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Congrès mondial du pétrole de Madrid : Sur fond de divergences...
Les incompréhensions subsistent sur les raisons et les causes de l’envolée des prix du brut.
Les pays producteurs et consommateurs de pétrole, réunis à Madrid à la faveur du 19e congrès mondial du pétrole, se sont séparés avant-hier soir en constatant une fois encore que leurs positions divergeaient sur les raisons et les causes de l’envolée des cours du brut. C’est dans ce contexte tendu que le gotha du monde du pétrole a tenté de trouver une réponse à la question de l’offre et de la demande, obligeant les pays de l’OPEP, dont la production ne représente que 40% du marché mondial, à réaffirmer que la flambée des prix était due plus à la spéculation, à la faiblesse du dollar et aux tensions géopolitiques dans certaines régions, qu'à des "contraintes sur l'offre".Le ministre algérien de l’Energie et des Mines, et président en exercice de l’OPEP, M. Chakib Khelil, avait affirmé au début des débats que cette organisation déploie "d’énormes efforts" pour augmenter sa capacité de production, en apportant 57% de l’offre durant ces sept dernières années, et que sa production représentera 52% de la demande mondiale à l’horizon 2010, contre 40% actuellement.
Pour augmenter la production de pétrole et parvenir à leur objectif de pomper en 2012 quatre millions de barils/jour supplémentaires, les pays membres de l’OPEP devront investir 150 milliards de dollars, avait-il dit.
M. Khelil avait toutefois précisé que le prix du pétrole était actuellement "très volatil", en raison des doutes sur l’évolution du marché et de la demande, des éléments qui introduisent "d’énormes incertitudes" dans l’investissement devant le risque de parvenir aussi bien à un excès qu'à une insuffisance dans les capacités de production, selon ses explications.
"Tout le monde reconnaît qu’à court terme, il n’y a pas de problème d’offre, mais à long terme tout dépend de l’effort d’investissement pour répondre à la forte demande", pense M. Khelil pour qui les réserves existantes "peuvent suffire à la consommation mondiale prévue pour les 50 prochaines années".
Dans ce sens, les spécialistes sont d’avis que les pays producteurs membres ou non de l’OPEP et les sociétés internationales sont appelés à faire des efforts pour développer ces réserves afin de répondre à la demande précise pour chaque année.
"Les prix sont bons et il n’y a aucune raison de ne pas investir dans l’exploration, le développement, les infrastructures et dans tous les domaines, non seulement dans le pétrole mais aussi dans le gaz et les autres énergies nouvelles et renouvelables et autres alternatives qui deviennent intéressantes comme les sables bitumineux ou l’Off Shore", expliquent-ils.
Les arguments du président de l’OPEP sont partagés par plusieurs autres ministres de l’Energie de pays producteurs, comme le saoudien, Ali Al Naimi qui a rassuré également les consommateurs sur la disponibilité de l’offre, et confirmé que la production de son pays atteindra durant ce mois de juillet 9,7 millions de barils/jour.
Il a affirmé d’autre part que les limites de l’approvisionnement du pétrole étaient beaucoup plus liées à la politique qu’à la géologie ou à la disponibilité de ressources, en prédisant que le pétrole continuera d’être une partie essentielle de l’industrie énergétique et ce, pour plusieurs années encore.
Pour appuyer ses thèses, le ministre saoudien a cité des études estimant les réserves mondiales entre 5 et 7 milliards de barils de pétrole récupérables, y compris les pétroles conventionnels et non conventionnels, et cité comme exemple encore les explorations Off Shore de la plate-forme continentale des Etats-Unis.
En attendant, M. Al Naimi s’est prononcé en faveur de la promotion du dialogue entre les pays producteurs et consommateurs de pétrole d’une part, et entre les industries du gaz et du pétrole, d’autre part afin de parvenir à des prix "raisonnables". Pour surmonter les obstacles d’accès aux réserves et faire face à la demande à long terme, le ministre indien du Pétrole et du Gaz, Shri Sirinivasan a demandé, de son côté, aux entreprises publiques des pays producteurs et aux grandes sociétés internationales de parvenir à des accords basés sur "la collaboration active et la confiance mutuelle".
Dans cette optique, le vice-président de Chevron, John Watson, a reconnu qu’aucune entité n’avait la capacité de faire à elle seule tous les travaux de développement de nouveaux gisements, tout en conditionnant de possibles accords à l’existence d’un "cadre de politiques réalistes et de systèmes fiscaux stables à long terme".
M. Watson s’est joint également aux appels lancés aux Etats-Unis par le secrétaire général de l’OPEP, Abdallah Salem El Badri et le président de l’entreprise brésilienne Petrobras, José Sergio Gabrielli, de permettre l’accès à sa plate-forme continentale pour augmenter la diversification géographique de l’approvisionnement, et ce, dans le cadre de la "réciprocité.
Les organisateurs ont qualifié ce congrès de ôréussiteö dans la mesure où il eu le mérite d’alerter sur le moment difficile que traverse l’approvisionnement en matière énergétique. "Nous devons satisfaire nos besoins d’une autre manière et chercher une croissance durable tant du côté des entreprises que des consommateurs. On ne peut plus gaspiller désormais un bien rare", a souligné le vice-président du comité d’organisation espagnol, Juan Bachiller.
Le 19è Congrès mondial du pétrole a regroupé depuis lundi dernier quelque 4.300 délégués, 35 ministres et 500 experts et présidents d’entreprises qui ont pris part à d’intenses débats entre pays producteurs et consommateurs sur les perspectives du secteur pétrolier et l’analyse des éléments qui sont derrière la flambée des cours du brut.
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