OMS : Journée mondiale contre le paludisme
Maladie transmise par la piqûre d'un moustique, le paludisme constitue un véritable problème de santé publique. Menaçant prés de 40% de la population mondiale, cette pathologie affecte annuellement entre 350 et 500 millions d'individus, dont 59% des cas se produisent en Afrique, 38% en Asie et 3% en Amérique.
La transmission de cette maladie varie en fonction de certains facteurs locaux comme le régime des précipitations (la reproduction des moustiques est conditionnée par l'humidité), la proximité des gîtes larvaires par rapport aux habitations et les espèces de moustiques présentes dans la zone concernée.
On enregistre dans certaines régions un nombre relativement constant de cas toute l'année et l'on parle alors de pays «d'endémie palustre». Dans d'autres, on observe des «saisons du paludisme», qui coïncident en général avec la saison des pluies. Ces épidémies peuvent être déclenchées par les conditions climatiques et aggravées par des inondations ou des mouvements de populations dus à des conflits.
Des épidémies importantes et dévastatrices peuvent survenir quand le parasite est introduit dans des régions où la population n'a eu auparavant que peu de contacts avec celui-ci et où elle n'a donc que peu ou pas d'immunité contre le paludisme ou quand des populations faiblement immunisées se déplacent dans des zones où des cas de paludisme surviennent constamment.
Symptômes :
Les premiers symptômes les plus courants, fièvre, céphalées, frissons et vomissements, apparaissent en général de 10 à 15 jours après l'infestation. En l'absence de traitement au moyen de médicaments efficaces, le paludisme peut évoluer vers une forme grave, souvent mortelle.
Populations à risque :
Dans leur grande majorité, les cas et les décès surviennent en Afrique subsaharienne. Néanmoins, il y a aussi du paludisme en Asie, en Amérique latine, au Moyen-Orient et dans certaines régions d'Europe. En 2006, il était présent dans 109 pays et territoires.
Risques particuliers :
- Les voyageurs peu ou pas immunisés en provenance de régions exemptes de paludisme et qui vont dans des zones où il y a une forte transmission sont très vulnérables.
- Les femmes enceintes non immunisées sont exposées à un risque élevé. La maladie peut entraîner un taux élevé de fausses couches et plus de 10% de décès maternels (jusqu'à 50% pour les formes graves).
- Les femmes enceintes semi-immunisées risquent une anémie grave et un retard de croissance du fœtus, même si elles ne manifestent aucun signe aigu de la maladie.
On estime que les infections palustres au cours de la grossesse entraînent la mort de 200 000 nouveau-nés chaque année.
- Les femmes enceintes porteuses du VIH sont également exposées à un risque accru.
Traitement :
Le traitement rapide du paludisme en raccourcit la durée, prévient l'apparition de complications et permet d'éviter la majorité des décès. À cause du fardeau considérable que le paludisme fait peser sur la santé dans les pays à faibles revenus, sa prise en charge est une composante essentielle pour le développement de la santé à l'échelle mondiale. Le traitement vise à guérir les patients plutôt qu'à diminuer le nombre des parasites présents chez une personne infectée.
Vaincre le paludisme Le compte à rebours est lancé
• Aujourd’hui, 109 pays, répartis en quatre régions, sont touchés par le paludisme.
Le 25 avril, journée de solidarité mondiale commémorant l’effort déployé pour le contrôle efficace du paludisme dans le monde, marquera cette année un tournant décisif dans la lutte contre la maladie. Il ne reste plus que deux ans à peine à la communauté internationale de lutte contre le paludisme pour réaliser les objectifs 2010 visant à fournir de manière performante et abordable des moyens de protection et des traitements antipaludiques à toutes les personnes à risque. L’année dernière, M. Ban Ki-Moon, Secrétaire général de l'ONU a appelé la communauté internationale à redoubler d’efforts pour atteindre ces objectifs.
La journée mondiale contre le paludisme nous donne à tous l’opportunité de faire la différence. Gouvernement, entreprise, organisation caritative ou particulier, vous pouvez faire reculer le paludisme et aider à générer des progrès considérables dans les domaines de la santé et du développement humain.
La diminution de l’impact du paludisme permettrait d’activer considérablement la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement convenus par tous les états membres de l'ONU. Outre le combat contre la maladie, ces objectifs ciblent également les droits et la santé des femmes et des enfants, l’accès à l’éducation et la réduction de l’indigence.
En 2008, le Partenariat Roll Back Malaria (RBM) (Faire reculer le paludisme) a dévoilé son Plan mondial de lutte contre le paludisme (GMAP) qui établit les actions nécessaires à la réalisation des objectifs à long, moyen et court terme visant le contrôle, l’élimination et l’éradication probable de la maladie.
Lors de la journée mondiale contre le paludisme, le Partenariat RBM donnera le coup d'envoi de sa campagne « Vaincre le paludisme ». D’une durée de deux ans, elle intensifiera les efforts mondiaux déployés pour la réalisation des objectifs 2010, étape clé de la lutte. Elle permettra également de renforcer les systèmes des pays endémiques vers un contrôle renforcé de la maladie et son élimination.
L'OMS appelle à intensifier la lutte contre le paludisme en Afrique
L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a appelé jeudi les pays africains touchés par le paludisme à intensifier la lutte antipaludique, et cité comme exemple la Zambie qui a enregistré une réduction importante de la mortalité palustre.
A l'occasion de la célébration, le 25 avril, de la Journée mondiale du paludisme, le Directeur régional de l'OMS pour l'Afrique, le Dr Luis Gomes Sambo, a "invité instamment tous les pays touchés par le fléau à intensifier et maintenir la lutte antipaludique et les efforts d'élimination afin d'atteindre le but d'une couverture de 100% en 2010".
L'OMS a cité comme exemple la Zambie, où les décès dus au paludisme signalés par les installations de santé ont diminué de 66 %.
Les efforts consentis par la Zambie serviront de modèle pour d'autres pays à l'occasion de la Journée mondiale du paludisme, a indiqué l'OMS dans un communiqué, estimant que la baisse des décès dans ce pays de l'Afrique australe a été réalisée grâce à la distribution de 3,6 millions de moustiquaires imprégnées d'insecticide à action prolongée entre 2006 et 2008.
Le paludisme, dû à un parasite et transmis par des moustiques, fait plus d'un million de morts chaque année, principalement des enfants de moins de cinq ans en Afrique sub-saharienne.
L’OMS recommande :
- Le traitement rapide de tous les épisodes cliniques (si possible dans les 24 heures suivant l'apparition des symptômes).
- L'utilisation des moustiquaires imprégnées d'insecticide pour la prévention des piqûres de moustiques durant la nuit.
- Pour les femmes enceintes dans les zones de forte endémicité, des doses préventives de sulfadoxine-pyriméthamine (IPT/SP) sont administré pour éliminer régulièrement les parasites du placenta.
- Les pulvérisations d'insecticide à effet rémanent à l'intérieur des habitations pour tuer les moustiques au repos sur les murs et les toits.
Prévention :
La prévention est axée sur la réduction de la transmission en luttant contre les moustiques vecteurs.
En matière de lutte antivectorielle, les deux principales interventions sont les suivantes:
- l'utilisation de moustiquaires à imprégnation durable d'insecticides, une méthode d'une très grande efficacité pour un faible coût;
- les pulvérisations d'insecticides à effet rémanent à l'intérieur des habitations.
D'autres méthodes peuvent venir localement compléter ces interventions fondamentales (diminution des gîtes larvaires en faisant disparaître les points d'eau stagnante par exemple).
Élimination :
Selon des données récentes, la mise en œuvre à grande échelle des stratégies recommandées par l'OMS pourrait rapidement réduire le paludisme, particulièrement dans les zones de forte transmission, comme en Afrique. L'OMS et les États Membres ont fait des progrès importants dans l'élimination de la maladie. Les Maldives, la Tunisie et les Émirats arabes unis par exemple l'ont éliminé. Les pays qui réussissent le doivent à la force de leur engagement national et à la coordination des efforts avec leurs partenaires.
A retenir :
- Le paludisme est une maladie pouvant être mortelle. Il est dû à des parasites transmis par les piqûres de moustiques infectés.
- Un enfant en meurt toutes les trente secondes.
- Il y a eu 247 millions de cas en 2006, à l'origine de 880 000 décès, pour la plupart des enfants africains.
- Le paludisme est une maladie évitable dont on guérit.
- Environ la moitié de la population mondiale est exposée au risque de paludisme, en particulier dans les pays à faibles revenus.
- Les voyageurs venant de régions exemptes de paludisme et se rendant dans des zones «sensibles» sont particulièrement vulnérables.
- Le paludisme a des répercussions économiques et peut entraîner une baisse du taux de croissance allant jusqu'à 1,3 % dans les pays fortement affectés.
K.H.
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