Ramadhan 1430
- Femme enceinte et nourrice :
Quand la femme enceinte craint pour sa santé ou pour son fœtus, elle est autorisée à rompre le jeûne et à l'accomplir ultérieurement quand elle n'aura plus d'empêchement. Dans ce cas, si elle est aisée, elle accompagne son jeûne d'une aumône d'un 1/2 litre de blé, ce qui consolide mieux son jeûne et augmente sa récompense.
La même règle s'applique à celle qui allaite son enfant et qui craint pour sa santé ou celle de son bébé. Ceci est dans le cas où elle ne trouve pas de nourrice, ou, la trouvant, son enfant n'accepte d'autre sein que le sien.
Cela est déduit du verset sus-mentionné qui dit :
A ceux qui ne peuvent jeûner qu'avec difficulté incombe en expiation la nourriture d'un pauvre (Coran, 2 - La Vache - 184).
* Deux remarques :
1 - Qui, sans excuse valable, retarde de réparer son jeûne manqué jusqu'au Ramadan suivant, doit en expiation, nourrir un pauvre pour chaque jour retardé.
2 - Quand un musulman meurt, ayant à sa charge un nombre de jours à jeûner, son tuteur doit acquitter cette dette à sa place. (Recueils de Boukhari et Mouslim)
Ma mère est morte, dit un homme au Prophète (sur lui la prière et la paix). Elle a un mois de jeûne non accompli. Dois-je le faire pour elle ?
Oui, dit le Prophète (sur lui la bénédiction et la paix). La dette envers Dieu est plus digne d'être acquittée. (Recueils de Boukhari et Mouslim)
Les règles fondamentales du jeûne
1 - L'intention :
C'est la ferme résolution d'accomplir le jeûne en signe de soumission à Dieu et avec le dessein de demander Sa Grâce, car « tout acte dépend de l'intention qui l'inspire ».
Quand le jeûne a un caractère obligatoire - tel que Ramadan-l'intention doit être formulée la nuit avant l'aube.
Le Prophète (QSSSL) a dit :
Le jeûne de celui qui n'a pas manifesté l'intention de jeûner dès la veille, est nul. (Recueil de Tirmidy)
Mais s'il est surérogatoire, l'intention est acceptée même après l'aube, même après le lever du soleil, à condition de n'avoir rien mangé, rien bu.
Aïcha a dit : Le Prophète (sur lui la bénédiction et la paix) entra un jour chez moi et dit :
Avez-vous de quoi manger ?
Non, lui dis-je.
Alors, je jeûne, dit le Prophète (sur lui la bénédiction et la paix)
2 - L'abstinence :
C'est éviter tout ce qui rompt le jeûne, c'est-à-dire le boire, le manger et le rapport sexuel.
3 - La durée d'abstinence :
C'est toute la journée, de la pointe de l'aube au coucher du soleil. S'abstenir la nuit et manger le jour n'est pas du jeûne.
Dieu dit :
Observez le Jeûne Jusqu'à la nuit. (Coran, 2 - La Vache - 187)
Actes louables du jeûne (Sunna)
Il est louable de :
1 - Hâter la rupture du jeûne dès le coucher du soleil.
Le Prophète (QSSSL) a dit :
On ne cesse d'être dans la bonne voie tant qu'on s'empresse de rompre le Jeûne. (Recueils de Boukhari et Mouslim).
Anas a dit : Le Prophète (sur lui la prière et la paix) a toujours accompli la prière du Maghreb (pendant Ramadan) après avoir rompu le jeûne, même par une gorgée d'eau. (Recueil de Tirmidy)
2 - Rompre le jeûne, avant la prière - du Maghreb - par des dattes sinon par de l'eau.
Il est souhaitable que le nombre des dattes soit impair : trois ou cinq ou sept.
Anas a dit : Le Prophète (sur lui la bénédiction et la paix) rompait le jeûne en prenant des dattes avant de prier, sinon quelques gorgées d'eau. (Recueil de Tirmidy)
3 - Invoquer Dieu au moment de la rupture du jeûne.
