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Maternité : Pour une politique de prévention contre l’avortement à risque

Les participants à la rencontre médicale tenue, hier,  a Tlemcen sur l’avortement à risque et la santé des femmes ont mis l’accent,  à l’issue de leurs travaux, sur la nécessaire mise en place d’une politique  de prévention et de lutte contre ce problème.         
Ils ont indiqué dans ce sens qu’il est indispensable de déterminer l’incidence  de l’avortement à risque sur les femmes par le biais des études, tout en développant un travail multi sectoriel.  Cette rencontre, troisième du genre organisée par l’association algérienne  pour la planification familiale après celles de 2007 tenue à Oran et Sidi Bel-Abbès en 2008 et à laquelle étaient conviés des médecins, des juristes, des  sage-femmes et des spécialistes en charia , a permis à ces derniers de recommander  également l’introduction de l’éducation sexuelle dans les programmes scolaires et la création de centres de prévention, d’écoute et de réinsertion pour jeunes.   Cette rencontre a donné lieu à la présentation de conférences traitant  divers aspects de l’avortement notamment psychologique, religieux, juridique  et médical.  Le Dr N. Benosmane a, dans une intervention, mis en exergue l’impact  psychologique sur la femme qui avorte. Il a indiqué que la qualité et l’intensité  des réactions de la femme à l’avortement sont en fonction d’un nombre de variables  liées notamment aux conditions dont l’avortement a été envisagé, à l’âge et  la maturité de la femme, son contexte socio-culturel et enfin à son arrière  plan religieux ou philosophique."L’avortement provoque deux morts, en l’occurrence celle de l’enfant  et celle de la conscience de la mère. La blessure infligée à sa conscience entraîne  une sorte d’anesthésie psychologique qui se développe naturellement pour protéger  la femme de la douleur et des troubles qui suivent l’avortement", a-t-il poursuivi.   Pour MM. Mamoune et Djemaaoui, spécialistes en droit et en charia,  l’avortement est strictement interdit. Dans leurs communications respectives,  les deux enseignants universitaires ont tour à tour mis en exergue les textes  de lois et du coran interdisant l’interruption volontaire d’une grossesse en  signalant au passage les exceptions liées à l’avortement thérapeutique quand  la mère est en danger.  Les docteurs Meguenni et Ouali ont de leur coté expliqué les complications  des avortements à risque notamment, qui peuvent engendrer des infections locales  ou générales et d’autres maladies qui sont les causes de décès de milliers de  femmes de par le monde.  Les conférenciers ont été unanimes à dire que ce thème reste toujours  "tabou" dans la société algérienne d’ou l’absence de statistiques officielles  avant de mettre l’accent sur l’aspect clandestin de l’avortement. Sur ce dernier  point, ils ont indiqué que l’avortement clandestin pose un problème de santé  compliqué et complexe ou le social, le religieux, le médical sont impliqués.    Susciter des débats est le plus petit dénominateur commun  pour espérer  faire évoluer une prise de conscience dans la société et empêcher que nombre  de ses membres n’aillent jusqu'à perdre la vie pour un acte qui est censé la  donner, ont ils conclu.

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