mardi 21 novembre 2017 20:21:59

Poursuivant son développement sur le continent européen : La Pologne veut s’inscrire dans la dynamique économique algérienne

C’est l’un des États de l’ancien bloc soviétique, mais qui, depuis, a fait du chemin. Un État qui est déterminé à poursuivre sa montée en puissance pour s’affirmer incontestablement en tant de force économique au sein du vieux continent.

PUBLIE LE : 05-12-2016 | 0:00
D.R

De notre envoyé spécial : Karim Aoudia

C’est l’un des États de l’ancien bloc soviétique, mais qui, depuis, a fait du chemin. Un État qui est déterminé à poursuivre sa montée en puissance pour s’affirmer incontestablement en tant de force économique au sein du vieux continent.
La Pologne a su, en l’espace de deux décennies, attirer les hauts noms des grandes multinationales, réputées pour être les meilleures dans leur domaine de compétence, axées majoritairement sur les technologies de pointe.
Dans cette dynamique, Polska, comme est désigné ce pays dans sa langue nationale, continue de s’ouvrir sur d’autres horizons. L’Algérie, par ses multiples atouts et sa position géostratégique, qualifiée de «porte de l’Afrique», émerge au rang des partenaires étrangers que la Pologne place, depuis quelques années déjà, à l’échelle de ses priorités. Et c’est un constat qu’on n’a cessé de nous confirmer tout au long d’un voyage qu’on a effectué récemment en Pologne. Un pays qui surprend, à plus d’un titre, par ses méthodes de gestion, ses ambitions à court et moyen terme, ses épopées aussi.

Notre voyage en Pologne a commencé à partir de Varsovie, capitale du pays, vraie mégapole dont les bâtisses, construites sous l’ancien empire, sont d’une beauté architecturale saisissante que nous découvrons en cette fin de mois de novembre. Très animée, malgré le froid qui pointe du nez, Varsovie se découvre comme un musée à ciel ouvert vu la somptuosité de ses infrastructures, harmonieusement intégrées dans leur environnement. Une architecture urbaine qui dénote du génie polonais en construction, faite de bâtisses si élevées en hauteur, et d’autres encore plus imposantes de par leur taille, longeant la totalité des abords des boulevards où elles ont pignon sur rue. Bref, revenons plutôt aux vrais motifs de notre déplacement à Polska, dont le programme de visite mentionne une série d’entretiens avec les responsables de différentes institutions politiques, économiques et financières de ce pays. Au commencement, c’est au 12, rue Bagatela de Varsovie, siège de l’Agence polonaise d’investissement étranger (Polish information et foreign investement agency), que Robert Braier et ses collaborateurs du service du marketing s’apprêtent à nous recevoir. En compagnie de l’interprète Piotr Gawlikowski, nous abordons très vite le vif du sujet, soit la réalité très compétitive de l’économie de la Pologne où active l’élite des multinationales des plus réputées au monde dans les domaines du business, de la recherche et du développement, de l’aérospace et de l’éco-système, des technologies de haut niveau, y compris dans le domaine spatial, et enfin de celui l’industrie perfectionnée, dans tous ces segments dans ce pays. M. Braier et ses collègues exposent une visioconférence montrant que ladite agence, communément connue sous l’appellation «Invest In Poland», suit de très près l’évolution de tout ce beau monde «de créativité diverse en Pologne». Usant d’un argumentaire soutenu, nos interlocuteurs évoquent un rythme d’une croissance qui se décrit à la fois progressive et prometteuse, eu égard à de multiples atouts. «Le rythme de production a augmenté de 25% entre 2005 et 2015», expliquent-ils, précisant que «le potentiel de croissance en Pologne est basé sur des fondements solides et d’avantages compétitifs ambitieux».
On énumère, entre autres, les subventions, toujours en hausse, consacrées par le gouvernement à l’investissement, auxquelles s’ajoutent aussi des fonds financiers accordés par l’Union européenne (UE), dont les montants sont en progression constante. La Pologne se voit, du coup, dans la possibilité d’offrir certains privilèges alléchants pour les firmes d’investissement. «Nous disposons de 14 zones économiques spéciales (ZES) garantissant une exonération sur les impôts, en sus des allégements fiscaux accordés par les collectivités où ces zones sont implantées», expliquent les chargés du marketing de l’agence «Invest in Polond» relevant du gouvernement polonais. Ils n’omettent pas surtout de préciser que leur mission porte essentiellement sur la promotion de la croissance via le recours à une base de données minutieusement renseignée sur l’impact des investissements jusque-là et leur contribution au développement polonais. L’Agence Invest in Polond s’attelle aussi à la quête de nouveaux marchés, comme celui inscrit au programme «Go Africa» dans le sillage duquel l’Algérie fait l’objet d’un intérêt particulier. «Le poids de l’Algérie est énorme dans son environnement régional», indiquent, à l’unisson, M. Braier et ses collègues. Et pour cause, les exportations de la Pologne effectuées l’an dernier à destination de l’Algérie étaient d’un montant de près de 333 millions de dollars, plaçant notre pays en 3e position, juste après l’Égypte et l’Afrique du Sud, en tête de peloton, selon les données fournies par nos interlocuteurs. Les exportations de l’Algérie vers la Pologne demeurent infimes et, à l’échelle africaine, elles se situent, en termes de volume, loin derrière celles du Maroc, du Liberia, de l’Afrique du Sud et de la Côte d’Ivoire. Cependant, limiter la coopération économique algéro-polonaise au seul domaine commercial est assez réducteur, comme nous le fait comprendre Cherif Khali, premier conseiller à l’ambassade d’Algérie, sise à Varsovie. «Seule la voie du partenariat gagnant-gagnant et bénéfique pour les deux pays est à même de stimuler la coopération algéro-polonais dans le domaine économique», avait-il appuyé.

