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Crise politico-militaire au Honduras : Le président Zelaya arrêté par l'armée

L'UE appelle à la libération "immédiate" de M. Manuel Zelaya

La crise politico-militaire au Honduras a connu une nouvelle tournure hier lorsque le président Manuel Zelaya, qui a convoqué les électeurs pour se prononcer sur une réforme de la Constitution, a été arrêté à son domicile par des militaires avant d'être conduit à une base aérienne. Le chef de l'Etat avait décidé d'organiser ce dimanche un référendum populaire, en dépit de l'opposition de l'armée, du Parlement et de la Cour suprême. "Des militaires sont allés chercher le président à son domicile pour le conduire à la base de l'armée de l'air", a déclaré le secrétaire du chef de l'Etat, Enrique Reine. Selon un témoin interrogé par des médias locaux, quatre commandos d'environ 200 soldats se sont rendus au domicile de M. Zelaya à l'aube et ont tiré quatre coups de feu, avant de repartir en direction de la base aérienne. Des correspondants de presse ont indiqué de leur côté que le domicile du président hondurien était assiégé par des dizaines de militaires lourdement armés. Des chaînes de télévision locales ont aussi rapporté que les urnes installées pour la consultation populaire ont disparu tôt le matin dans plusieurs bureaux de vote. Les chaînes de télévision 8 et 36 ont interrompu leurs programmes. Elu en 2006 pour un mandat de quatre ans non renouvelable, M. Zelaya avait convoqué les électeurs pour se prononcer sur des réformes constitutionnelles dont un amendement lui permettant de briguer un deuxième mandat le 29 novembre. Ce scrutin a été jugé "illégal" par la cour suprême ainsi que par l'opposition, et le Parti libéral, la formation même du chef de l'Etat qui s'est retournée contre M. Zelaya après son élection comme président conservateur en janvier 2006 et est soutenue par des organisations populaires et indigènes. Jeudi, M. Zelaya avait lui-même forcé l'entrée d'une base militaire pour récupérer les urnes qui y étaient entreposées, un prélude au début de la crise, au moment où des troupes avaient été déployées dans la capitale disant vouloir seulement garantir l'ordre public.

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