mardi 21 fvrier 2017 01:36:54

Conseil de la nation : Lutte contre le marché parallèle

Les bureaux de change ne peuvent remédier au problème

PUBLIE LE : 07-01-2017 | 0:00
D.R

Le Conseil de la nation a repris, jeudi dernier, ses travaux en séance plénière, présidés par Abdelkader Zoubiri, vice-président du Conseil, en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Ghania Eddalia, consacrée aux questions orales. Les préoccupations des membres du Conseil de la nation ont été adressées au ministre des Finances, Hadji Baba Ammi, au ministre de l’Énergie, Noureddine Bouterfa, et au ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdeslam Chelghoum.

Le ministre des Finances, Hadji Baba Ammi a indiqué  que l'ouverture de bureaux de change ne peut, à elle seule, remédier au  problème du marché parallèle car la demande dépasse l'offre, affirmant que les  pouvoirs publics œuvraient à le régler progressivement. Répondant à la question d'un membre du Conseil de la Nation, le  ministre a affirmé que le problème du change ne réside pas en l'ouverture  de bureaux dédiés à ce genre d'opérations, précisant que "la faiblesse de l'offre  de la part des citoyens non résidents ou étrangers induite par les lacunes du  secteur du tourisme d'une part, et la forte demande de la part des citoyens  résidents d'autre part sont à l'origine d'un déséquilibre entre l'offre et  la demande. Réfutant la promulgation "d'un quelconque décret exécutif en avril dernier",  M. Baba Ammi a indiqué que les quarante six bureaux de change évoqués ont obtenu  en fait un agrément de la Banque d'Algérie (BA) conformément à l'instruction  08-96 et l'instruction 13-97, et la directive n° 07-95 relative au contrôle  du change. Sur les 46 bureaux agrées, 40 se sont vu retirer leurs agréments, dont  13 à la demande des bénéficiaires eux –même-, et 27 pour non entrée en activité. Le ministre a expliqué que les bureaux de change ne peuvent vendre  de devise aux citoyens résidants que dans des cas fixés par la loi.

Emprunt obligataire :
560 milliard DA collectés


Concernant l'emprunt national pour la croissance économique, lancé  en avril dernier, le ministre a fait état de la collecte d'un montant global  de 560 milliard DA affecté au financement d'infrastructures de base telles  que ports et voies ferrées et l'extension des zones industrielles. Le ministre a indiqué, en outre, que l'opération de mise en conformité  fiscale volontaire a incité nombre de commerçants et de chefs d'entreprises  non structurés à intégrer le secteur formel.  En réponse à une autre question sur une possible ouverture pour les  moudjahidine de l'importation de véhicules touristiques, le ministre a affirmé  que les invalides de la guerre de Libération ont le droit d'acquérir ce genre de véhicules de l'étranger ou auprès d'un concessionnaire automobile tous les cinq ans avec exonération totale des droits et taxes de douane ainsi que des procédures de contrôle sur le commerce extérieur et de change. Cette mesure profite depuis longtemps aux moudjahidine  et demeure en vigueur, a rappelé le ministre.

Émission d'emprunts sans
intérêts : un projet à l’étude


Répondant à une autre question sur une éventuelle émission de  titres sans intérêts dans le cadre de l'emprunt obligataire lancé récemment  par le Trésor public, le ministre a fait état d'un "projet pour l'émission d'emprunts sans intérêts", rappelant par la même occasion que  nombre de banques, notamment la CNEP et la BDL émettent au profit du large public  des titres sans intérêts, outre l'existence d'un livret d'épargne sans intérêts.
Le ministre a tenu à préciser qu'"il n'existe pas de banques islamiques  et de banques non islamiques", affirmant qu' " il y a des banques soumises à un système bancaire international et qui peuvent proposer des services avec ou sans intérêts en matière d'épargne". Ces mesures s'inscrivent dans le cadre d'une stratégie globale de modernisation  du système financier par la diversification des prestations offertes aux clients,  a indiqué M. Baba Ammi. La loi autorise les banques et les établissements financiers à proposer                               des prestations qui ne sont pas basées sur le taux d'intérêt, a-t-il ajouté  rappelant que des instructions ont été données dans ce sens à l'ensemble des  banques publiques ,d'où le produit "Moucharaka" ou "Mourabaha".        