Les nouveaux secteurs-clés du partenariat algéro-polonais

L’horizon se dégage peu à peu sur de nouvelles opportunités de partenariat entre l’Algérie et la Pologne. «Nous venons tout juste d’achever l’élaboration d’un mémorandum avec l’Algérie dans le domaine de la géologie, de la recherche et de l’exploration», nous apprend Jan Bondaruk, responsable à l’Institut central des mines, en s’exprimant en polonais, et traduit par notre interprète. Rencontré au siège du ministère de l’Énergie, situé dans le quartier dit «des ambassades», à Varsovie, il précisera que ce mémorandum, dont l’idée a émergé lors d’une rencontre avec des entreprises algériennes, «trace les grandes lignes d’un accord-cadre entre les deux pays et évoque dans son contenu différentes opportunités de réalisation de contrats plus précis».
D’ailleurs, dira encore Jan Bondaruk, «c’est dans cette optique que s’inscrit la prochaine visite des représentants algériens du domaine minier et qui sera accueillie à l’Institut central des mines de la Pologne, le 12 décembre», et cela dans la perspective d’installer une «annexe ou antenne» de ce même institut très expérimenté en Algérie, «notamment pour mieux optimiser la formation des effectifs algériens du secteur des mines», préconise-t-il. Une présence qu’il souhaite, toutefois, «progressive et par étapes». Nous apprenons, de l’un des responsables du ministère polonais de l’Énergie, que ce pays envisage la construction d’un gazoduc reliant la Pologne à la Norvège, via le Danemark.
«L’impact de ce projet est, d’une part, de pallier les déséquilibres constatés en matière d’approvisionnement du gaz au plan interne et de dynamiser, d’autre part, la commercialisation de cette ressource dans certains pays d’Europe». L’intérêt de la Pologne pour le gaz va crescendo, et la mise en exploitation, tout récemment, d’un gigantesque terminal de stockage de gaz liquéfié, réalisé dans l’une des villes polonaises, ouverte sur la mer Baltique, en est la preuve édifiante. L’Algérie est, à ce propos, le plus favori parmi les pays qui seront dits «gaziers» et qui bénéficieront de la possibilité de stocker leur gaz liquéfié dans ce terminal polonais. Cette option, certes encore à l’état embryonnaire, semble s’affirmer… doucement, mais sûrement ! L’enjeu, pour la Pologne, est de consolider son «indépendance gazière», ce qui entend aussi la maîtrise des prix, vraisemblablement à caractère instable dans cette partie centrale de l’Europe où, en la matière, l’influence russe demeure encore très pesante. Toujours est-il que pour la coopération algéro-polonaise dans le domaine minier semble «s’activer» davantage depuis, notamment, les échanges de visites entre les deux parties, effectuées récemment par des responsables à un rang ministériel.

