pays africains, alors que ce taux dépasse 74% en Europe et 90% en Amérique du Nord". La ministre a déploré, à cette occasion que l'internet "constitue un grand marché où certaines personnes gagnent de l'argent, au détriment de nos  économies", citant à titre d'exemple, la publicité numérique qui a généré "environ  200 milliards de dollars en 2016", tout en s'interrogeant combien sont investis pour le développement de la connectivité en Afrique". "Contrairement à ce que nous espérions, la généralisation de l'internet a eu comme conséquences un contrôle collectif, l'utilisation abusive des données  personnelles notamment comme outil de contrôle sociale et politique, le monopole, la marchandisation et le marchandage de la connaissance", a-t-elle dit. La généralisation de l'internet a eu aussi comme conséquence "la prédominance d'une catégorie de fournisseurs de services en ligne, qui ne tiennent pas compte  du préjudice causé aux économies nationales des Etats, en empêchant le retour sur les investissements consentis pour le déploiement des infrastructures", a-t-elle ajouté.

Rapprocher les points de vue africains et adopter une vision commune

Mme Faraoun a affirmé que l'Afrique "ne peut remédier à cette situation qu'à travers des modifications profondes aux procédures actuelles de gouvernance  de l'Internet". Pour elle, "la gouvernance de l'Internet doit être fondée sur le principe de garantie de l'accès au réseau pour tous". Or, ce principe, a-t-elle dit", "ne peut servir les droits de l'homme et la justice sociale que s'il permet le partage du pouvoir et consacre la souveraineté des peuples et des Etats,  conformément aux principes adoptés par les Nations unies et pour lesquelles  milite toute l'humanité". "La mise en place d'un cadre efficient afin de concrétiser ces objectifs  est le plus grand défi à relever aujourd'hui concernant la gouvernance mondiale de l'Internet", a-t-elle fait valoir.  Revenant sur la conférence relative à la gouvernance de l'internet,  Mme Faraoun a indiqué que cette rencontre sera l'occasion de discuter afin de rapprocher les points de vue africains et adopter une vision commune. Elle a exprimé son espoir de voir cet évènement continental couronné par l'adoption "des principes indéfectibles constituant un fondement pour l'émergence d'une gouvernance de l'Internet à même de garantir des avancées dans le domaine des droits de l'homme et de la justice sociale aux niveaux national et international".  Il s'agit d'astreindre l'économie en relation avec l'Internet, à l'instar des autres branches de l'économie mondiale, à la collecte et à la répartition  des recettes fiscales de façon juste et équitable à travers le monde entier, tout en tenant compte que la concentration des fournisseurs de services électroniques dans les pays du Nord affecte les recettes fiscales dans les pays du Sud, a-t-elle dit. Elle a rappelé, à cette occasion, une citation du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, au Sommet mondial de la Société de l'information tenu en 2005. Le Président Bouteflika avait affirmé que "sans volonté politique clairement affirmée et mise en œuvre, l'avènement d'une société de l'information fondée sur le partage et la solidarité restera une illusion, tant l'approche privilégiée à ce jour s'appuie sur nombre d'exigences et de contraintes faites aux pays du Sud au nom de l'efficacité et de la rationalité économique, alors que leurs  propositions de politiques réellement porteuses trouvent peu d'écho chez les pays nantis dont le discours s'appuie de manière générique sur une bonne conscience idéologique à tout le moins contestable...".