énergie
590 jeunes de la wilaya d’Adrar  recrutés par Sonatrach en 2016

Le ministre de l'Energie, Noureddine Bouterfa, a affirmé que les préoccupations des régions du Sud, en particulier la wilaya d'Adrar, en matière de formation et de recrutement dans le secteur de lEénergie et des activités y afférentes avaient été, en grande partie, prises en charge par le groupe Sonatrach et ses filiales. Le ministre qui répondait à une question  a annoncé que le projet de réalisation d'un centre de formation en hydrocarbures  et énergies renouvelables, à Adrar, serait lancé avant la fin de l'année, tandis que les sociétés publiques activant dans le domaine de l'énergie à l'instar de Sonatrach et ses filiales poursuivaient la prise en charge de la formation et de l'apprentissage des jeunes de la wilaya dans les métiers de l'énergie. Selon les chiffres fournis par le ministre, 1.600 jeunes de la wilaya d'Adrar ont été recrutés entre 2013 et 2015, dont 199 ayant suivi une formation préalable, alors que 590 autres, originaires de la même wilaya, ont été recrutés  entre janvier et novembre 2016 dont 13 avaient reçu une formation. En parallèle, les sociétés publiques et privées du secteur ont formé 250 stagiaires et apprentis entre 2014 et 2016.
Les activités de ces sociétés dans la wilaya  ont permis la création  de 7.000 emplois directs et indirects. Par ailleurs, le concours de recrutement organisé par Sonatrach en septembre  2014 a permis à 50 jeunes universitaires de la wilaya d'Adrar de bénéficier d'une formation au sein de la société,soit 12% du total des candidats admis,  dont 20 ingénieurs et 30 techniciens supérieurs. Lors du deuxième concours organisé par le même groupe en octobre 2016,  au profit des jeunes des wilayas du sud, 250 candidats d'Adrar y ont pris part  pour les 28 postes d'emploi proposés ,dont 17 cadres, a précisé M. Bouterfa. Par ailleurs, 18 micro-entreprises d'Adrar ont signé des contrats de sous-traitance avec Sonatrach entre 2013 et 2015, a-t-il indiqué.

Énergie renouvelables : appel d'offres pour la production de 4.000 mégawatts

M. Bouterfa, a annoncé lors de la même séance,  le lancement d'un appel d'offres national et international pour la production  et la distribution de 4.000 mégawatts d'énergie électrique renouvelable avant  la fin du mois en cours.
Il a indiqué qu"en vertu du cahier des charges, les investisseurs nationaux et étrangers seront tenus de produire et d'assurer le montage local des équipements industriels de production et de distribution de ces énergies, notamment les panneaux photovoltaïques". L'appel d'offres s'inscrit dans le cadre de l'application du programme national de développement des énergies renouvelables, à travers lequel le Gouvernement aspire à atteindre un niveau de production de 22.000 mégawatts d'énergie électrique renouvelable à l'horizon 2030, soit un taux de 37% de la production nationale  globale d'électricité, a ajouté le ministre. Concernant les perspectives de partenariat algéro-allemand dans le domaine du développement des énergies renouvelables, M. Bouterfa a rappelé que  la société d'électricité des énergies renouvelables (STKM) du groupe Sonelgaz avait signé en 2014 un contrat avec une société allemande spécialisée  pour réaliser 4 centrales électriques solaires pour un montant de 15,6 milliards  de dinars et d'une capacité globale de 85 mégawatts répartis sur les wilayas de Saïda (30 mégawatts), Naama (20 mégawatts), El Bayadh (23 mégawatts) et Sidi Bel Abbès (12 mégawatts).
Le groupe Sonelgaz avait effectué en 2012-2013 une étude technique en collaboration avec le centre allemand "desert industry" relevant du projet "desertec" relatif à la réalisation de projets de centrales d'énergie solaire  à Alger, d'une capacité globale de 1.000 mégawatts, dont 90% destinés à l'exportation vers l'UE.  
L'étude a conclu à la nécessité de réviser les termes juridiques européens liés à l'activité de production et de distribution de l'énergie électrique solaire, et à la révision du prix de vente au kilowattheure dans l'espace européen, non concurrentiel à l'heure actuelle.