L’Algérie classée parmi les 5 pays au monde les plus importants pour la Pologne

Une autre visite en Algérie, d’un genre différent de coopération, celle des dirigeants de la banque polonaise BGK (Bank Gospodarstwa Krajowego), est également prévue pour ces jours-ci. «Nous sommes une institution qui se concentre sur la promotion des exportations et l’extension des sociétés polonaises, y compris à l’international», nous explique d’entrée Jaroslaw Trwoga, du département des finances de BGK. «Notre banque appartient à l’État», a-t-il jugé utile de préciser, avant de nous projeter un exposé détaillé sur les différentes activités de cette banque, ainsi que ses mécanismes et méthodes choisis pour contribuer à l’économie polonaise. Grosso modo, il ressort que pour bénéficier d’un financement de la banque BGK, la réalisation de la majeure partie des projets d’investissement, internes ou externalisés, est conditionnée par les dividendes au profit certain pour la Pologne, soit à travers des fournitures du matériel élémentaire pour la réalisation des ces projets, sinon via l’implication des entreprises polonaises dans la réalisation. Quant à la visite de la délégation de BGK en Algérie, celle-ci sera accompagnée par des représentants d’une société laitière et ceux d’une entreprise spécialisée en informatique.
Au menu, des entretiens avec des responsables des banques algérienne BDL et BEA, nous confie Anna Gorczaca, responsable au sein de BGK. «L’Algérie fait partie des 5 pays importants au monde pour la Pologne. Même si la coopération n’est qu’à une petite échelle, le potentiel est très grand et nos appétits le sont également», a-t-elle professé. Ainsi, la banque BGK est surtout intéressée par des transactions commerciales allant dans le sens d’une meilleure dynamisation des exportations polonaises. D’autre part, dans la province sud de Varsovie, on a fait la découverte d’un laboratoire d’excellence en confection des produits cosmétiques de luxe. C’est de l’entreprise privée Dr Irena Eris qu’il s’agit. Une entité cosmétique éponyme qui, de sa dimension tout juste familiale en 1983, force aujourd’hui le respect de tout le continent européen de par ses investissements qui prennent forme à l’infini et surtout son adhésion dans le cercle restreint des membres du Comité Colbert, une association française où sont réunies les plus grandes marques du luxe d’origine européenne.
«Nous fabriquons annuellement plus de 20 millions d’unités cosmétiques et de parfums et nous sommes présents dans 50 pays», nous apprend Joanna Lodygowska, chargée de communication de l’entreprise. Elle nous révèle aussi que l’entreprise Dr Irena Eris s’intéresse de mieux en mieux au marché algérien où elle ambitionne d’écouler ses produits. À quel prix ? «En moyenne, c’est à 50 euros l’unité», nous répond Joanna Lodygowska, en arborant un large sourire.
 
Gdansk à la quête d’informaticiens algériens...

Du luxe et de la perfection polonaise en cosmétiques, le programme de notre séjour en Pologne nous conduit ensuite à Gdansk, ville côtière de l’extrême nord du pays, ouverte sur la mer Baltique. Réputée pour ses nombreuses épopées historiques des temps anciens et contemporains, dont la mémorable la grève de la faim des ouvriers de son chantier naval datant des années 80 et qui a précipité la chute du régime communiste en Pologne, Gdansk se déploie aujourd’hui comme un véritable poumon de l’économie polonaise. «Dans cette région un zloty (monnaie polonaise) investi a valeur de 10.000 zlotys de revenus pour l’État (ndlr, environs de 2.500 euros)», atteste Morcin Piatkowski, directeur de l’Agence de l’investissement «Invest in Pomerania», qui nous a reçus dans les bureaux d’«Oliva Business Centre», sis au cœur de la ville de Gdansk. «Notre rôle au sein de cette agence est d’attirer le maximum d’investisseurs potentiels dans cette partie de la Pologne», a-t-il informé de prime abord, révélant ensuite la «tentative» de deux opérateurs algériens qui ont déjà émis des demandes de réalisation de projets d’investissement et «qui malheureusement n’ont pas abouti», regrette t-il. Morcin Piatowski et ses collaborateurs de l’agence «Invest in Pomerania» placent toutefois la barre très haute en matières «d’investisseurs potentiels admis et par la suite encouragés par des avantages alléchants dans cette partie de la Pologne. Ce constat se confirme très vite d’ailleurs à l’évocation de ceux qui sont déjà implantés de cette région de «Pomerania» où la ville de Gdansk a été citée comme étant la capitale. On y trouve, entre autres, le géant Microsoft de l’informatique, la société «Intel», l’entreprise Bayer d’origine allemande, et réputée leader mondial de l’industrie pharmaceutiques, en sus d’un vaste réseau de business et de prestations diverses. Même l’illustre agence américaine de presse Reuters dispose dans cette région de l’un des ses cinq centres d’excellence dans le monde où sont employés 1.500 personnes s’exprimant en 37 langues, indique-t-on.  En outre, et eu égard à son rythme de développement, tout simplement éloquent, il est exprimé dans cette région du nord de la Pologne un besoin croissant de main-d’œuvre qualifiée, et le recours à des contrats de travail accordés aux étrangers semble de mieux en mieux privilégié. Une telle opportunité peut largement profiter aux Algériens, assure-t-on. «Nous ouvrons grandement nos portes à des milliers d’informaticiens algériens ainsi qu’aux diplômés de la langue française en Algérie», nous confirme, en effet, le directeur de l’agence d’investissement Invest in Pomerania.

