Ph. Louiza
Le coup d’envoi de la semaine nationale de la recherche scientifique placée sous le thème de la «chimie et ses applications industrielles », a été donné hier matin au CERIST à Ben Aknoun par le Pr Aourag, directeur général de la DGRSDT. Organisée sous le haut patronage du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, par la direction générale de la recherche scientifique et du développement technologique, cette manifestation scientifique de haut niveau s’étalera jusqu’au 17 du mois courant. Elle regroupera tous les chercheurs qui viennent participer activement à la réussite de cette semaine où tous les produits de recherche seront présentés durant toute cette période au salon d’exposition à Riad El Feth - El-madania- qui a été inauguré dans l’après midi d’hier.
Cet événement qui s’inscrit dans le cadre de l’année mondiale de la Chimie proclamée par l’UNESCO, vise principalement la démonstration des différentes innovations technologiques en chimie, avec la participation des laboratoires, centres de recherche ainsi que les entreprises activant dans le domaine de la chimie industrielle et des institutions professionnelles, en vue d’encourager et de motiver les chercheurs et les institutions professionnelles. Dans son allocution d’ouverture, le directeur de la DGRSDT a insisté sur l’importance de la chimie dans le développement. « La chimie est un avenant extraordinaire dans notre vie quotidienne. Elle est présente dans tous nos actes. Ce qui est absent, c’est comment faire rapprocher la chimie du grand public en se posant la question pourquoi c’est ainsi? ». Tout en insistant sur la place du chercheur dans la société, le Pr Aourag a indiqué que 80% des enseignants de grades de professeurs et de maitres-assistants au niveau de l’université algérienne sont issus de la filière science fondamentale (maths, physique et chimie). Le conférencier a fait remarquer que la place occupée par la filière de la chimie en Algérie est passée de la 8e position en 1998 à la quatrième position en 2010 et ce, sur le plan africain.
Il y a lieu de noter la création récente d’une société savante de chimistes qui est une première en Algérie. Son émergence s’inscrit au début des années 1990 dans un contexte marqué par une grave crise intérieure. L’activité scientifique, inséparable de son environnement, en subit les contrecoups. Dans cette perspective, l’exemple des chimistes algériens est particulièrement intéressant. Malgré un contexte d’étatisation et de bureaucratisation de la science, les chimistes ont pu se doter d’une société savante et d’une revue spécialisée. Leur dynamisme et leur professionnalisme représentent une étape majeure dans l’émergence et le développement d’une communauté scientifique et la construction d’une identité sociale reconnue qui définit l’existence sociale du groupe et lui permet d’être pensé par les autres institutions qui composent le champ social. La création d’une société savante dans un contexte politique peu propice à l’activité scientifique est l’œuvre d’enseignants-chercheurs appartenant à l’un des corps les plus professionnalisés. Cette société et son journal consacrent la ténacité de scientifiques convaincus de la première heure. Pour nombre d’entre eux, cette institution scientifique, née dans un contexte de violence politique extrême, est un défi lancé par quelques individualités afin de renforcer les liens au sein de la communauté scientifique locale et d’entretenir les réseaux de sociabilité scientifique malgré les vicissitudes de l’environnement scientifique local. Une cérémonie de remise du prix Maurice Audin de Mathématiques 2010 aura lieu aujourd’hui à la faculté de mathématiques de l’USTHB. S’ajoute à ce programme un cycle de conférences axées sur les nouveautés scientifiques animées durant toute la semaine par des experts nationaux et étrangers.
Par ailleurs, une journée d’étude sera consacrée demain à l’entreprenariat qui aura lieu au centre de développement des technologies avancées (CDTA) et dont les thèmes essentiels se résument au transfert de technologie, les brevets, les inventions et propriété intellectuelle et la création des startups.
Des portes ouvertes sur les institutions de recherche (laboratoires et centres de recherche) seront également organisées mercredi prochain à travers la projection de films scientifiques et l’animation de conférences pour la valorisation du rôle du chercheur algérien dans la croissance économique. Enfin, cette semaine sera clôturée par l’organisation d’une cérémonie de remise de prix aux chercheurs, notamment ceux exerçant dans le domaine de la chimie.
Sarah SOFI
Noureddine Yassaa : Distinctions internationales en Chimie en 2010
L'édition 2010 du Prix « Chemrawn VII de l'atmosphère » et « Vert, la chimie » a été attribué à Noureddine Yassaa de la faculté de chimie, université des sciences et technologie Houari Boumediène, Alger, Algérie.
Noureddine Yassaa a reçu le prix en reconnaissance de ses recherches sur la circulation-apparition et la chimie de Gas and Particules organiques en phase composée présents dans l'atmosphère, utilisant à la fois laboratoire et terrain techniques de mesure. Ces composés incluent des espèces avec propriétés mutagènes et cancérigènes et / ou la toxicité aiguë, ainsi que non-toxique, espèces qui peuvent contribuer à l’effet de serre, appauvrissement de l'ozone stratosphérique, l'ozone et ou la génération de radicaux hydroxyle dans la troposphère. Il a publié plus de 30 articles scientifiques dans des revues sur ces sujets que la chromatographie gazeuse, spectrométrie de masse, des émissions mesures de flux et de composés organiques volatiles, et les échantillonnages et d'analyse des polluants dans les particules d'air et de l'air. Noureddine Yassaa, lauréat du prix Chemrawn.
Azzeddine Bousseksou : Médaille d’argent du CNRS
La médaille d’argent du CNRS est décernée tous les ans à une quinzaine de chercheurs par le CNRS. Elle « distingue un chercheur pour l’originalité, la qualité et l’importance de ses travaux, reconnus sur le plan national et international ». Azzedine Bousseksou est directeur de recherche CNRS au laboratoire de chimie de coordination et responsable de l’équipe « Matériaux moléculaires commutables ». Cette prestigieuse récompense lui est attribuée cette année, en reconnaissance de l’établissement pour sa « contribution au rayonnement du CNRS et de la recherche scientifique. Directeur de recherche au CNRS depuis 2005, il est aujourd’hui responsable du groupe « Matériaux Moléculaires Commutables » au LCC composé d’une dizaine de chercheurs de grande valeur. Créé en 2003, ce groupe développe son activité selon trois axes de recherche principaux. A. Bousseksou a été récompensé en 2003 par le prix de la division de Chimie, de Coordination de la Société Chimique de France et par le prix Langevin de l’Académie des Sciences en 2009.
S. SOFI
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