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Microcrédits : Gel des activités saturées

La conjoncture actuelle relative à la chute des prix du pétrole a induit la nécessité de rationaliser les dépenses, et cela pour une meilleure gestion de plusieurs secteurs et activités.

PUBLIE LE : 27-10-2016 | 0:00
D.R

La conjoncture actuelle relative à la chute des prix du pétrole a induit la nécessité de rationaliser les dépenses, et cela pour une meilleure gestion de plusieurs secteurs et activités.

C’est  le cas de  l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (Ansej), qui vient de prendre certaines décisions afin de restreindre strictement ses champs d’activités. Ainsi, pas moins de 64 activités  viennent d’être gelées par cette Agence,  dont celles très recherchées par les citoyens, à l’image de la plomberie ambulante, de l’électricité ambulante, la collecte de lait et l’élevage bovin en phase de création. Des secteurs jadis très prisés, et auxquels les jeunes promoteurs algériens ne peuvent plus souscrire, faute de financement par l’organisme, ces activités n’étant pas rentables, par saturation et absence de perspectives en la matière.
 De ce, fait les prétendants aux microcrédits de plus d’une cinquantaine d’activités ne peuvent plus compter sur l’Ansej pour financer leurs projets professionnels. Et pour cause, l’Ansej n’accordera plus de crédits pour des projets entrant dans le cadre de ces 64 activités ! Transport de voyageurs, transformation de plastique, coiffeur, plombier ambulant, mécanicien, boulangerie et agence de publicité… toutes ces activités et bien d’autres encore ont été stoppées, et les dossiers en quête de financement seront rejetés. On apprend des responsables de l’agence, que parmi ces activités, certaines sont totalement saturées, tandis que d’autres ne sont pas productives et ne créent pas de valeur ajoutée au sens économique du terme. Ainsi, tous les postulants à ces filières devront chercher un autre mode de financement, car l’Ansej n’est plus en mesure de les aider.  L’élaboration de cette nouvelle liste est liée à la situation financière, où les banques  manquent actuellement de ressources financières. En effet, les banques ont perdu plus de 24% de leurs liquidités. Il faut dire que  plein de jeunes qui ont contracté des crédits n’ont pas pu les rembourser. Selon les déclarations du directeur général de l’Ansej, 70% des bénéficiaires des crédits dans le cadre de l’Ansej remboursent leurs crédits. Ce qui signifie que 30% d’entre eux ne le font pas. Une situation qui a poussé l’Agence à mener une réelle campagne de recouvrement. Cette dernière s’est traduite par des mises en demeure, que tous les souscripteurs en retard de payement ont reçues, et ont été priés de se présenter au service contentieux de l’Ansej en vue de trouver une solution à l’amiable. Dans ce sens, le rééchelonnement de la dette est envisageable, mais demeure scrupuleusement rattaché aux conditions de l’échéancier de remboursement. Il s’agit d’arrêter un nouvel échéancier, d’un commun accord entre le promoteur et le directeur de l’Agence.
Interrogé à ce sujet, le secrétaire général de l’Ansej, Abdelhamid Zouaoui, a  confirmé l’information, mais refuse catégoriquement de parler de crise. «Il est vrai que nous avons gelé plusieurs activités, mais cela ne veut pas dire que nous traversons des difficultés financières. Ces filières ont été trop exploitées depuis l’ouverture de l’agence», s’est-il contenté de dire. Selon lui, le gel de financement cible exclusivement les filières saturées localement, tel le transport par bus ou par taxi. Dans ce dernier créneau, des wilayas enregistrent un nombre élevé de sociétés privées de taxis à travers tout le territoire national. L’Ansej gèle le financement des projets dans les filières saturées, pour prévenir l’accumulation des activités similaires et parer à la création de projets non rentables et voués à l’échec.
Par ailleurs, il y a lieu de rappeler que l'Ansej a dépensé plus de 262 milliards de dinars depuis son lancement en 1996, dans la création de plus de 330.000 sociétés qui ont généré plus de 803.928 postes d'emplois. Il a été enregistré également, 13.608 projets qui ont échoué, pour diverses causes, notamment le décès de la personne concernée, l’incapacité à réaliser son projet ou la dépense inopportune du crédit reçu. Dans ce contexte, on apprend que les services chargés du règlement des différends de l'Agence ont entamé des poursuites judiciaires quant à ce dernier cas.
  Kafia Ait Allouache
 

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