Quête inassouvie de partenariats

La performance économique de la région de Gdansk se distingue aussi par son parc technologique qui constitue une sorte de pôle spécialisé regroupant une pléiade d’entreprises, majoritairement spécialisés dans les domaines de la biotechnologie, de l’information et de la communication, de l’énergie, et même de la gestion de l’espace cosmique et de l’aéronautique. Un vif intérêt a été manifesté par les gestionnaires de ce parc pour nouer des passerelles de coopération avec l’Algérie, notamment dans le domaine de la gestion du secteur ferroviaire et de l’industrie du transport maritime.
Un intérêt encore plus grandissant à l’initiative du Forum africain qu’abrite Alger en ce début décembre dont les échos retentissent ainsi dans les milieux de ce parc scientifique et technologique comme une sérieuse opportunité d’affaires, très riche en possibilités de tisser des relations de partenariat. Anna Zielonka, la directrice du marketing de l’entreprise Nowak, spécialisée dans l’industrie des viandes (rouge et blanche), nous confie, par ailleurs, que cette manufacture industrielle, faisant partie des 68 entreprises fondées par le Groupe Nowak, attend impatiemment la certification «viande hallal» pour se rendre en Algérie et se mettre en quête de partenariats. «Nous aurons ce certificat nécessaire à partir de l’année prochaine», nous confie-t-elle, expliquant que la coopération souhaitée avec l’Algérie sera non seulement axée sur la vente des produits Nowak dans notre pays, mais également sur des relations avec d’éventuels fournisseurs algériens, notamment en volaille. «Ici, nous ne disposons pas d’abattoirs, et toute notre fourniture, qu’il s’agisse de viande bovine ou de viande blanche, est acquise ailleurs», nous fait elle comprendre. L’usine Nowak était notre ultime étape à Gdansk que nous quittons pour rejoindre, ensuite, la ville de Bydgoszcz où se trouvent l’usine Pesa de construction de trains polonais, s’étendant sur une superficie de 30 hectares.
«C’est carrément une ville dans la ville !», s’est exclamé son chargé de communication, Michael Zurowski, dans sa façon de souligner la dimension de l’usine Pesa, située au beau milieu de l’agglomération de Bydgoszcz ; mitoyenne d’ailleurs et, comme par enchantement, avec la gare ferroviaire de cette même ville. Au cours d’une tournée rapide dans les locaux de Pesa, s’est dressé devant nous une réelle opportunité de partenariat avec l’Algérie dans le domaine du rail. D’autant plus que le même chargé de communication, anciennement journaliste dans un quotidien régional, avait tenu à s’imprégner auprès de nous de la disponibilité de main-d’œuvre qualifiée en Algérie, celle spécialisée, bien évidemment, dans les métiers en rapport avec la construction des trains, wagons, et trams (soudeurs, tôliers, peintres…).
Ce à quoi nous répondons, en louant les performances réalisées dans ce domaine par le ministère de l’Enseignement et de la Formation professionnels et dont les résultats jusque-là obtenus en matière de création d’emplois sont tout simplement éloquents. En sus, l’idée d’un partenariat algéro-polonais dans le domaine ferroviaire pourrait s’avérer très bénéfique pour notre pays, eu égard non pas uniquement à la qualité des trains construits par la société Pesa, mais également en tenant compte du rapport prix. Des montants ne dépassant pas les 9 millions d’euros pour les trains et oscillant autour de 2 millions d’euros pour les trams. Ces prix s’avèrent ainsi très compétitifs et «beaucoup moins chers que ceux pratiqués par d’autres constructeurs européens», précisera Michael Zurowski, en tenant à nous préciser que nous, moi et mon confrère algérien d’El-Khabar, étions «les premiers Algériens à visiter l’usine Pesa».
K. A.


ENTRETIEN

Mme Joanna Wronecka vice-ministre des Affaires étrangères de la République de Pologne :

« J’exprime mes félicitations pour la sagesse et le pragmatisme de la diplomatie de votre pays»

El Moudjahid : L’Algérie et la Pologne s’apprêtent à la célébration du 55e anniversaire de l’établissement des relations bilatérales qui est attendu pour l’année prochaine. L’événement est d’abord d’essence diplomatique. Votre appréciation ?
Mme Joanna Wronecka : Comme à chaque fois, le concept d’un anniversaire dans le relations bilatérales, et à plus forte raison lorsqu’il s’agit de celui lié à l’établissement de nos relations diplomatiques avec l’Algérie, offre une opportunité et encourage aussi à faire une évaluation pour savoir où l’on est au juste dans cette relation et qu’allons nous encore concrétiser ensemble. C’est une relation, certes basée sur beaucoup de respect mutuel, mais aussi, un autre élément d’émotion, l’amitié profonde. Je me rappelle, à ce propos, que juste après l’indépendance de votre pays, les Polonais venaient en grand nombre en Algérie. À cette époque déjà, on avait des groupes de coopérants, de spécialistes et d’experts qui évoluaient au sein de la société algérienne, et qui avaient ainsi collaboré, à leur manière, à instaurer des bases du partenariat. Ainsi, en sus de l’excellence des relations bilatérales entre la Pologne et l’Algérie, le partenariat y occupe une place prépondérante.
L’année passée, on a reçu ici à Varsovie le secrétaire général du ministère algérien des Affaires étrangères et, quelques mois après, en février 2016, je me suis rendue à Alger pour continuer le dialogue politique, ce qui m’a donné une très bonne occasion de voir quels sont les domaines privilégiés qu’il y a lieu de fructifier davantage.
    