Agriculture
Recensement des terres non exploitées

Le ministre de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdesslam Chelghoum, a indiqué que son secteur avait lancé  un recensement des terres agricoles non exploitées à travers l'ensemble du territoire national, précisant que ceux qui n'ont pas mis en valeur les terres dont ils ont bénéficié seront déchus de leurs droits. Le ministre qui répondait à la question de Hosni Saïdi, sur le sort des terres non exploitées dans la wilaya de Bechar et l'apport de ceux qui ont bénéficié de l'aide de l'Etat à la production agricole, a précisé que le recensement en cours ne concernait pas que la wilaya de Béchar, mais l'ensemble du territoire national. Un recensement de toutes les terres non exploitées est en cours. Ceux  qui n'ont pas procédé à la mise en valeur des terres dont ils ont bénéficié seront déchus de leurs droits et les terres seront attribuées à d'autres demandeurs conformément à la réglementation en vigueur" a affirmé  M. Chelghoum. Concernant les mesures prises pour la relance du secteur agricole dans la wilaya de Bechar, le ministre a précisé que 6,644 milliards de dinars avaient  été alloués au développement agricole à travers le soutien accordé par l'Etat  aux agriculteurs, notamment par le Fonds national de développement agricole. Plus de 9.000 exploitants ont bénéficié de ces aides, notamment pour  la réalisation de 4.200 puits, la plantation de 12.000 hectares d'arbres fruitiers, la construction de 385 structures pour l'élevage, la réalisation de 8 chambres froides d'une capacité de 4.800 mètres cubes et la distribution de 1.082 ruches.
 Ces programmes ont permis d'enregistrer des progrès notables en matière de production agricole et un bond qualitatif entre 2001 (début du programme national de développement agricole) et 2016, a indiqué le ministre, citant l'élargissement  de la superficie arable de 6.339 hectares à 22.000 hectares, l'augmentation  de la valeur de la production de 8,9 milliards de dinars en 2001 à 14,9 milliards de dinars en 2016, soit 1 % de la valeur de la production agricole nationale. Les différentes filières agricoles, notamment stratégiques comme les  céréales, la pomme de terre, les légumes et les fruits, ont enregistré une croissance soutenue depuis 2001, a ajouté le ministre, faisant état de la création de 23.320  emplois, dont plus de 19.000 permanents, dans la wilaya. Concernant le foncier agricole au niveau de la wilaya de Béchar, 1.207 exploitants ont bénéficié d'exploitations privées dans le cadre de la loi n° 83-18 relative à l'accession à la propriété foncière agricole, soit une superficie de 48.577 hectares, outre l'octroi de 153 actes de concession. Pour les exploitations créées dans le cadre de la loi fixant les conditions et les modalités d'exploitation des terres agricoles du domaine privé de l'Etat, il a été procédé à la régularisation de la situation de 1.207 exploitants sur 1.315 avec délivrance d'actes de concession.
En outre, 1.789 exploitants ont bénéficié des nouvelles exploitations créées dans le cadre de la circulaire interministérielle de 2011, dont 538 ont obtenu des actes de concession. Répondant au sénateur qui a estimé que les chiffres présentés par le ministre étaient  "loin de la réalité", M. Chelghoum s'est dit prêt à enquêter sur le terrain, en présence du membre du Conseil de la nation pour confirmer  la véracité de ces réalisations et élaborer un rapport qui sera soumis au président  du Conseil de la nation. A une autre question sur le gel du projet d'aménagement de la forêt du Sahel dans la wilaya de Boumerdes, le ministre a indiqué que la direction des forêts s'attelait actuellement à l'examen du dossier de ce projet —gelé  en raison de la baisse des revenus de l'Etat— en vue de le confier à des investisseurs  privés. Il s'agit, a poursuivi le ministre, d'une nouvelle vision qui permettra aux opérateurs privés d'investir dans la réalisation de projets de loisirs dans le secteur des forêts. La forêt du Sahel s'étend sur une superficie de 342 ha, dont 50 ha seront aménagés en espace de loisirs dans le cadre d'un projet dont le coût s'élève à 200  millions de DA.
Synthèse :  Salima Ettouahria
 

  • Publié dans :
DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions