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Le Coin du copiste : L'Algérie des philatélistes

Si on s'en tient au fameux catalogue « Yvert et Tellier », considéré comme une « bible de la philatélie », c'est durant la période coloniale que le timbre-poste dans sa version moderne a fait son apparition en Algérie.

PUBLIE LE : 11-12-2016 | 0:00
D.R

Si on s'en tient au fameux catalogue « Yvert et Tellier », considéré comme une « bible de la philatélie », c'est durant la période coloniale que le timbre-poste dans sa version moderne a fait son apparition en Algérie.
En 1885, l'organisation postale dans notre pays est calquée sur celle de la France. Le premier cachet rond à date porte le nom de la ville avec « possessions d'Afrique » entre parenthèses. Toutefois, le premier timbre authentiquement algérien est mis sur le marché le 1er novembre 1962. Il est frappé de l'emblème national. Sa valeur, aujourd'hui, est exorbitante. Curieusement, il ne figure pas dans le catalogue Yvert et Tellier. Il est pratiquement impossible de connaître le nombre de philatélistes en Algérie. Ailleurs, ceux-ci sont plus ou moins regroupés dans des associations où ils se rencontrent, soit pour exposer leurs collections respectives, soit pour échanger leurs timbres « en double ». Le collectionneur garde ainsi les traces de l'« égocentrisme » de l'enfance. Il achète une à une chaque pièce et admire, dans l'ombre, les trésors de sa passion. C'est le Français, Philippe Zoummeroff, qui a donné ses lettres de noblesse à la « collection ». Il a d'ailleurs fait une belle donation à l'Etat français qui en a créé une exposition permanente du musée de la Poste. Il est également connu pour avoir récupéré un grand nombre de disques de l'opéra de 1962 jusqu'à l'avènement du microsillon. C'est également lui qui achète, en 1973, une collection de timbres d'Algérie. Avec les timbres, il voyage jusque dans les coins les plus reculés de l'histoire : la prise d'Alger, la reddition de 1847, le quotidien des habitants... Zoummeroff s'enrichit en achetant une lettre datée du 5 juillet 1830. Elle est écrite par un jeune soldat. Datée timbrée. L'émotion est marquée, estampillée, ...mais la philatélie ne lui suffit plus pour découvrir et faire partager « ce pays » qu'il ne connaît pas. Car Zoummeroff ne connaît de l'Algérie que... Tamanrasset. Une autre dimension, un autre monde peut-être pour lui insuffler sa démarche. Alors, entre les traces de passages de soldats, comme des artistes ou citoyens, l'Algérie historique est revécue dans cette collection composée de 50.000 documents dont 1.500 timbres. « Elle est livrée sans amertume, ni nostalgie », explique Zoummeroff dont le commentaire va poursuivre le visiteur tout au long de l'exposition. Le visiteur du musée peut ainsi découvrir des pièces uniques portant sur les événements qui continuent de faire date. Timbres bien sûr, mais aussi lettres, photos, cartes postales, gravures, peintures, objets, sont là pour rappeler l'histoire de la présence française en Algérie. Les timbres et autres documents allant de 1946 à 1962, puis de l'Algérie indépendante, n'y figurent malheureusement pas. Un seul regret toutefois : ne pas pouvoir contempler cette exposition en Algérie. On reconnaîtra tout de même ce mérite aux défuntes éditions Laphomic d'avoir édité deux ouvrages sur les timbres algériens émis depuis l'indépendance ; avec, à l'usage des jeunes philatélistes, beaucoup d'explications techniques sur l'art de collectionner et traiter ces précieuses vignettes que sont les timbres-poste.
Kamel Bouslama

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