Le Prophète (QSSSL) le faisait en disant :
«Seigneur ! C'est pour Toi que j'ai jeûné.
J'ai rompu mon jeûne en goûtant de Ton bien.
Veuille agréer notre œuvre.
Tu es Celui qui entend tout, dont la Science est infinie». (Recueil d'Abou Daoud).
Ibn Omar disait : Par Ta miséricorde qui s'étend à toute chose, je T'implore de pardonner mes fautes. (Recueil d'Ibn Maja).
4 - Le repas de fin de nuit. (Sahour ou Souhour).
C'est celui qu'on prend après minuit avec l'intention d'accomplir le jeûne.
Le Prophète (QSSSL) a dit :
Ce qui distingue notre jeûne de celui des gens du Livre, c'est le repas de fin de nuit (souhour)». (Moslim).
Prenez le souhour, il est toute bénédiction. (Recueils de Boukhari et Mouslim).
5 - Retarder l'heure de ce repas jusqu'à la fin de la nuit.
(A suivre)
Hadith du Prophète (QSSSL)
Selon 'Anas ibn Mâlik (qu'Allah soit satisfait de lui) : le Prophète (pbAsl) a dit: "Il en est trois qualités, quiconque les possède, saura savourer la douceur de la foi: vouer un amour exclusif à Allah et à son Envoyé; si l'on aime quelqu'un d'autre, qu'il ne sera que par amour d'Allah; enfin de redouter le retour à l'incrédulité -condition de laquelle on a été sauvé par Allah comme on redoute d'être précipité en Enfer".
Hadith dans le Sahîh de Muslim
Aïcha bint Abû Bakr, “Mère des croyants”
Aïcha, fille d’Abû Bakr et de Umm Rûmân, était née à La Mecque en 614. Elle fut fiancée au Prophète avant l’Hégire. Le mariage fut consommé à Médine. Cette union renforça l’amitié de l’Envoyé de Dieu avec Abû Bakr, l’un de ses plus zélés partisans.
Aïcha occupa l’un des appartements tout proche de la mosquée de Médine. Première épouse, après la mort de Khadidja, elle fut la préférée de toutes les autres épouses du Prophète. Sa présence auprès du Messager de Dieu lui permit de connaître un millier de Hadiths bien que Al-Bukhâri et Muslim n’en retinrent que 300 environ. Il était certain qu’après la mort du Dernier Messager, elle était souvent consultée par les croyants en vue de s’informer sur la tradition et de préciser nombre de sujets cultuels.
Intelligente et d’une vive curiosité intellectuelle. Aïcha possédait une bonne culture poétique et historique. D’une grande éloquence, elle était en mesure d’étayer ses discours de citations puisées dans des poèmes appris par cœur.
Lorsque le Prophète se sentit bien malade, il s’installa dans la chambre d’Aïcha avec le consentement de ses autres épouses. Sa jeune femme, âgée alors de dix-huit ans, le soigna jusqu’à la dernière minute. L’Envoyé de Dieu mourut près d’elle et fut enterré sur place.
Les historiens ne signalent aucune activité publique d’Aïcha pendant tout le règne de son père Abû Bakr et de Umar, soit douze années consécutives. Cependant, sous le califat de Uthmân, le mécontentement se développa : le népotisme, l’embourgeoisement des élites, les injustices sociales s’amplifiaient, ce qui ne laissait pas indifférents les croyants attachés à l’application de la Loi divine dans les affaires publiques. Aïcha ne se manifesta pas en vue d’apporter son soutien ou son désaccord à la politique du troisième calife. Au moment du meurtre de ce dernier, elle se trouvait en pèlerinage à La Mecque. Cependant elle désapprouva les insurgés et reprocha à Ali de ne pas venger l’odieux assassinat.
