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El Eulma (Sétif) rend hommage à Mohamed Lamine Debaghine : “Ne l'oubliez pas, mesdames, messieurs, l'Algérie est une nation”

La ville d'El Eulma a commémoré, jeudi dernier, le 7e anniversaire de la mort du moudjahed Mohamed Lamine Debaghine.
Une date anniversaire qui a été marquée par l'organisation d'un imposant séminaire consacré à la vie et l'œuvre de ce grand homme, que la ville d'El Eulma a connu, aimé et adopté, alors qu'il exerçait de longues années durant sa fonction de médecin.
Organisée par l'association Machaâl Chahid en collaboration avec la ville d'El Eulma sous le patronage du wali de Sétif, cette rencontre, si elle a permis de regrouper des historiens et autres proches et amis de Mohamed Lamine Debaghine, n'a pas été sans constituer un moment opportun pour tous ces responsables et invités, de se pencher sur le point fort inhérent à la diplomatie algérienne durant la Révolution.
Au complexe culturel Djilani Embarek, où prenaient place M. Bedoui Noureddine, wali de Sétif, Abdelhafidh Amokrane et Abderahmane Belayat, anciens ministres, des représentants du ministre des Affaires étrangères de même que de nombreuses autres personnalités et universitaires, MM. Abdelmadjid Chikhi, directeur du Centre des archives nationales et Abdelkader Bouselham se pencheront avec beaucoup d'émotion sur le parcours de cet homme qui sera le premier ministre des Affaires étrangères du GPRA et se distinguera par une brillante contribution dans l'histoire du mouvement national.
Intervenant après une prise de parole de M. Abbad Mohamed, qui présentera à l'assistance les excuses de M. Abdelhamid Mehri, dira-t-il, fatigué mais promettant d'être présent aux prochaines éditions et le président de l'APC d'El Eulma qui fera lecture d'une biographie de M. Mohamed Lamine Debaghine et procédera à l'ouverture de ce séminaire, Abdelmadjid Chikhi, le directeur du Centre des archives nationales, procédera à une large rétrospective de l'homme, du moudjahed qui a toujours œuvré en silence, parti sans rien laisser, sinon l'amour de la patrie qui l'a de tout temps animé.
Mohamed Lamine Debaghine qu'il qualifiera de « géant » lorsqu'il se penchera sur le parcours de la diplomatie algérienne durant la Révolution et la place de l'Etat algérien, soulignant à cet effet que l'Etat algérien était l'un des plus forts au monde au 16e siècle par sa diplomatie et sa force navale.
Il rappellera aussi les positions et les principes forts de cet homme tout au long de son activité parlementaire et cette intervention mémorable du 20 août 1947, au moment des débats portant sur le projet de loi portant statut organique de l'Algérie, alors que Mohamed Lamine Debaghine revendiquait avec force l'indépendance de l'Algérie.
« Ce serait une très grande erreur de croire (...) que le désir du peuple algérien provient uniquement du fait que la colonisation n'ait pas réussi au sens matériel du mot. Cela signifierait par exemple, que si la colonisation s'était traduite, dans le domaine matériel, par une amélioration du standing de vie de la population musulmane, cela nous aurait peut-être amené à concevoir de bonne grâce la perte de notre personnalité, de notre souveraineté et de notre culture. Il n'en est rien », soulignera alors Mohamed Lamine Debaghine, qui dénonce la violation par la France de notre souveraineté sera tranchant lorsqu'il poursuivra : « Ne l'oubliez pas, Mesdames, Messieurs, l'Algérie est une nation, elle a été une nation et elle a été souveraine. Seule l'agression de 1830 lui a fait perdre sa souveraineté. »
Dans cette brillante intervention qui ne sera pas sans se traduire par quelques remous. Dans l'hémicycle, l'orateur poursuivra alors : « Le peuple algérien nous a mandatés, nous élus nationalistes algériens, pour proclamer au peuple français et au monde entier que l'Algérie ne reconnaît pas l'état de fait créé par la conquête de 1830, que l'Algérie n'est pas française, qu'elle ne l'a jamais été et qu'elle ne reconnaît pas à la France le droit de lui donner un statut, quel qu'il soit et, qu'au surplus, aucune solution ne peut être acceptée par le peuple algérien si elle n'implique pas au premier chef, la garantie absolue d'un retour à la souveraineté                nationale. »
M Abdelkader Bouselham, ancien diplomate et auteur d'un livre sur la diplomatie algérienne, n'en sera pas moins ému lorsqu'il rappellera avec beaucoup de fierté, ce parcours de la diplomatie algérienne et cette première grande victoire à Bandung en 1955, avant d'évoquer cette 9e session des Nations unies, insistant par-dessus tout sur l'œuvre grandiose déployée par les moudjahidine sur le terrain du sang et du feu, pour le recouvrement de notre liberté spoliée et de notre indépendance.
Un débat fructueux s'ensuivra, marqué également par deux témoignages émouvants du Dr Benadouda Salim, ami de Lamine Debaghine et actuel président d'APC de Guenzet et de M. Abdelhafidh Amokrane, ancien ministre.
F. Z.

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