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Sommet du G20 : Réformer la finance mondiale sans refonte globale du système

image Reuters

Bruxelles et Paris saluent les résultats du sommet.

Les dirigeants des grands pays développés et émergents (G20) ont opté à Washington pour une politique élargie fondée sur la coopération macro-économique pour rétablir la croissance, en écartant l'idée de refonte globale du système, sorte de Bretton Woods II, souhaitée par certains pays.
La déclaration finale de leur sommet tenu vendredi et samedi à Washington, après deux mois d'une crise financière inédite depuis les années 1930, a détaillé une série d'"actions immédiates" pour empêcher l'économie mondiale de sombrer dans une récession prolongée, dont l'utilisation de "mesures budgétaires pour stimuler la demande interne avec des résultats rapides" ou des baisses des taux d'intérêt dans certains pays.
Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn a indiqué que son institution était favorable à des plans de relance nationaux et coordonnés, dont le montant équivaudrait à 2% du PIB des pays participants. Le président français Nicolas Sarkozy, également président en exercice de l'Union européenne s'est félicité que le G20 ait établi "une nouvelle gouvernance économique" et soutenu une politique de "relance coordonnée, concertée".
Le Premier ministre canadien Stephen Harper a qualifié le G20 de "processus sans précédent" où les pays développés et en développement "travailleront ensemble pour gérer les problèmes de l'économie mondiale".
Les Africains pour leur part ont dénoncé leur exclusion et réclamé plus d'écoute et du concret pour le continent. Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping a insisté pour que l'Afrique "soit écoutée et entendue" dans les futures décisions sur l'architecture financière internationale. Le président de la Banque africaine de développement a quant à lui salué les déclarations de Washington, "qui vont dans la bonne direction". Mais il a également souligné que l'Afrique se sentait "exclue". Pour le président du Bénin Thomas Yayi Boni qui a réclamé une réforme du système des voix au FMI, il est temps de "passer aux actes".
Le G20 veut que "tout intervenant, tous les produits et tous les marchés soient réellement soumis à surveillance. Il n'y aura plus de zone d'ombre", selon la chancelière allemande Angela Merkel. D'ici au 31 mars, le G20 demande aussi des propositions pour que les "régulateurs s'assurent que les agences de notation (critiquées pour avoir surévalué des placements de mauvaise qualité) répondent aux normes les plus exigeantes".
Le G20 veut aussi mettre la pression sur les paradis fiscaux, en demandant "à moyen terme" des "mesures pour protéger le système financier mondial des juridictions non coopératives qui présentent un risque d'activité financière illégale".
Les dirigeants ont convenu de se retrouver avant le 30 avril pour "vérifier la mise en œuvre des décisions prises à Washington. Pour éviter les tentations protectionnistes, le G20 a pris l'engagement de tenter de relancer d'ici à la fin de l'année le cycle de négociations à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Le G20 a par ailleurs proposé une réorganisation des institutions multilatérales, comme le FMI et la Banque mondiale, nées en 1944 à Bretton Woods, pour faire de la place aux pays émergents. Le sommet a appelé ces organisations à épauler les pays en détresse en leur fournissant des financements.
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