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La Journée nationale du don d’organes célébrée hier : La greffe du rein n’est plus un tabou

image Ph. : T. Rouabah

Les possibilités de prélèvements sur cadavre, malgré des dispositions législatives très favorables, restent limitées et dépendent beaucoup plus d’une bonne organisation, que des problèmes éthiques et religieux liés aux dons d’organes, c’est ce qu’a indiqué, hier à Alger, le professeur Tahar Rayane, secrétaire général de la Société algérienne de néphrologie-dialyse et transplantation (SANDT), en marge d’une rencontre organisée à l’occasion de la Journée nationale du don d’organes, au  CHU de Beni-Messous, coïncidant avec la célébration d’un événement important qui a marqué l’histoire de la transplantation rénale en Algérie, s’agissant de la première greffe rénale effectuée au CHU de Mustapha Bacha en 1986, cette manifestation qui a eu lieu en présence de sommités médicales nationales, d’éminents juristes et des hommes de culte dont la renommée n’est plus à souligner. 
Quelles sont les possibilités de prélèvement d’organe sur cadavre ?
Sur le plan religieux la problématique relative aux prélèvements sur cadavre a été réglée depuis très longtemps, il y a une fetwa sur ce sujet. Les hommes de religions sont d’accord pour le prélèvement à partir de cadavre, car la mort cérébrale a été acceptée comme définition de la mort clinique, affirme le Pr. Rayane qui insiste sur la nécessité de mener des campagnes d’explication et de sensibilisation sur cet aspect du problème, partageant ainsi le point de vue du professeur Saïd Chibane, éminent ophtalmologue et chercheur en sciences islamiques. Ce dernier tient à préciser cependant que de telles interventions ne sauraient intervenir que dans un cadre purement scientifique, surtout lorsqu’il s’agit de sauver une vie humaine.
Pour sa part, M. Djabi Abdelkrim, professeur à l’école supérieure de la magistrature, a évoqué le côté juridique en rappelant que la loi 85 relative à la santé a défini clairement le cadre réglementaire de la transplantation d’organes en Algérie. Dans ce cadre, il a fait savoir que l’Algérie a ratifié l’accord sur la lutte contre le crime organisé transnational interdisant, entre autres, le trafic des personnes et leurs organes.

Ils ont dit… Ils ont dit… Ils ont dit… Ils ont dit…

Le Pr Rayane a exhorté  les autorités publiques à élaborer une carte de donneur d'organes  à l'image de la carte d'identité, du permis de conduire ou encore la carte  de groupage pour faciliter le prélèvement d'organes à partir des cadavres.         

La législation algérienne, a-t-il dit, notamment la loi sur  la santé 85/05 et la loi de 2000 la complétant autorisent le don d'organes et le subordonnent à une acceptation du donneur de son vivant mais ne prévoient pas de carte d'acceptation  du donneur.

Le même spécialiste a, en outre, souligné la nécessité de développer  les infrastructures d'accueil appelant au changement des mentalités qui continuent  d'entraver le don et le prélèvement d'organes sur des cadavres.

Cent nouveaux cas d'insuffisance rénale viennent s'ajouter annuellement  aux 100.000 cas recensés qui nécessitent une greffe de rein,  a indiqué, de son côté, le Dr Ali Benziane, spécialiste en néphrologie au CHU  Beni Messous.

Les insuffisants rénaux en quête d'une greffe de rein sont âgés entre 30 et 50 ans, a ajouté le spécialiste précisant qu'avec l'augmentation de l'espérance  de vie en Algérie, cette catégorie devra s'élargir pour toucher les sexagénaires.

Le Pr Saïd Chibane, ancien ministre des Affaires religieuses a affirmé  que l'ensemble des académies islamiques sont unanimes à propos du recours à  la greffe d'organes pour sauver une vie humaine à condition qu'elle soit pratiquée  par des spécialistes avec l'approbation du donneur et de sa famille et  qu'elle ne procède d'aucune visée lucrative.

La prise en charge des insuffisants rénaux est onéreuse pour  l'Etat et la greffe du rein constitue une solution efficace pour cette  pathologie, a-t-il encore souligné.

Il a déploré l'absence de médecins spécialisés en matière d'autopsie  qui puissent déterminer des causes de décès et s'assurer que les organes prélevés sont sains.

Par ailleurs, le professeur Djabi Abdelkrim de l'Ecole  superieure de magistrature a mis en évidence la législation algérienne en matière  de greffe d'organes rappelant la loi sur la santé 85/05 qui garantit la gratuité du don d'organes car, a-t-il expliqué, la dignité humaine qui est préservée  sur les plans religieux et juridique et ne saurait souffrir la moindre violation.

L'Algérie, a-t-il rappelé, a ratifié en 2002 la convention de Palerme  de lutte contre le crime organisé transfrontalier et le protocole de 2003 la complétant qui prévoient l'interdiction du trafic humain.         

La législation algérienne prévoit à l'instar des législations internationales des dispositions légales règlementant le don d'organes  à commencer par l'acceptation du donneur, de son vivant, ainsi que celle du receveur.

Dans l'urgence et dans l'impossibilité pour une partie ou l'autre d'exprimer son approbation, le tuteur légal ou la famille doint être consultés, a ajouté M. Djabi.

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