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Afghanistan : Lakhdar Brahimi plaide pour “une solution politique”

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L’ancien secrétaire général adjoint de l’ONU et représentant spécial, entre autres pour l’Afghanistan et l’Irak, Lakhdar Brahimi a estimé hier que seule une solution politique peut permettre le règlement de la situation en Afghanistan. "C’est une solution fondée sur une réconciliation nationale, sur une main tendue, sur un marchandage politique entre toutes les parties disposées à participer à ce marchandage. Même le Secrétaire général de l’OTAN ne prend jamais la parole sans dire qu’il n’y a pas de solution militaire", a expliqué M. Brahimi, dans un entretien diffusé hier par la chaîne de télévision France24. Le diplomate a souligné la nécessité de "tendre la main aux Talibans" comme le préconise le Chef de l’Etat afghan Hamid Kerzaï. "Je crois que nous avons tous fait une erreur considérable après les Accords de Bonn car c’est là que nous aurions dû tendre la main aux Talibans, au moment où ils étaient démoralisés. Ils avaient été dispersés à travers le pays. C’est là qu’il aurait fallu leur tendre la main. Malheureusement, nous ne l’avons pas fait", a-t-il indiqué, précisant que "maintenant, les Talibans sont beaucoup plus forts qu’ils ne l’étaient à l’époque. Ils considèrent qu’ils peuvent gagner cette guerre et ce sera donc très difficile de leur parler". Lakhdar Brahimi a plaidé pour une "solution afghane du problème". "Nous sommes en Afghanistan en 2008 et la solution qu’il faut trouver est celle qui convient aux Afghans de 2008. La solution n’est pas à trouver à Paris, à Washington, à Londres ou n’importe où ailleurs. Il faut regarder la société afghane et voir ce qu’elle veut et ce qu’elle peut faire", a-t-il indiqué. Concernant la situation en Irak, l’ex-représentant spécial du SG de l’Onu a indiqué qu’il partageait le jugement de la très grande majorité des Américains, "jugement extrêmement sévère sur ce qu’il s’est passé en Irak. On a détruit un pays pour absolument rien, apparemment". Pour lui, "la politique américaine a été jusqu’à présent un échec total. Les Irakiens et beaucoup de personnes, y compris des Américains, disent qu’il y a eu un million de morts".

«Un optimisme relatif, très mesuré »

Le changement opéré dans l’Exécutif américain, après l’élection du démocrate Barack Obama, le 4 novembre dernier, semble porteur de changements dans la politique étrangère américaine. "Il y a des signes qui justifient un optimisme relatif, très mesuré. Obama a été un des premiers à dire que faire la guerre était une erreur et il n’a pas cessé de dire que la politique américaine n’a pas été comme elle aurait dû l’être en Irak, ni avant ni pendant ni après la guerre", a déclaré M. Brahimi. Interrogé sur le Liban, un dossier qu’il avait pris en charge dans le passé, le diplomate algérien, l’un des artisans de l’accord de Taëf en 1989, a estimé que "ces accords ont servi de base aux Libanais pour mettre fin à leur guerre civile et, de ce point de vue, c’était une très grande réussite". Ces accords, a-t-il précisé toutefois, "n’ont pas été appliqués comme ils auraient dû l’être, notamment en raison de l’invasion du Koweït par l’Irak et de la guerre qui a suivi. Ils restent une base reconnue et acceptée par tous les Libanais". M. Brahimi s’est montré optimiste quant à l’avenir de ce pays. "Les libanais essayent de trouver entre eux les moyens de vivre ensemble. Les prochaines élections, prévues en avril ou mai prochain, sont importantes. Il faut espérer que le Parlement qui sera élu va pouvoir fonctionner mieux que l’Assemblée actuelle", a-t-il indiqué.

22 morts dans des violences

Vingt-deux personnes, dont 14 insurgés, ont été tuées au cours des dernières 48 heures dans des violences à travers l'Afghanistan, a-t-on appris hier de sources officielle et militaire. Les insurgés ont péri au cours de deux opérations des forces de sécurité afghanes et de la coalition internationale, dans le sud et l'ouest du pays, a annoncé la coalition. La première opération s'est déroulée jeudi dans le district de Nahr Surkh, dans la province de Helmand, un bastion des insurgés, dans le sud de l'Afghanistan. "Les forces afghanes et de la coalition participaient à une patrouille lorsqu'elles ont été prises à partie par des insurgés armés. Elles ont riposté et tué dix insurgés. Un soldat afghan a été blessé", a indiqué la coalition dans un communiqué. Lors de la seconde opération, vendredi matin, des commandos afghans et des soldats de la coalition perquisitionnaient des bâtiments dans le village de Dowlatabad, dans la province de Farah (ouest), quand ils ont été la cible de tirs d'insurgés. "Ils ont riposté tout en établissant un périmètre de sécurité, afin de protéger 30 enfants, 25 femmes et 34 autres non-combattants présents dans la zone. Quatre insurgés ont été tués et identifiés par la population locale comme des talibans", a affirmé la coalition dans un second communiqué.

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