D’aucuns affirment que le potentiel de partenariat entre les deux pays n’est pas encore suffisamment exploité. Qu’en est-il de votre avis ?
C’est aussi mon impression. Nous faisons, de notre côté, tout ce qui est possible pour dynamiser davantage notre relation avec l’Algérie. Dernièrement, nous avons signé un accord pour l’extension du visa diplomatique pour faciliter, bien sûr, les mouvements de circulation entre nos deux pays, mais je crois que l’on devrait faire encore plus. D’autres accords sont certainement à venir, notamment dans les secteurs économiques les plus fructueux. Je pense aux domaines de l’agriculture, de la pétrochimie, du pétrole et du gaz. Mais je crois aussi qu’il faut chercher à encourager le secteur de l’innovation et des technologies. Et c’est là un domaine de partenariat à ne pas négliger eu égard aux aspirations de l’Algérie qui est déterminée à se développer, tandis que pour nous, la Pologne, cela nous permettra découvrir mieux votre environnement qui est différent du nôtre. Je souhaiterais, par ailleurs, qu’en votre qualité de journaliste, vous aurez à souligner dans vos articles que la Pologne est un pays très amical avec l’Algérie. Nous avons du potentiel et nous faisons de notre mieux pour garantir un meilleur accompagnement aux opérateurs économiques. Nous disposons d’ailleurs au ministère des Affaires étrangères d’un département de coopération économique et, après 12 ans d’adhésion à l’Union européenne, la Pologne est convaincue de la nécessité de s’ouvrir vers d’autres marchés.
Nous avons initié des programmes en ce sens, à l’exemple de celui nommé «Go Africa» où l’Algérie est choisie comme pays important pour le développement de nos relations de partenariat. Je souligne, par ailleurs, l’opportunité que peut offrir la Pologne aux étudiants algériens. Nous sommes un pays classé en 4e position à l’échelle européenne dans le domaine de l’éducation supérieure, et cela attire de nombreux étudiants de différentes origines. Dans ce cadre, nous disposons des programmes de bourses accordées plus spécialement pour les spécialités scientifiques.

La diplomatie algérienne est souvent valorisée sur la scène internationale pour ses efforts tendant à promouvoir la paix dans son environnement régional et bannir toute pratique d’extrémisme et de radicalisme. Quelle est votre opinion à ce propos ?
En effet, le rôle de l’Algérie pour la promotion du dialogue dans la région est important. Vous avez la sagesse et le savoir-faire, et je partage tout à fait l’idée selon laquelle l’Algérie est un facteur de stabilité dans son environnement régional. Et pour cause, j’ai eu déjà à m’imprégner de visu comment les diplomates algériens travaillent au sein des Nations unies. Ils sont surtout très doués dans les négociations. D’autre part, ce qui est vraiment saisissant dans l’attitude de la diplomatie algérienne, c’est surtout cette responsabilité pour l’Afrique et au sein de la famille des États arabes. J’ai eu aussi à constater comment la diplomatie algérienne a eu à s’engager dans la résolution du conflit malien ainsi dans le soutien à nos amis libyens. Je suis au courant également de l’existence d’organisations très importantes qui sont actives à Alger, à l’exemple d’Afripol pour ne citer que celle-ci. Je ne peux donc m’exprimer qu’en des termes de félicitations pour la sagesse et le pragmatisme de la diplomatie algérienne et j’espère que cette dynamique sera inscrite dans la continuité. Quant aux efforts de l’Algérie dans la lutte contre la radicalisation et l’extrémisme, là aussi, je dois dire que la modération est bel et bien ce qui est demandé sur la scène internationale. Pour l’Algérie, son expérience l’a déjà forgée dans la gestion de la crise interne des années 90, ce qui a permis au pays de jouir aujourd’hui d’un savoir-faire en la matière.
Propos recueillis par K. A.

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