Aïcha se rendit à Basra, soit environ quatre mois après la disparition de Uutmân, en juin 656, avec l’intention d’exiger du pouvoir central de sévir contre les auteurs du crime. Un millier de personnes se joignirent à elle. Deux personnalités de marque apportèrent leur appui au mouvement contre Ali et jouèrent même un rôle de premier plan : Talha et Az-Zubayr. Les opposants rallièrent à leur cause d’autres Musulmans à Basra dont la population se scinda en trois groupes : les favorables à Ali, les partisans d’Aïcha et les neutres, parmi lesquels le gouverneur de la ville, qui refusèrent de prendre part à la fitna.
Une bataille s’engagea aux environs de Basra entre les troupes d’Ali et ceux de la “mère des croyants”. La lutte s’acharna autour du chameau qui portait Aïcha, d’où son nom “la bataille du chameau”. La litière où elle se trouvait fut criblée de flèches et les jarrets du chameau furent coupés. Il est à signaler que cette fitna fut le théâtre de combats meurtriers : l’Islam perdit un grand nombre de croyants d’une grande valeur.
Vaincue, Aïcha fut ramenée à Médine; elle fut traitée avec le plus grand respect, ce qui ne fut pas le cas de Talha et de Az-Zubayr qui furent mis à mort. Si, pendant les vingt années qui suivirent cet échec, Aïcha ne se manifesta pas sur la scène politique, elle fut fréquemment consultée sur des questions relatives aux paroles du Prophète; ses avis étaient souvent pris en considération. Elle mourut en juillet 678 pendant le mois de Ramadhan.
Comment le Prophète (QSSSL) jeûnait le Ramadhan
Par Salim Ibn Aid Al-Hilali-Ali Hacène Ali Abdel Hamid
Traduit par Messaoud Boudjenoun
De probants et évidents versets coraniques sont révélés dans le Coran exhortant l’homme à jeûner pour se rapprocher davantage d’Allah le Très-Haut tout en mettant en exergue les mérites du jeûne comme en témoigne le verset suivant qui dit :
* Les musulmans et musulmanes, croyants et croyantes, obéissants et obéissantes, loyaux et loyales, endurants et endurantes, craignants et craignantes, donneurs et donneuses d’aumône, jeûnants et jeûnantes, gardiens de leur chasteté et gardiennes, invocateurs souvent d’Allah et invocatrices, Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense* [S.33, V.35]
Allah le Très-Haut dit aussi :
*(Mais il est mieux pour vous de jeûner; si vous saviez)* [S.2, V. 184].
Pour sa part, et tel qu’il est confirmé à travers la Sunna, le Messager d’Allah (QSSSL) nous montre ô combien le jeûne constitue à la fois un rempart contre les tentations de l'âme et une préservation contre l'enfer si bien qu'Allah le Très-Haut le subordonne à l'une des portes du paradis «Rayyan». En effet, le jeûne prive les âmes et les désaccoutume de leurs désirs, chose qui leur permet de retrouver leur sérénité.
Cela étant dit, ce bienfait abondant et ce mérite incommensurable trouvent toute leur signification et leur explication à travers les hadiths authentiques suivants:
1 - Le jeûne est une protection:
Le Messager d'Allah (QSSSL) commande à celui dont l'envie sexuelle se fait pesante, alors qu'il n'a pas les moyens de se marier, de jeûner tout simplement car le jeûne est un bon remède lorsqu'il s'agit d'éteindre cette pulsion sexuelle et ce, en agissant dans le sens de la maîtrise de ses penchants, voire de leur refoulement, par son action avérée sur les organes y afférents.
A ce titre, il a été prouvé que le jeûne a un effet étonnant sur la maîtrise aussi bien des organes externes que des pulsions internes de l'organisme. Et c'est pourquoi on trouve le Messager d'Allah (QSSSL) dire dans un hadith: «Ô vous les jeunes! quiconque parmi vous a les moyens pour se marier, qu'il le fasse. Cela lui permet de baisser son regard et de préserver sa chasteté. Celui qui n'en a pas (les moyens) qu'il jeûne. Car celui-ci est une protection pour lui»[1].