L'UIT salue l'engagement de l'Algérie dans la promotion de l'internet en Afrique  

L'Union internationale des télécommunications (UIT) a salué l'engagement de l'Algérie dans la promotion de l'internet  en Afrique et à travailler "sans relâche" avec les pays africains pour tirer profit des avantages du web afin de servir tous les citoyens du continent. "En cette occasion, je voudrais, au nom du secrétaire général de l'UIT,  salué la volonté et l'engagement de l'Algérie à travailler sans relâche avec les pays africains pour que les avantages de l'internet soient partagés et servent tous les citoyens du contient", a déclaré Ibrahim Sano, représentant de l'UIT dans une allocution à la même occasion. Il s'est félicité, à cette occasion, du degré du développement de l'Afrique où le pourcentage des utilisateurs d'internet "a augmenté de façon constante passant de 2,4% en 2005 à 27,6% à la fin de 2016". M. Sano a relevé également une augmentation du nombre d'abonnés à la téléphonie mobile en Afrique dont "le pourcentage a été multiplié par six entre 2005 et 2016 atteignant actuellement une moyenne de 83% de pénétration".  Il a affirmé, en outre, que le continent "a besoin d'internet plus que les autres pour accélérer l'atteinte des Objectifs du développement durable (OMD), notamment à travers la e-agriculture, la e-santé, la e-éducation et la  e-commerce". "L'internet n'est pas un luxe pour l'Afrique mais un bien indispensable  d'utilité publique et c'est pour cette raison que la conférence d'Alger sur la gouvernance de l'internet en Afrique vient à point nommé s'inscrire dans la dynamique de la concertation et de l'appropriation de l'internet par le continent",  a-t-il ajouté. Le représentant de l'UIT a noté que la conférence d'Alger "se tient  à un moment où la Big Data, l'Open Data, l'impression 3D et l'intelligence artificielle  deviennent des instruments de plus en plus indispensables à la prise de décision et à la gestion". "Devant ce nouveau défi et ces immenses opportunités, tous les acteurs et l'écosystème des TIC, se doivent de restructurer et réformer leur modes de pensées pour une bonne gouvernance de l'internet en Afrique", a-t-il dit.  Il a, enfin, exprimé le "plein soutien" de l'UIT à tous les pays africains  pour leurs efforts tendant à combler le fossé numérique et faire en sorte que chaque citoyen africain tire profit de la manne de l'économie numérique".  

La BAD approuve le projet d'interconnexion à fibre optique entre l'Algérie, le Niger,  le Nigeria et le Tchad  

Présent à cette occasion, le représentant de la Banque africaine de développement (BAD) en Algérie, Boubacar Sidiki Traore a indiqué que son institution avait approuvé le financement du projet de la Dorsale Transsaharienne à fibre optique (DST) devant interconnecter l’Algérie, le Niger, le Nigeria et le Tchad.  "Le Projet doit interconnecter, dans sa première phase l’Algérie, le  Niger, le Nigeria et le Tchad, et la phase suivante de la DTS concernera les  interconnections à fibre optique de l’Algérie, du Mali et du Niger", a précisé M. Sidiki Traore à l’ouverture à Alger de la Conférence africaine sur la Gouvernance de l’internet sous le haut patronage du Président de la République, M. Abdelaziz  Bouteflika. A ce sujet, le représentant de la BAD, se félicite du lancement des activités du Comité de Liaison de la DTS (CLDT) en présence des ministres en charge du secteur des six pays membres concernés. Les autorités algériennes ont bien voulu accepter d’accueillir le siège de ce Comité qui assurera, entre autres, "la coordination et la cohérence des tracés de DTS, la collecter et les échanges de données relatives au projet",  a ajouté le responsable. Le représentant de la BAD en Algérie a réitéré la disponibilité de la  Banque africaine à "accompagner et appuyer les pays respectifs à renforcer et améliorer la résilience et la diversification des économies des pays, notamment à travers la mise en place des infrastructures et applications TIC tout en les appuyant dans le renforcement des cadres juridiques et réglementaires y afférents pour lutter contre les défis posés par les innovations technologiques et en  particulier internet". "La BAD a répondu favorablement à la requête des autorités algériennes pour tenir cette conférence, visant à engager la réflexion au niveau continental  afin que les 54 pays puissent adopter une position commune, assortie de recommandations précises, pour pouvoir faire face aux défis découlant de la gouvernance de l’internet, et afin d’en tirer pleinement avantage tout en limitant, voire annulant la prolifération des risques y afférents", a-t-il souligné. Cette conférence a pour objectif de "rapprocher les visions et stratégies des pays africains, et d'unifier leur position par rapport à la problématique de la gouvernance de l’internet afin que les pays africains arrivent à s’approprier  un usage de l’internet adapté".
Salima Ettouahria

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Coopération algéro-malienne dans le domaine des TIC
Signature d'un mémorandum d'entente

