vendredi 24 fvrier 2017 18:10:40

Accord d’association Algérie-UE : Évaluation achevée

21 recommandations pour relancer les relations.

PUBLIE LE : 11-01-2017 | 0:00
D.R

L'Algérie et l'Union européenne ont achevé, en décembre dernier, l'évaluation de leur Accord d'association, tandis que le document final de cette évaluation sera validé prochainement à Bruxelles, a confié, hier à l'APS, un haut responsable du ministère des Affaires étrangères.

«Nous sommes parvenus, le 7 décembre dernier, à conclure l'évaluation par un document conjoint qui sera validé dans les prochains jours à Bruxelles, lors de la réunion du conseil de l'Accord d'association Algérie-UE, coprésidé par le ministre, Ramtane Lamamra, et la Haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini», a précisé le directeur de la coopération avec l'UE et les institutions internationales auprès du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, M. Ali Mokrani.
«Nous avons très bien travaillé. C'est un accord des deux parties pour relancer leurs relations denses», a souligné M. Mokrani, en marge d'un séminaire de lancement d'un jumelage institutionnel entre l'Algérie et l'Espagne dans le domaine des finances. Ce document contient 21 recommandations permettant «de relancer la coopération entre l'Algérie et l'UE dans le but de mettre les relations économiques au centre de cette coopération, de donner à cet accord toute son importance et d'utiliser tout son énorme potentiel dans ses trois composantes : politique, économique et humaine», poursuit le même responsable.
Selon lui, ces recommandations prévoient plusieurs actions et axes de coopération «afin de remettre l'Accord d'association dans le bon sens». Il s'agit, précise-t-il, «du partenariat économique dans le sens de l'accompagnement de l'effort du gouvernement algérien dans la diversification de l'économie, de la promotion des exportations hors hydrocarbures, du développement de l'économie du savoir-faire, de l'économie numérique et de la promotion d'une économie inclusive à caractère social». Il s'agit également «du développement des relations d'investissements et de partenariat entre les entreprises européennes et algériennes, et le flux des investissements européens directs productifs en Algérie», avance-t-il.
M. Mokrani a aussi fait savoir que l'Algérie et l'UE avaient également finalisé un autre document conjoint portant sur les priorités communes relatives à la Politique européenne de voisinage, qui sera approuvé lors de la réunion du conseil de l'Accord d'association Algérie-UE. Pour rappel, une évaluation de l'impact de l'Accord d'association Algérie-UE sur le commerce extérieur, depuis sa signature en 2005 jusqu'à 2015, montre que le cumul des exportations algériennes hors hydrocarbures (HH) vers l'UE n'a même pas atteint les 14 milliards de dollars sur les dix années, alors que le cumul des importations algériennes auprès de l'UE s'est chiffré à 220 milliards de dollars, avec une moyenne annuelle de 22 milliards de dollars.
Les exportations algériennes HH vers les pays de l'UE sont passées de 597 millions de dollars en 2005 à seulement 2,3 milliards de dollars en 2014, avant de baisser à 1,6 milliard de dollars en 2015.
Entré en vigueur en 2005, l'Accord d'association a, pourtant, comme principal objectif de promouvoir les exportations algériennes hors hydrocarbures vers l'Europe et de développer les investissements européens en Algérie. Un Conseil des ministres, tenu en octobre 2015, avait entendu et débattu une communication de M. Lamamra sur le partenariat entre l'Algérie et l'UE. Réuni sous la présidence du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, ce Conseil des ministres avait alors considéré nécessaire de réévaluer les volets économique et commercial de l'Accord d'association avec l'UE qui n'a pas réalisé les objectifs attendus.

