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Hégire : Un grand tournant qui changea le cours de l’histoire de l’homme

l Mouharram, c’est le mois de l’année dans le système de réglementation du calendrier mis sur pied par les musulmans depuis, notamment, la khilafa de Omar Ibn El Khattab (Que Dieu soit satisfait de lui).
 Le calendrier en question a commencé en effet à partir de l’Hégire (Migration), reconnu par les historiens pour être le grand tournant qui changea le cours de l’histoire de l’homme. Les musulmans retiennent plusieurs faits relatifs au mouvement et au redéploiement du Prophète Mohamed (QSSSL). Certains se remémorent en exploits divins lors de cette mutation (El Mou’djizate) comme celles de la grotte et l’araignée.
D’autres méditent encore surtout des nombreux évènements qui se sont produits entre la période allant de la Hidjra de Mohamed (QSSSL) et ses Compagnons vers Taïf et ensuite vers la ville cosmopolite de Médine. Cette période est riche, au point que, en fin de compte, il s’est agi d’une évolution qui devait provoquer des changements radicaux aussi bien dans la mission du Prophète (QSSSL) que dans les rapports de force entre musulmans d’une part et les tenants de l’ordre établi de l’époque, notamment les grands dignitaires de Qoraïch ainsi que leurs alliés parmi les autres tribus, d’autre part. Ainsi, de cette évolution quantitative et qualitative dans l’histoire de l’islam a été fondé l’Etat musulman et, bien après la khilafa, doté de structures de fonctionnement, notamment le pouvoir législatif, l’exécutif, le judiciaire ainsi que les fondements politiques, diplomatiques et théologiques de la Oumma islamya. L’Hégire, un terme qui signifie résignation du tout petit groupe de Compagnons (Omar, Abderrahmane Ibn Aouf, Othmane Ibn Affane, Oubaïda Ibn El-Djarah et les autres) devant le terrible diktat des Qoraïchites, voire leur arrogance à l’égard du Très-Haut, la torture et l’humiliation, constituait aussi une permission de Dieu pour s’exiler.
Pour certains, et tel que donné littéralement à travers un verset coranique, ce fut plutôt un ordre. Le terme oudhina signifie, en effet, ordre et permission. En tout état de cause, ce sublime verset demeure un des plus solennels dans l’histoire de Mohamed (QSSSL) et de ses Compagnons.
Ainsi, il a été écrit : “Il a été donné Sa permission à ceux qui sont combattus et qui subissent l’injustice, Allah est certes capable de leur assurer la victoire. Ceux qui ont été déportés de leur terre sans nulle autre raison qu’ils avaient dit Allah est notre Seigneur”.
Les musulmans, aujourd’hui, en percevant davantage l’importance et la portée de ce jour, devraient, en ces temps de crise, méditer autour des grands signaux adressés par Mohamed (QSSSL) et notamment celui qu’il donna à travers l’historique pacte de fraternité entre les Partisans et les Emigrés (El Mouhadjiroun oual Ançar). C’est pendant l’Hégire que Mohamed (QSSSL), ayant senti la nécessité de renforcer les liens entre les fidèles, avait institué un pacte de fraternité entre les Emigrés et les Partisans.
“Soyez, dit-il, l’un pour l’autre confrères dans la foi.” N’était-ce pas ce jour-là que Hamza le noble, l’oncle du Prophète (QSSSL), le “Lion de Dieu” devenait un frère de l’esclave affranchi Zaïd Ibn Harith ? N’est-ce pas là un véritable symbole de fraternité, étrangère à la différence des classes et des rangs ?

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