mercredi 18 janvier 2017 06:55:38

Mme FAraoun : « La privatisation d’Algérie Télécom n’est pas à l’ordre du jour »

La nouvelle loi consacre la souveraineté de l’État sur les infrastructures de communication

PUBLIE LE : 10-01-2017 | 0:00
D.R

«L’État algérien n’a pas l’intention de procéder à la privatisation des structures appartenant à Algérie Télécom qui demeure un service public par excellence.» Tels sont les propos tenus par la ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication.

Mme Houda Iman  Faraoun, qui s’est exprimée, hier au Forum de la radio nationale, a exclu l’ouverture du capital des entreprises étatiques aux investisseurs privés. «L’ouverture au privé du capital des entreprises relevant du secteur n’est pas à l’ordre du jour», a-t-elle rassuré.
Évoquant la situation d’Algérie Poste, Mme Faraoun a affirmé que cette entreprise se porte bien désormais, rappelant qu’elle a fait face, ces dernières années, à de grandes difficultés. «Grâce à l’État, l’entreprise a évité la faillite», a-t-elle lancé, précisant que la situation de l’entreprise s’est améliorée ces deux dernières années, en enregistrant en 2015 un produit brut de 7 milliards de dinars, puis de 8 milliards de dinars en 2016.
«Algérie Poste ne risque plus la faillite et a franchi de grands pas en matière de modernisation», a-t-elle estimé, citant le nouveau système informatique utilisé, depuis octobre dernier, par l’entreprise, et le lancement du paiement électronique. Par ailleurs, elle n’a pas manqué de préciser que la restructuration d’Algérie Télécom est inévitable au regard des développements en cours à l’échelle mondiale. «Il n’a jamais été question de privatiser Algérie Télécom, il peut y avoir une option pour une entrée en bourse, éventuellement, si les retombées impactent l’optimisation des prestations et des services», dit-elle, ajoutant que le secteur doit se mettre au niveau des avancées technologiques mondiales, et doit procéder à la restructuration du secteur.

La nouvelle loi consacre la souveraineté de l’État sur les infrastructures de communication

La ministre a évoqué l’avant-projet de loi fixant les règles générales relatives à la poste et aux communications électroniques, qui a été approuvé par le Conseil des ministres, réuni sous la présidence du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Elle a mis l’accent sur l’importance de l’actualisation du dispositif législatif régissant le secteur, qui n’a pas été mis à jour depuis 2003.
 «La nouvelle loi consacre la souveraineté de l’État sur les infrastructures de communications et propose l’ouverture du dernier kilomètre aux entreprises économiques en reliant les clients au système MSAN», a-t-elle dit.   
 Le Président Bouteflika a invité le gouvernement à accélérer le développement des services de la poste et des communications électroniques, notamment l’augmentation des débits et capacités offertes pour le service du Net. Selon l’hôte du Forum, le Chef de l’État a également appelé le gouvernement à accompagner cette mutation qualitative du service de la poste et des communications électroniques par l’accélération des réformes pour faire progresser la modernisation du service public, notamment au niveau du système financier, et la gouvernance électronique.
 «Il s’agit d’une nouvelle législation destinée à remplacer celle de 2000 relative au même objet, visant à prendre en charge les mutations survenues dans ce domaine et à encadrer celles que doit connaître encore le secteur de la poste et des communications électroniques», a-t-elle expliqué.
 Détaillant l’avant-projet, la responsable ajoute qu’au sujet de la promotion de l’activité de la poste, il est notamment proposé de soutenir le développement de ce service universel, à travers toutes les contrées et localités du pays, par l’instauration d’un fonds dédié à cet effet.
Le texte porte aussi, poursuit-elle, sur le développement des communications électroniques à travers la mise en place du principe de dégroupage des boucles locales (opération technique permettant l’ouverture du réseau téléphonique local à la concurrence), le partage des infrastructures de communications électroniques, en vue d’optimiser l’exploitation de ces installations.
Le projet propose, en outre, le renforcement de l’exercice de la puissance publique dans le domaine des communications électroniques, les prérogatives de l’Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques, ainsi que les sanctions applicables aux infractions à la législation et à la réglementation relatives à la poste et aux communications électroniques.