Jumelage entre l’IGF et l’Institut espagnol d’études fiscales

Un jumelage institutionnel entre l'Inspection générale des finances (IGF) et l'Institut espagnol d'études fiscales, dans le cadre du programme d'appui à la mise en œuvre de l'accord d'association Algérie-UE (P3A), a été lancé officiellement, hier lors d'un séminaire organisé à l'École nationale d'administration (ENA). Géré par l'Unité de gestion du P3A et financé à hauteur de 1,4 million d'euros par l'UE, ce jumelage de 24 mois de durée prévoit 69 missions d'échange et la formation de quelque 150 fonctionnaires de l'IGF. «Ce jumelage permet à l'IGF de bénéficier d'un appuis précieux pour franchir de nouvelles étapes dans ses efforts de modernisation», a déclaré le ministre des Finances, Hadji Baba Ammi, lors de la cérémonie de lancement de cette coopération.
Soulignant l'importance de ce partenariat qui illustre la qualité de la coopération entre l'Algérie et l'UE, le ministre a relevé que «ce jumelage constitue un atout supplémentaire dans la consolidation et le développement des relations économiques entre l'Algérie et l'Espagne».
«Il est attendu un apport concret de l'expérience espagnole en termes de renforcement des capacités institutionnelles, organisationnelles et professionnelles de l'IGF, pour mieux répondre aux exigences de la bonne gouvernance des finances publiques», a-t-il dit.
À l'issue de ce jumelage, L'IGF devrait pouvoir axer ses interventions sur les principaux risques préalablement identifiés et rehausser le niveau d'expertise de son personnel opérationnel en matière de contrôle, d'audit et d'évaluation des grands projets et des politiques publiques, a expliqué M. Baba Ammi. «Cet apport d'expertise espagnol et communautaire est d'autant plus important que les pouvoirs publics s'attellent à renforcer le rôle de l'IGF dans le système de la gouvernance des finances publiques tant en terme de l'amélioration de la gestion publique que de la moralisation de la vie publique à travers la prévention contre les risques des fraudes et autres pratiques déviantes», a-t-il souligné.

L’IGF doit s’ériger en outil de conseil et d’aide à la décision

Pour lui, l'IGF doit «s'impliquer et anticiper sur les réformes des autres secteurs en s'érigeant progressivement en force de proposition, de conseil et d'aide à la décision». Le directeur de la coopération avec l'UE et les institutions internationales au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ali Mokrani, a, quant à lui, souligné l'importance accordée par les autorités algériennes à cette opération de jumelage qui constitue, selon lui, «un outil par excellence de transfert d'expertises et de bonne pratiques».
«Nous nous réjouissons que le jumelage de l'IGF soit avec une institution d'un État membre de l'UE et avec lequel l'Algérie entretient des relations excellentes et en perpétuelle densification et approfondissement», a-t-il appuyé.
M. Mokrani a également réitéré l'appel du ministère des Affaires étrangères à l'UE et ses États membres, pour «une plus forte mobilisation des administrations partenaires et des experts en vue d'un montage rapide des jumelages institutionnels». «Un tel besoin est inscrit (...) parmi les conclusions relatives au renforcement des capacités nationales issues de l'évaluation conjointe de l'Accord d'association qui vient d'être achevée», a-t-il souligné. Selon lui, cette démarche s'inscrit dans l'objectif du «renforcement du dialogue et de la coopération globale et multidimensionnelle des liens de voisinage entre l'Algérie et l'UE». Par ailleurs, la cérémonie de lancement officiel de ce jumelage s'est déroulée en présence du ministre délégué, chargé de l'Économie numérique et de la Modernisation des systèmes financiers, Mouatassim Boudiaf, des ambassadeurs de l'UE et d'Espagne en Algérie, ainsi que des cadres des administrations algériennes et espagnoles impliquées dans cette coopération. Pour le chef de la délégation de l'UE, John O'Rourke, l'Algérie est le pays du Maghreb qui «utilise le plus cet instrument de jumelage». «Je crois que les administrations algériennes ont bien compris tous les bénéfices de ce genre de coopération», a-t-il dit. Pour sa part, l'ambassadeur d'Espagne en Algérie, Alejandro Polanco Mata, a estimé que ce jumelage était «un motif de grande satisfaction pour l'administration espagnole».
«Il est une bonne preuve de notre implication dans les instruments de jumelage qui constituent un excellent mécanisme pour encourager le travail conjoint de nos administrations, pour consolider les relations bilatérales déjà existantes», a-t-il dit. (APS)

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