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FATAWA : Battre sa femme ?! : Le Talâq est un arrêt provisoire du mariage : Un raisonnement non avenu (III et fin)

image Cheikh Yusuf Al-Qaradawi

Par Cheikh Yusuf Al-Qaradawi

Ash-Shâfi`î narre - citant la chaîne de garants - d’après `Alî Ibn Abî Tâlib - que Dieu l’agrée - qu’un homme et une femme sont venus le voir, chacun accompagné d’une foule de gens. Il dit : "Qu’ont ces deux là ?" Les gens répondirent : "Un conflit les sépare." `Alî dit : "Déléguez un arbitre de leurs familles respectives". Puis, il demanda aux deux arbitres : "Savez-vous ce que vous avez à faire ? Si vous jugez bon de les réconcilier, faites-le, et si vous jugez bon de les divorcer, faites-le." La femme dit : "J’accepte le [verdict du] Livre d’Allâh, ce qu’il m’impose comme devoirs et ce qu’il m’accorde comme droits !" L’homme dit : "Quant au divorce, c’est non !" `Alî lui répondit : "Mensonge ! Tant que tu n’auras pas accepté ce qu’elle a accepté".
L’objection de l’homme signifie qu’il ne donnait pas le droit aux arbitres de prononcer le divorce en son nom c’est-à-dire "non au divorce".
Mais `Alî l’a remis à sa place montrant que les arbitres ont bel et bien la prérogative de réconcilier, de divorcer ou d’opérer le khol` et ce, conformément au Livre de Dieu...
Les juristes divergent quant au pouvoir des arbitres et son étendue - et ce n’est pas notre propos, mais nous nous étonnons de l’homme qui s’est gravement disputé avec son épouse et comment malgré tout il reste attaché à son mariage et à la survie de son couple !
Une autre chose nous interpelle : la société est intervenue au nom de Dieu pour résoudre le conflit et préserver la cellule familiale. Alors qu’aujourd’hui une femme peut être répudiée pour une livre de viande qu’elle n’a pas achetée et que l’homme a exigée !
À vrai dire, les affaires des femmes sont entourées de crises intellectuelles, ethiques, sociales et économiques. De même, les textes narrés ont besoin d’être revus intelligemment de même que certaines opinions juridiques (fatwas) héritées et des coutumes mauvaises qui laissent leur empreinte sur la conduite des gens. Il nous faut étudier soigneusement nos maux, une étude qui fait la différence entre la Révélation et ce qui est venu s’y immiscer et entre ce qui doit être combattu ou au contraire conservé parmi les coutumes de notre communauté.

P.-S.
Cet article est traduit par nos soins du livre de Cheikh Muhammad Al-Ghazâlî intitulé Les Problèmes de la Femme Entre des Traditions Stagnantes et des Traditions Etrangères.
Ce livre est une compilation d’articles de journaux destinés à une audience très large, il ne s’agit pas d’un traité de jurisprudence à proprement parler.

 

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