Un mémorandum d'entente visant le renforcement  de la coopération algéro-malienne dans le domaine des technologies de l'information et de la communication, a été signé hier, en marge de la conférence africaine sur la gouvernance de l'internet. Le mémorandum a été signé par la ministre de la Poste et des Technologies de l'information et de la communication, Houda-Imane Faraoun, et son homologue  malien, Mountaga Tall. Le directeur général d'Algérie Télécom satellite (ATS), Mohamed Benabdelouahad,  et le directeur général de l'Agence malienne des TIC, Camara Hamed Selif, ont signé, de leur côté, une convention commerciale en matière de fourniture d'internet  par satellite dans le cadre de ce mémorandum d'entente. Cette convention, va permettre à l'Algérie "de commercialiser, pour la première fois de son histoire, de la data (internet) et la voix (téléphonie) à un autre pays". Elle  permettra également la connectivité des zones enclavées du Mali et de plusieurs sites gouvernementaux, ainsi que des entreprises publiques et  privées de ce pays, a-t-il précisé, ajoutant que cette convention sera suivie  par d'autres avec des pays du continent africain.
S. E.

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Dorsale transsaharienne à fibre optique
Le Comité de liaison installé 

Le Comité de liaison de la dorsale transsaharienne à fibre optique (CLDT) a été installé hier, lors d’une cérémonie, qui a eu lieu en marge de la conférence africaine de la gouvernance de l'internet, en présence des ministres chargés des Technologies de l'information et de la communication de l'Algérie, du Mali, du Niger, du Tchad et du Nigeria ainsi que du représentant de la Banque africaine de développement (BAD).  Le diplomate algérien, Hmaidia Mounir, a été désigné secrétaire général de ce Comité lors de cette cérémonie qui a vu également la désignation des autres membres de cette instance régionale. La ministre de la Poste et des Technologies de l'information et de la  communication, Imane-Houda Faraoun, a rappelé lors de cette rencontre, que le projet de la liaison terrestre en fibre optique reliant l'Algérie, le Niger, le Mali, le Tchad et le Nigeria, a été initié en 2003 dans le cadre du Nouveau  partenariat pour le développement en Afrique (NEPAD).  
"Ce réseau fédérateur nous permettra d'accéder à la bande passante Internet internationale via des câbles sous-marins à fibre optique à des prix concurrentiels", a-t-elle ajouté, précisant que le processus de réalisation de cette infrastructure "connaît aujourd'hui une nouvelle étape avec l'installation du Comité de liaison de la dorsale transsaharienne".
Le projet de la dorsale transsaharienne en fibre optique, constitue un socle de base sur lequel pourra se greffer le développement du e-commerce, e-mobile et de l’e-administration, en diminuant les coûts d’accès à l’internet, selon un document de la Banque africaine de développement (BAD). Le projet, qui s'inscrit dans le cadre du Nepad (Nouveau partenariat  pour le développement en Afrique), "a été rattaché à l'autre projet phare, en l'occurrence la route transsaharienne, en vue de connecter toutes les concentrations de populations sur son trajet par voies routières aux autres régions du pays  et, au-delà, au monde", note le document distribué à la presse à l'occasion de la conférence africaine sur la gouvernance de l'internet qui s'est ouverte lundi à Alger.  
"Cette connexion consiste à compléter les maillons manquants au Niger et au Tchad de la dorsale transsaharienne en fibre optique (Algérie, Niger, Nigeria, Tchad) par la mise en place du socle de base sur lequel pourra se  greffer le développement futur notamment du commerce électronique, des services financiers mobiles, de l’administration électronique, en diminuant les coûts  d’accès aux services TIC qui restent inaccessibles pour les populations", explique le document. Concernant les infrastructures, le projet prévoit le déploiement de la fibre optique sur les axes de la route transsaharienne interconnectant l’Algérie au nord, le Nigeria au sud et le Tchad à l’Ouest.  
La ministre de la Poste et des Technologies de l'information et de la communication, Houda-Imane Faraoun, a indiqué, à l'occasion de l'installation du Comité, que le projet de la liaison terrestre en fibre optique reliant l'Algérie, le Niger, le Mali, le Tchad et le Nigeria, a été initié en 2003 dans le cadre du Nepad.
Salima E.
 

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