La pitié (II et fin) : • Ses fondements en Islam • Ses formes élevées
Par Aboubaker Djaber El-Djazaïri (Enseignant à l'Université Islamique de Médine)
C’est aussi une marque de commisération de la part de cet homme qui prit la peine de descendre dans le puits, d'y puiser de l'eau et de désaltérer ce chien assoiffé.Si ce n'était pas la pitié qui a ému cet homme, il n'aurait pas agi ainsi.
A l'opposé de cet exemple, Boukhari, toujours selon Abou Houreira, rapporte le fait suivant :
Une femme a mérité les tourments de l'enfer pour avoir emprisonné une chatte et l'avoir laissée mourir d'inanition. Ce fait lui a valu l'enfer.
[il lui sera dit] « Tu l'as laissée sans boire et sans manger dans sa prison, tu ne l'as ni nourrie, ni relâchée pour manger des insectes de la terre ! »
Cet acte est un aspect de sécheresse de cœur, de carence de pitié que l'on ne peut rencontrer que chez un damné.
Boukhari rapporte également ce hadith d'après Katada, il dit :
"Je commence quelquefois la prière, dit le Prophète, avec l'intention de la prolonger. Mais, entendant les pleurs d'un petit enfant, je la raccourcit, sachant que ses cris tourmentent la mère."
Ainsi, renoncer à allonger la prière à cause des pleurs d'un enfant qui troublent sa mère est un aspect de pitié. C'est un don que la grâce divine attribue aux cœurs des gens compatissants.
On raconte qu'un homme insulta Zaîne Abidine (Ben Ali Ben Hoçaîne, petit-fils du Prophète) qui se dirigeait vers la mosquée.
Ses domestiques accoururent pour le battre. Mais Zaîne les en empêcha. Puis, s'adressant à l'insulteur, il lui dit :
« Homme ! Je mérite plus que ce que tu as dit ! Ce que tu ignores de moi, dépasse de loin ce que tu connais. Si tu veux, je peux te le citer ! »
L'homme rougit. Zaîne enleva alors son manteau et l'en revêtit. Il ordonna à ses gens de lui remettre mille drachmes.
L'oubli de ces injures et cette charité sont deux marques de bonté de cœur de la part du petit-fils du Prophète Mohammed (sur lui la prière et la paix).
Hadith (Qoudousi)
D'après Masruq : Nous avons interrogé Abdullah (Ibn Masud) au sujet de ce verset : "Ne pense pas que ceux qui ont été tués dans le sentier d'Allah, soient morts. Au contraire, ils sont vivants, auprès de leur Seigneur, bien pourvus" (Coran Sourate 3 Verset 169). Il dit : Nous avons posé la question et le Prophète sws dit : Leurs âmes sont à l'intérieur d'oiseaux verts, dont les lanternes [cages ?] sont suspendues au Trône, parcourant librement le Paradis où qu'ils veuillent, puis s'abritant dans ces lanternes. Alors leur Seigneur pose Son regard sur eux (1) et dit : Désirez-vous quoi que ce soit? Ils dirent : Que pourrions-nous souhaiter quand nous évoluons librement dans le Paradis comme il nous plait? Et Il fit de même trois fois. Quand ils virent qu'ils ne cesseraient pas d'être [encore] interrogés. ils dirent : "O Seigneur, nous aimerions que Tu places nos âmes dans nos corps afin que nous puissions combattre pour Ta cause une fois encore." Et quand Il vit qu'ils n'avaient plus besoin de rien, Il les laissa aller.
(1) à ceux qui sont morts pour la cause d'Allah.
Rapporté par Mouslim (et aussi par at-Tirmidhi, An-Nasa'i et Ibn Majah).
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