600 distributeurs électroniques installés en 2016

Par ailleurs, la première responsable du secteur a confirmé un chiffre de 900 distributeurs électriques opérationnels que compte l’entreprise au niveau du territoire national dont 600 ont été installés cette année.
 Un chiffre qui reste dérisoire comparé au nombre global de bureaux de poste existants en Algérie, estimé à 3.600. Mme Faraoun indique que ce nombre est appelé à être augmenté. «Il est prévu l’acquisition de 440 autres en 2017», a-t-elle fait savoir, tout en assurant avoir fixé l’objectif d’implanter, d’ici 2019, un distributeur électronique dans chaque daïra.
«L’opération prévoit notamment la distribution, d’ici février 2017, de 10 millions de cartes. Environ 20.000 nouvelles demandes de cartes TPE enregistrées par jour», a-t-elle ajouté. En réponse à la forte demande que connaît l’entreprise à propos de la carte «Edahabia» (la nouvelle carte de paiement électronique), la ministre affirme que l’entreprise introduit chaque jour plus d’un million de cartes «Edahabia». Cette dernière permet notamment d’effectuer divers transactions financières en ligne par le biais d’un compte CCP.
«Ce nouveau mode de paiement permet d’effectuer à distance, via internet, en toute sécurité et rapidité, des opérations d’achat de biens et de services auprès des sites marchands des entreprises qui acceptent le paiement en ligne par cartes interbancaires (CIB)», a expliqué la ministre. Elle ajoute que, pour un début, la majorité des transactions concernées porteront sur le paiement des factures d’eau, d’électricité et de téléphone, ainsi que l’achat de billets d’avion en attendant une généralisation vers d’autres web marchands.

« Edahabia » n’est pas encore prête pour les transactions commerciales en ligne

Avec un langage très simple, la ministre de la Poste et des TIC a précisé qu’actuellement, notre pays n’est pas prêt, techniquement et juridiquement, pour se lancer dans les transactions en ligne.
Elle précise qu’il faut prévoir une réglementation qui devrait être définie par une autre instance qui ne dépende pas de nous. «Il y aura peut-être des concertations sur de petites modifications avec le ministère du Commerce, peut-être une loi séparée, ou peut-être on mettra ça dans le cadre de la loi générale qui gère la commercialisation en ligne, mais une chose est sûre, il faut qu’on pense à ça sérieusement, et il ne faut surtout pas tomber dans la précipitation».
La ministre souligne : «On n’a pas les moyens techniques pour garantir la sécurisation de cette transaction», dit-elle, sans arrêter une date fixe pour le lancement de tels services.
S’agissant de la nouvelle carte d’Algérie Poste (carte Gold) qui permet d’effectuer des opérations de retrait et de paiement, la ministre a expliqué que tous les usagers d’Algérie Poste recevront leur carte durant les six prochains mois.   Concernant les futurs projets d’Algérie Télécom, la ministre a annoncé le lancement d’un projet pour relier un million d’abonnés au réseau internet fixe (haut et très haut débits) en 2017, précisant que la mise en œuvre avait débuté dans la nouvelle ville de Sidi Abdallah (ouest d’Alger), inaugurée récemment par le Président de la République.

Les opérateurs doivent prendre en charge les augmentations de la TVA

Évoquant l’éventuelle augmentation des prix de la 3G et de la 4G suite au relèvement de la TVA, la ministre a assuré que celle-ci n’aura aucune incidence sur les clients, car il a été demandé aux trois opérateurs (Mobilis, Ooredoo, Djezzy) de la prendre en charge.  
Par ailleurs, Mme Faraoun a annoncé le lancement, durant le premier semestre 2017, d’un satellite de télécommunications par l’Agence spatiale algérienne (ASA), précisant qu’il sera opérationnel fin 2017, et garantira la sécurité de tout le réseau de communication. «Ce satellite assurera la connexion internet, en cas de coupure du câble sous-marin et même dans les régions isolées, ce qui va permettre un internet plus fluide pour 2017», a-t-elle rassuré.
Sarah A. Benali Cherif
 

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