Si le Messager d'Allah (QSSSL) nous enseigne que le paradis est entouré d'obstacles et que l'enfer est entouré de tentations, il te reste ô musulman de savoir que le jeûne réprime les désirs et fait baisser leur intensité, lesquels désirs font rapprocher l'homme de l'enfer. C'est justement dans cette optique que des hadiths sont venus mettre l'accent sur ce rôle de rempart reconnu au jeûne et à travers lequel l'adorateur se protège de l'enfer.
Le Messager d'Allah (QSSSL) dit à ce titre :
«Il n'y a pas un adorateur qui jeûne un jour pour la cause d'Allah sans qu'Allah n'éloigne sa face de l'enfer l'équivalent de soixante-dix années» [2].
Il a dit dans un autre hadith :
«Le jeûne est une protection grâce à laquelle l'adorateur se protège de l'enfer» [3].
Le Messager d'Allah (QSSSL) dit aussi:
«Quiconque jeûne un jour pour la cause d'Allah, Allah le protégera de l'enfer par une tranchée qui équivaut à la distance séparant le ciel de la terre» [4].
Certains théologiens sont allés jusqu'à dire que les hadiths précédents ont été rapportés pour mettre l'accent sur les mérites du jeûne par rapport au djihad et au combat pour la cause d'Allah. A vrai dire lorsque le jeûne est observé de façon sincère pour l'amour d'Allah le Très-Haut et conformément aux enseignements du Prophète (QSSSL), cela suffit à le considérer comme une œuvre accomplie pour la cause d'Allah.
2 - Le jeûne fait entrer au paradis:
Ô adorateur obéissant fasse Allah te combler de réussite quant à Son adoration et te soutenir par un esprit de Lui; sais-tu que le jeûne éloigne le sujet de l'enfer et constitue de la sorte un moyen lui permettant de le rapprocher davantage du paradis. En effet, dans un hadith Abû Umama (qu'Allah l'agrée) dit: «Je demandai: «Ô Messager d'Allah! Indique-moi une œuvre me permettant d'accéder au paradis?» Il répondit : «Il te faut jeûner. Il n'a pas d'égal» [5].
3 - Les jeûneurs seront récompensés sans rendre des comptes.
4 - Le jeûneur aura deux moments de joie.
5 - L'haleine du jeûneur est plus agréable à Allah que l'odeur du musc:
(A suivre)
[1] Rapporté par AI- Bukhâri (4/106) et par Muslim (1400) d'après Ibn Mass'ud.
[2] Rapporté par AI-Bukhâri (6/35) et par Muslim (l 153) d'après Abû Sa'id AIKhudri. Cette version est attribuée à Muslim.
[3] Rapporté par Ahmed (3/241), (3/296) d'après Djaber. Rapporté par Ahmed (4/22) d'après 'Uthmane Ibn Abû Al-’Ass. Hadith authentique.
[4] Rapporté par At-Tirmidhi (1624) du hadith d'Abû Umâma. Il se trouve dans sa chaîne de transmission un certain AI-Walid Ibn Jamil qui, malgré sa crédibilité, commet parfois des erreurs. Rapporté aussi par At-Tabarani dans «AI-Kabir» (8/260, 274, 280) à travers deux versions d'après AI-Qacem d'après Abû Umâma et même d'après Abû Ad-Darda'. Rapporté par At-Tabarani dans «As-Saghir» (1/273) même s'il contient des imperfections. Le hadith est tout de même authentique.
[5] Rapporté par An-Nasa'i (4/165), par Ibn Hibban (p.232 mawared) et par AI-Hâkem (1/421). Sa chaîne de transmission est authentique.
- Naissance du Sceau des Prophetes, Le Messager de la Foi, de l’Equité et de la Justice 24-02-2010 à 20:19
- Aïd El-Fitr, c’est quoi ? 18-09-2009 à 22:41
- La prière de l’Aïd 18-09-2009 à 22:41
- FATAWA 18-09-2009 à 22:41
- Hadith 18-09-2009 à 22:41
- La Zakat El-Fitr fixée à 100 DA par personne 18-09-2009 à 22:41
- Zakat al-fitr 18-09-2009 à 22:41
- Ramadhan 1430 16-09-2009 à 23:10






